## _issue34f

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### Préface et contexte
- Vingt-huit pays pauvres très endettés (PPTE) bénéficiaient d’un allégement de dette vers le milieu de l’année 2004.
- L’initiative en faveur des PPTE a été lancée en 1996 par le FMI et la Banque mondiale; elle a été renforcée environ quatre ans avant 2004.
- Définition utilisée pour les pays à faible revenu: revenu national brut par habitant en 2001 inférieur à 865 $ EU.
- Le présent document s’inspire du document de travail du FMI n o 03/249 («External Debt, Public Investment, and Growth in Low-Income Countries») et du chapitre correspondant paru dans Helping Countries Develop: The Role of Fiscal Policy.

### Résumé des études théoriques et empiriques sur dette extérieure et croissance
- Mécanismes théoriques négatifs:
  - Taxation implicite du rendement des investissements nationaux par les créanciers étrangers, décourageant l’investissement intérieur et étranger.
  - Incertitude accrue sur les moyens de paiement de la dette pouvant entraîner des politiques macroéconomiques distorsives (par ex., forte création monétaire/inflation) et un biais antiréforme.
  - Raccourcissement des horizons d’investissement privés vers des projets à retour rapide.
- Effet positif potentiel:
  - Emprunt extérieur utile quand le pays est peu endetté, via financement d’un accroissement de la capacité productive, avec productivité marginale décroissante.
- Résultats empiriques clés cités:
  - Pattillo, Poirson et Ricci (FMI n o 02/69, 2002): l’impact de la dette extérieure sur la croissance du PIB par habitant devient négatif lorsque la VAN de la dette dépasse 160–170 % des exportations et 35–40 % du PIB. Leurs simulations suggèrent que le doublement du niveau de la dette ralentit la croissance annuelle par habitant d’environ 1/2 à 1 point de pourcentage.
  - Patillo et al. (FMI n o 04/15, 2004): le doublement du niveau moyen de la dette extérieure réduit d’environ un point la croissance du capital physique par habitant et d’un point la progression de la productivité totale des facteurs.

### Hypothèses et variables testées dans l’analyse empirique
- Période couverte: 1970–99.
- Échantillon: 55 pays à faible revenu classés admissibles à la facilité pour la réduction de la pauvreté et pour la croissance (FRPC).
- Variables de dette incluses:
  - valeur nominale et valeur actuelle nette (VAN) de l’encours de la dette publique extérieure, chacune exprimée en pourcentage du PIB et en pourcentage des exportations de biens et services.
- Principaux déterminants contrôlés dans le modèle de croissance:
  - revenu réel par habitant décalé;
  - taux de croissance démographique;
  - taux d’investissement brut (public et privé), en pourcentage du PIB;
  - taux de scolarisation dans le secondaire;
  - variation des termes de l’échange;
  - solde budgétaire de l’administration centrale, en pourcentage du PIB;
  - ouverture commerciale;
  - total du service de la dette (publique et privée), en pourcentage des recettes d’exportation;
  - quatre variables indicatives de l’encours de la dette extérieure.

### Principaux résultats empiriques et seuils identifiés
- Seuil d’encours de dette au-delà duquel l’effet marginal sur la croissance devient négatif:
  - seuil moyen estimé: 30–37 % du PIB (corrélation surendettement–croissance).
- Service de la dette:
  - Le service de la dette n’a pas d’incidence directe détectable sur la croissance dans ces estimations (effets probablement transmis via l’investissement, qui est maintenu constant dans le modèle).
- Investissement:
  - L’investissement brut a un impact positif sensible sur la croissance.
  - Quand on sépare investissement public et privé, l’investissement public explique l’effet positif sur la croissance dans les pays à faible revenu.
  - Effet quantifié: pour chaque point de PIB de hausse de l’investissement public, le taux de croissance annuel par habitant augmente de 0,2 point.
- Autres variables:
  - Le PIB décalé a un impact négatif net.
  - Le solde budgétaire de l’administration centrale a un effet nettement positif sur la croissance.
  - La croissance démographique et les termes de l’échange exercent des effets statistiquement significatifs et négatifs.
  - L’ouverture commerciale et le taux de scolarisation dans le secondaire n’ont pas d’effet discernable dans l’échantillon.
- Seuils alternatifs (équations dissociant l’investissement):
  - impact marginal de la dette extérieure devient négatif au-delà d’un ratio-seuil de la valeur nominale au PIB d’environ 50 %;
  - ratio-seuil de la valeur actuelle nette de la dette au PIB: 20–25 %.

### Implications pour l’initiative PPTE et estimation d’impact de l’allégement
- Données sectorielles pour les PPTE (27 pays au point de décision en juillet 2003):
  - ratio moyen valeur actuelle nette de la dette extérieure/PIB avant allégement: 60 %;
  - ratio cible après allégement attendu en 2005: 30 %.
- Effet estimé de la réduction de la dette sur la croissance:
  - La réduction de la dette de ces pays aurait pour effet direct d’ajouter, toutes choses égales par ailleurs, 0,8 à 1,1 point au taux de croissance annuel de leur PIB par habitant.
- Conclusion synthétique:
  - La corrélation endettement–croissance est plus forte dans les pays pauvres étudiés que dans l’ensemble plus large des pays en développement.
  - L’incidence de l’endettement sur la croissance est amplifiée par ses effets sur l’investissement public et sur le solde budgétaire de l’administration centrale.

### Modèle empirique et variables explicatives de l’investissement public (Section 2)
- Investissement public modélisé comme fonction des facteurs suivants :
  - urbanisation;
  - total du service de la dette, exprimé en pourcentage du PIB;
  - aide extérieure;
  - ouverture de l’économie;
  - revenu réel par habitant (décalé);
  - les quatre variables indicatives de l’encours de la dette extérieure utilisées pour modéliser la croissance.
- Motivation pour le choix des variables :
  - Les variables politico-institutionnelles n’ont pas été retenues (peu efficaces et manque de données).
  - Le service de la dette mesuré en pourcentage du PIB (plutôt qu’en pourcentage des exportations) car il pèse davantage sur les décisions gouvernementales en matière d’investissement public.
  - Le revenu réel par habitant décalé sert de représentation du niveau de développement économique.

### Effets théoriques attendus sur l’investissement public
- Urbanisation : effet ambigu (hausse de la demande de services publics vs. baisse de la demande d’infrastructures physiques).
- Service de la dette : relation non linéaire attendue (effet d’éviction croissant au-delà d’un certain seuil).
- Aide extérieure et ouverture : attendues comme stimulantes pour l’investissement public.

### Résultats empiriques clés sur l’investissement public
- Variables ayant un effet significatif :
  - L’ouverture de l’économie et les apports d’aide extérieure dopent sensiblement l’investissement public.
  - L’urbanisation réduit considérablement l’investissement public.
  - La hausse du revenu réel par habitant stimule nettement l’investissement public dans les pays à faible revenu.
- Dette et service de la dette :
  - L’encours de la dette extérieure n’a pas d’effet significatif sur l’investissement public.
  - Le service de la dette évince l’investissement public; l’effet est non linéaire et s’intensifie avec le ratio service de la dette/PIB.
  - En moyenne, pour chaque point d’augmentation du service de la dette, l’investissement public diminue de 0,2 point de pourcentage du PIB.
  - Interprétation: la diminution moyenne est relativement minime, suggérant que l’investissement public n’a pas été sérieusement grevé par le poids d’un endettement élevé.

### Scénarios quantitatifs et impacts sur la croissance
- Réduction du ratio service de la dette/PIB (scénario moyen):
  - Réduction de 8,7 % (moyenne en 2000 pour les sept pays pauvres les plus endettés) à 3 % (grosso modo la moyenne pour l’ensemble des pays pauvres très endettés en 2002) :
    - Augmentation de l’investissement public de l’ordre de 0,7–0,8 point de PIB;
    - Rehaussement indirect du taux de croissance du PIB réel par habitant de 0,1–0,2 point par an.
  - Si la moitié (et non le cinquième) des ressources dégagées par l’allégement de la dette étaient affectées à l’investissement public :
    - Le taux annuel de croissance par habitant augmenterait d’environ 0,5 point par an.
- Autre mesure:
  - Une réduction du service de la dette d’environ 6 points de pourcentage du PIB ferait progresser l’investissement de 0,75–1 point, relevant légèrement le taux de croissance (d’environ 0,2 point).
  - Si près de la moitié des ressources dégagées étaient consacrées à l’investissement public, le taux de croissance pourrait augmenter de 0,5 point par an.
- Mise en garde:
  - Quel que soit le scénario, l’impact positif de la hausse de l’investissement public sur la croissance sera partiellement ou totalement annulé s’il est financé par un accroissement des déficits budgétaires.

### Conclusions et implications de politique
- Seuils et effets directs :
  - La dette pèse sur la croissance seulement à partir d’un certain seuil, estimé à 50 % du PIB environ pour la valeur nominale de la dette extérieure (ou à 20–25 % du PIB pour sa valeur actuelle nette).
  - Réduction substantielle de la dette extérieure attendue pour les pays bénéficiant de l’initiative en faveur des PPTE: effet direct estimé à 0,8–1,1 point ajouté aux taux de croissance du PIB par habitant.
  - Observations empiriques : la croissance annuelle du PIB a été en moyenne de 1,2 % en 2000–02, contre 0,2 % durant les années 90.
- Canal indirect via l’investissement public :
  - L’encours de la dette publique ne freine pas l’investissement public, contrairement au coût du service de la dette.
  - Chaque augmentation du service de la dette de 1 point du PIB réduit l’investissement public d’environ 0,2 point.
- Recommandations politiques pour pays bénéficiaires de l’allégement :
  - Affecter une part substantielle des ressources dégagées par l’allégement de la dette à l’investissement public pour accélérer la croissance et combattre la pauvreté.
  - Veiller à ce que l’accroissement des dépenses d’investissement ne se traduise pas par une hausse des déficits budgétaires.
- Observations opérationnelles :
  - La réduction du stock de la dette seule (par opposition à une réduction immédiate du service de la dette) est peu susceptible d’inciter les gouvernements à accroître leurs dépenses d’investissement public.
  - En pratique, la plupart des pays bénéficiant de l’initiative en faveur des PPTE ont relevé le niveau de leurs investissements publics dans le cadre de leurs programmes FRPC, ciblant en moyenne une hausse de 0,5 point de PIB par rapport à l’année précédant le début de la mise en œuvre du programme FRPC.

### Pistes pour recherches futures
- Étudier d’autres canaux indirects par lesquels la dette extérieure influe sur la croissance.
- Examiner plus en profondeur le rapport entre la dette et le déficit du secteur public, étant donné que le renforcement des soldes budgétaires de l’administration centrale stimule la croissance.

*Fonds monétaire international — Dossier économique n o 34 (section 1).*

* _issue34f - Section 2_*

### Section 1

### L’allégement de la dette peut-il doper la croissance des pays pauvres?

### Préface et contexte
- Vingt-huit pays pauvres très endettés (PPTE) bénéficiaient d’un allégement de dette vers le milieu de l’année 2004.
- L’initiative en faveur des PPTE a été lancée en 1996 par le FMI et la Banque mondiale; elle a été renforcée environ quatre ans avant 2004.
- Définition utilisée pour les pays à faible revenu: revenu national brut par habitant en 2001 inférieur à 865 $ EU.
- Le présent document s’inspire du document de travail du FMI n o 03/249 («External Debt, Public Investment, and Growth in Low-Income Countries») et du chapitre correspondant paru dans Helping Countries Develop: The Role of Fiscal Policy.

### Résumé des études théoriques et empiriques sur dette extérieure et croissance
- Mécanismes théoriques négatifs du surendettement:
  - Taxation implicite du rendement des investissements nationaux par les créanciers étrangers, décourageant l’investissement intérieur et étranger.
  - Incertitude accrue sur les moyens de paiement de la dette pouvant entraîner des politiques macroéconomiques distorsives (par ex., forte création monétaire/inflation) et un biais antiréforme.
  - Raccourcissement des horizons d’investissement privés vers des projets à retour rapide.
- Effet potentiellement positif de l’emprunt extérieur lorsque le pays est peu endetté, via le financement d’un accroissement de la capacité productive, mais avec productivité marginale décroissante de l’investissement.
- Résultats empiriques clés cités:
  - Pattillo, Poirson et Ricci (document de travail du FMI n o 02/69, 2002): l’impact de la dette extérieure sur la croissance du PIB par habitant devient négatif lorsque la VAN de la dette dépasse 160–170 % des exportations et 35–40 % du PIB. Leurs simulations suggèrent que le doublement du niveau de la dette ralentit la croissance annuelle par habitant d’environ 1/2 à 1 point de pourcentage.
  - Patillo et al. (document de travail du FMI n o 04/15, 2004): le doublement du niveau moyen de la dette extérieure réduit d’environ un point la croissance du capital physique par habitant et d’un point la progression de la productivité totale des facteurs.

### Hypothèses et variables testées dans l’analyse empirique (échantillon)
- Période couverte: 1970–99.
- Échantillon: 55 pays à faible revenu classés admissibles à la facilité pour la réduction de la pauvreté et pour la croissance (FRPC).
- Variables de dette incluses: valeur nominale et valeur actuelle nette (VAN) de l’encours de la dette publique extérieure, chacune exprimée en pourcentage du PIB et en pourcentage des exportations de biens et services.
- Principaux déterminants contrôlés dans le modèle de croissance:
  - revenu réel par habitant décalé;
  - taux de croissance démographique;
  - taux d’investissement brut (public et privé), en pourcentage du PIB;
  - taux de scolarisation dans le secondaire;
  - variation des termes de l’échange;
  - solde budgétaire de l’administration centrale, en pourcentage du PIB;
  - ouverture commerciale;
  - total du service de la dette (publique et privée), en pourcentage des recettes d’exportation;
  - quatre variables indicatives de l’encours de la dette extérieure.

### Principaux résultats empiriques et seuils identifiés
- Seuil d’encours de dette au-delà duquel l’effet marginal sur la croissance devient négatif:
  - seuil moyen estimé: 30–37 % du PIB (corrélation surendettement–croissance).
- Service de la dette:
  - Le service de la dette n’a pas d’incidence directe détectable sur la croissance dans ces estimations (effets probablement transmis via l’investissement, qui est maintenu constant dans le modèle).
- Investissement:
  - L’investissement brut a un impact positif sensible sur la croissance.
  - Quand on sépare investissement public et privé, l’investissement public explique l’effet positif sur la croissance dans les pays à faible revenu.
  - Effet quantifié: pour chaque point de PIB de hausse de l’investissement public, le taux de croissance annuel par habitant augmente de 0,2 point.
- Autres variables:
  - Le PIB décalé a un impact négatif net.
  - Le solde budgétaire de l’administration centrale a un effet nettement positif sur la croissance.
  - La croissance démographique et les termes de l’échange exercent des effets statistiquement significatifs et négatifs.
  - L’ouverture commerciale et le taux de scolarisation dans le secondaire n’ont pas d’effet discernable dans l’échantillon.
- Seuils alternatifs trouvés dans les équations dissociant l’investissement:
  - impact marginal de la dette extérieure devient négatif au-delà d’un ratio-seuil de la valeur nominale au PIB d’environ 50 %;
  - ratio-seuil de la valeur actuelle nette de la dette au PIB: 20–25 %.

### Implications pour l’initiative PPTE et estimation d’impact de l’allégement
- Données sectorielles pour les PPTE (27 pays au point de décision en juillet 2003):
  - ratio moyen valeur actuelle nette de la dette extérieure/PIB avant allégement: 60 %;
  - ratio cible après allégement attendu en 2005: 30 %.
- Effet estimé de la réduction de la dette sur la croissance:
  - La réduction de la dette de ces pays aurait pour effet direct d’ajouter, toutes choses égales par ailleurs, 0,8 à 1,1 point au taux de croissance annuel de leur PIB par habitant.
- Conclusion synthétique:
  - La corrélation endettement–croissance est plus forte dans les pays pauvres étudiés que dans l’ensemble plus large des pays en développement;
  - L’incidence de l’endettement sur la croissance est amplifiée par ses effets sur l’investissement public et sur le solde budgétaire de l’administration centrale.

### Direction suivant l’analyse (ouverture)
- Les analystes ont jusqu’à présent relativement peu étudié les déterminants de l’investissement public dans les pays en développement à faible revenu; la suite de l’étude approfondit ce point.

*Fonds monétaire international — Dossier économique n o 34 (section 1).*

### Section 2

### _issue34f - Section 2

### Modèle empirique et variables explicatives de l’investissement public
- Investissement public modélisé comme fonction des facteurs suivants :
  - urbanisation;
  - total du service de la dette, exprimé en pourcentage du PIB;
  - aide extérieure;
  - ouverture de l’économie;
  - revenu réel par habitant (décalé);
  - les quatre variables indicatives de l’encours de la dette extérieure utilisées pour modéliser la croissance.
- Motivation pour le choix des variables :
  - Les variables politico-institutionnelles n’ont pas été retenues, à la fois parce qu’elles se sont révélées peu efficaces pour expliquer l’investissement public dans les pays en développement et à cause du manque de données concrètes.
  - Le service de la dette a été mesuré en pourcentage du PIB (et non des exportations), car il pèse davantage, intuitivement, sur les décisions gouvernementales en matière d’investissement public.
  - Le revenu réel par habitant décalé sert de représentation du niveau de développement économique.

### Effets théoriques attendus
- Urbanisation :
  - Effet ambigu : peut accroître la demande de services publics (éducation, santé) et donc l’investissement public; mais peut réduire la demande d’infrastructures physiques (plus nécessaires en zones rurales), conduisant à une baisse nette de l’investissement public.
- Service de la dette :
  - Relation non linéaire attendue : effet d’éviction négligeable à faible service, puis croissant au-delà d’un certain seuil où le service absorbe une part importante du revenu national.
- Aide extérieure et ouverture :
  - Hausse de l’aide extérieure et ouverture de l’économie attendues comme stimulantes pour l’investissement public (compétition pour attirer IDE, financement de projets d’infrastructures).

### Résultats empiriques clés
- Variables ayant un effet significatif :
  - L’ouverture de l’économie et les apports d’aide extérieure dopent sensiblement l’investissement public.
  - L’urbanisation réduit considérablement l’investissement public.
  - La hausse du revenu réel par habitant stimule nettement l’investissement public dans les pays à faible revenu.
- Dette et service de la dette :
  - L’encours de la dette extérieure n’a pas d’effet significatif sur l’investissement public.
  - Le service de la dette évince l’investissement public ; l’effet est non linéaire et s’intensifie avec le ratio service de la dette/PIB.
  - En moyenne, pour chaque point d’augmentation du service de la dette, l’investissement public diminue de 0,2 point de pourcentage du PIB.
  - Interprétation : la diminution moyenne est relativement minime, suggérant que l’investissement public dans les pays à faible revenu n’a pas été sérieusement grevé par le poids d’un endettement élevé.

### Scénarios quantitatifs et impacts sur la croissance
- Scénario de réduction du ratio service de la dette/PIB :
  - Réduction de 8,7 % (moyenne en 2000 pour les sept pays pauvres les plus endettés) à 3 % (grosso modo la moyenne pour l’ensemble des pays pauvres très endettés en 2002) :
    - Augmentation de l’investissement public de l’ordre de 0,7–0,8 point de PIB;
    - Rehaussement indirect du taux de croissance du PIB réel par habitant de 0,1–0,2 point par an.
  - Si la moitié (et non le cinquième) des ressources dégagées par l’allégement de la dette étaient affectées à l’investissement public :
    - Le taux annuel de croissance par habitant augmenterait d’environ 0,5 point par an.
- Autre mesure présentée dans les conclusions :
  - Une réduction du service de la dette d’environ 6 points de pourcentage du PIB ferait progresser l’investissement de 0,75–1 point, relevant légèrement le taux de croissance (d’environ 0,2 point).
  - Si près de la moitié des ressources dégagées étaient consacrées à l’investissement public, le taux de croissance pourrait augmenter de 0,5 point par an.
- Mise en garde :
  - Quel que soit le scénario, l’impact positif de la hausse de l’investissement public sur la croissance sera partiellement ou totalement annulé s’il est financé par un accroissement des déficits budgétaires.

### Conclusions et implications de politique
- Seuils et effets directs :
  - La dette pèse sur la croissance seulement à partir d’un certain seuil, estimé à 50 % du PIB environ pour la valeur nominale de la dette extérieure (ou à 20–25 % du PIB pour sa valeur actuelle nette).
  - Réduction substantielle de la dette extérieure attendue pour les pays bénéficiant de l’initiative en faveur des PPTE : effet direct estimé à 0,8–1,1 point ajouté aux taux de croissance du PIB par habitant.
  - Observations empiriques : la croissance annuelle du PIB a été en moyenne de 1,2 % en 2000–02, contre 0,2 % durant les années 90.
- Canal indirect via l’investissement public :
  - L’encours de la dette publique ne freine pas l’investissement public, contrairement au coût du service de la dette.
  - Chaque augmentation du service de la dette de 1 point du PIB réduit l’investissement public d’environ 0,2 point.
- Recommandation de politique pour pays bénéficiaires de l’allégement :
  - Affecter une part substantielle des ressources dégagées par l’allégement de la dette à l’investissement public pour accélérer la croissance et combattre la pauvreté.
  - Veiller à ce que l’accroissement des dépenses d’investissement ne se traduise pas par une hausse des déficits budgétaires (afin de bénéficier pleinement de l’effet positif).
- Observations opérationnelles :
  - La réduction du stock de la dette seule (par opposition à une réduction immédiate du service de la dette) est peu susceptible d’inciter les gouvernements à accroître leurs dépenses d’investissement public.
  - En pratique, la plupart des pays bénéficiant de l’initiative en faveur des PPTE ont relevé le niveau de leurs investissements publics dans le cadre de leurs programmes FRPC, ciblant en moyenne une hausse de 0,5 point de PIB par rapport à l’année précédant le début de la mise en œuvre du programme FRPC.

### Pistes pour recherches futures
- Étudier d’autres canaux indirects par lesquels la dette extérieure influe sur la croissance.
- Examiner plus en profondeur le rapport entre la dette et le déficit du secteur public, étant donné que le renforcement des soldes budgétaires de l’administration centrale stimule la croissance.

* _issue34f - Section 2_*

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_Source: https://www.imf.org/-/media/websites/imf/imported-publications/external/pubs/ft/issues/issues34/fra/_issue34f.pdf_
