Le Conseil d’administration du FMI conclut les consultations de 2013 au titre de l’article IV avec le Cameroun

Note d’information au public (NIP) 13/74
Le 1er juillet 2013

Les notes d’information au public (NIP) s’inscrivent dans le cadre des efforts que déploie le FMI pour promouvoir la transparence de ses prises de position et de son analyse de l’évolution et des politiques économiques. Les NIP sont diffusées avec le consentement des pays concernés, à l’issue de l’examen par le Conseil d’administration des rapports sur les consultations au titre de l’article IV avec les pays, de la surveillance de l’évolution économique à l’échelle régionale, du suivi post-programme et des évaluations ex post de la situation des pays membres où le FMI a appuyé des programmes sur une longue durée. Les NIP sont aussi diffusées à l’issue de l’examen des questions de politique générale par le Conseil d’administration, sauf si le Conseil en décide autrement.

Le 26 juin 2013, le Conseil d’administration du Fonds monétaire international (FMI) a conclu les consultations de 2013 au titre de l’article IV avec le Cameroun1.

Généralités

La reprise économique s'est affermie en 2012 et la croissance a atteint 4,4 % (contre 4,2 % en 2011), traduisant une augmentation en valeur des exportations de pétrole. L'inflation moyenne est descendue 2,4 % (contre 2,9 % 2011), grâce à la stabilité des prix des denrées alimentaires. Le déficit extérieur courant (dons compris) s'est creusé pour atteindre 3,7 % du produit intérieur brut (PIB) en 2012, contre 2,9 % du PIB en 2011, à la suite d'une diminution du revenu net due à une augmentation des bénéfices rapatriés par les filiales locales de sociétés internationales. Le Cameroun a connu une croissance économique vigoureuse ces dernières années, mais le revenu par habitant n'a guère progressé bien que l'économie soit relativement diversifiée et dispose de nombreux atouts.

La situation des finances publiques s'est améliorée en 2012. Les recettes hors pétrole ont été plus élevées que prévu, en raison surtout de l'augmentation du rendement de l'impôt sur les sociétés. Les recettes pétrolières ont légèrement augmenté, le fléchissement des prix internationaux du pétrole ayant été compensé par la hausse de la production. Du côté des dépenses, l'exécution du budget a été proche, en termes nominaux, de celle de l'exercice précédent, ce qui représente une contraction des dépenses par rapport au PIB. De ce fait, le déficit global (dons compris) en base caisse a diminué, passant de 3,6 % du PIB en 2011 à 2,0 % du PIB en 2012.

Le système bancaire s'est stabilisé, mais demeure une source de préoccupation. Deux des cinq banques commerciales en difficulté financière semblent être en voie d'assainissement, mais les trois autres montrent peu de signes de progrès. En outre, les banques commerciales restent exposées à la concentration excessive du crédit, aux difficultés de paiement de la raffinerie de pétrole nationale et aux déficiences des structures en place pour traiter la situation des banques en difficulté.

L'endettement du Cameroun reste peu élevé, grâce en partie à l'allégement de dette obtenu dans le cadre de l'Initiative en faveur des pays pauvres très endettés (PPTE) et de l'Initiative d'allégement de la dette multilatérale (IADM). Cependant, le pays a eu de plus en plus recours en 2012 à des emprunts non concessionnels pour son financement extérieur. L'analyse actualisée de la dette fait ressortir une dégradation des indicateurs de viabilité de la dette à l'horizon 2018 si les tendances actuelles se poursuivent. L'encours de la dette passerait de 16 % du PIB en 2012 à 34 % du PIB en 2018.

Si les politiques en place sont poursuivies, la croissance économique devrait s'accentuer légèrement, ce qui impliquerait une modeste amélioration de la croissance par habitant en 2013. Selon les projections des services du FMI, le PIB réel va s'accroître progressivement jusqu'à atteindre 5½ % en 2018. La croissance hors pétrole devrait être soutenue par de grands projets d'investissements publics, les efforts en cours pour rehausser la productivité et la compétitivité agricoles, et les mesures déployées pour améliorer le climat des affaires. Grâce à l'aboutissement des efforts d'exploration et aux nouvelles techniques d'extraction, le secteur pétrolier devrait aussi contribuer à la croissance. L'inflation devrait se maintenir en dessous du critère régional de convergence de 3 %.

Cependant, une augmentation des subventions aux carburants est prévue pour 2013, qui empêchera la réalisation de dépenses plus productives. En l'absence de gains d'efficience ou d'ajustement des prix de détail, elles devraient atteindre 3,2 % du PIB. Le niveau élevé des subventions, le recours de plus en plus fréquent à des financements extérieurs non concessionnels et un climat des affaires peu favorable sont autant de facteurs de vulnérabilité macroéconomique.

Évaluation par le Conseil d'administration

Les administrateurs saluent la reprise de l’activité dans un environnement de faible inflation, mais notent que l’économie reste aux prises avec des vulnérabilités et des contraintes qui pèsent sur une croissance tirée par le secteur privé. Ils encouragent les autorités à redoubler d’efforts sur le front des réformes budgétaires, financières et structurelles nécessaires pour atteindre le potentiel de croissance du Cameroun.

Les administrateurs soulignent qu’il est nécessaire de relever les considérables défis budgétaires. Ils notent que le déficit en 2012 a pu être maîtrisé principalement grâce à un surcroît de recettes pétrolières et à une sous-exécution des dépenses d’investissement. Les subventions aux produits pétroliers représentent un risque pour la viabilité des finances publiques; elles exercent un effet d’éviction sur les dépenses de développement et contribuent à générer un encours d’obligations de paiement. Les administrateurs engagent les autorités à maîtriser le déficit de 2013 et à reconstituer progressivement une marge de manœuvre budgétaire. Ils invitent les autorités à réduire progressivement les subventions aux produits pétroliers, à apurer les obligations de paiement exigibles et à mettre en place des programmes compensatoires pour répondre aux besoins des secteurs les plus déshérités. Ils jugent en outre nécessaire de réduire les exonérations fiscales et de renforcer la mobilisation des recettes.

Les administrateurs saluent les efforts consentis pour mettre en place un budget programme. Ils encouragent les autorités à consolider les réformes dans la gestion des finances publiques, notamment en ce qui a trait à la passation de marchés, et à renforcer l’exécution et la maîtrise des dépenses. Les administrateurs notent que le Cameroun présente un faible risque de surendettement, mais appellent à la prudence lorsqu’il s’agit de faire appel à un financement non concessionnel ou de sélectionner les projets financés sur ressources extérieures, en privilégiant, dans ce dernier cas, les investissements présentant un rendement élevé.

Les administrateurs notent que les risques pour la stabilité du secteur financier ont diminué. Ils soulignent que des initiatives résolues s’imposent pour remettre d’aplomb l’intermédiation financière et appellent à des mesures rapides pour restructurer les banques en difficultés. Ils recommandent en outre d’exercer une supervision rapprochée sur l’important secteur de la micro-finance.

Les administrateurs soulignent que pour assurer une croissance plus forte tirée par le secteur privé il faudra redoubler d’efforts afin d’améliorer le climat des affaires et de corriger les goulets d’étranglement infrastructurels et énergétiques. Ils encouragent les autorités à œuvrer avec les autres pays membres de la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (CEMAC) pour assurer des marges de manœuvre extérieures suffisantes et promouvoir l’intégration régionale afin d’appuyer les échanges et la diversification de l’économie.

Les administrateurs encouragent également les autorités à renforcer les statistiques économiques et financières.


Cameroun : principaux indicateurs économiques et financiers, 2011–14
 
2011 2012 2013 2014
  Eff. Est. Proj. Proj.
 
(variation annuelle en pourcentage, sauf indication contraire)

Revenu national et prix

 

 

 

 

PIB à prix constants

4,1 4,4 4,8 5,0

Pétrolier

-7,3 3,5 15,2 7,4

Non pétrolier

4,6 4,5 4,4 4,9

Déflateur du PIB

3,7 2,3 2,0 2,2

Prix à la consommation (moyenne)

2,9 2,4 2,5 2,5

Commerce extérieur

       

Volume d’exportations

-4,4 0,1 8,9 7,7

dont : secteur non pétrolier

-3,5 -1,5 7,4 6,6

Volume des importations

15,6 1,0 7,8 9,0

Termes de l’échange ("-" = détérioration)

10,8 1,4 -2,0 -0,4

Monnaie et crédit

       

Avoirs intérieurs nets 1

18,0 4,6 6,2 7,8

Crédit net au secteur public 1

6,0 4,3 1,5 1,4

Crédit au secteur privé

28,3 2,6 8,5 10,9

Monnaie au sens large (M2)

10,6 1,4 5,3 7,3
    (pourcentage du PIB, sauf indication contraire)

Opérations de l’administration centrale

 

Recettes totales (dons exclus)

18,2 18,4 19,4 19,4

Recettes non pétrolières (% du PIB non pétrolier)

14,1 14,3 15,5 15,5

Dépenses totales

21,6 20 23,5 23,9

Solde budgétaire global (base caisse)

       

Hors dons

-4,1 -2,5 -6,2 -4,6

Dons compris

-3,6 -2 -5,8 -4,3

Solde primaire hors pétrole (% du PIB non pétrolier)

-8,6 -6,7 -9,2 -9,5

Secteur extérieur

       

Solde des transactions courantes (dons compris)

-2,9 -3,7 -3,7 -3,7

Réserves imputées (% de la monnaie au sens large)

52,9 53,7 50,0 46,2

Dette publique

       

Total

13,4 15,9 19,2 22,5

Extérieure

7,3 9,0 9,7 11,1
 

Sources : autorités camerounaises; estimations et projections des services du FMI.

1 Pourcentage de la masse monétaire au sens large en début de période.


1 Conformément aux dispositions de l'article IV de ses Statuts, le FMI procède, habituellement chaque année, à des consultations bilatérales avec ses membres. Une mission des services du FMI se rend dans le pays, recueille des données économiques et financières, et s'entretient avec les responsables nationaux de l'évolution et des politiques économiques du pays. De retour au siège, les membres de la mission rédigent un rapport qui sert de cadre aux délibérations du Conseil d'administration. À l'issue de ces délibérations, le Directeur général, en qualité de Président du Conseil d'administration, résume les opinions des administrateurs, et ce résumé est communiqué aux autorités du pays. On trouvera une explication des termes convenus utilisés communément dans les résumés des délibérations du Conseil d'administration à l’adresse : http://www.imf.org/external/french/np/sec/misc/qualifiersf.htm.



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