Le rapport du FMI sur les perspectives de l’Afrique subsaharienne constate les progrès sensibles qui ont été accomplis récemment en matière de croissance et de solidarité, mais met en garde contre les effets d’une décélération potentielle de l’économie mondiale

Communiqué de presse n° 11/366
Le 19 octobre 2011

Le Fonds monétaire international (FMI) a rendu publique aujourd’hui l’édition d’octobre 2011 du rapport sur les Perspectives économiques régionales pour l’Afrique subsaharienne. Mme Antoinette Monsio Sayeh, Directrice du Département Afrique du FMI, a présenté les principales conclusions du rapport :

Évolution récente

«La croissance économique de la région est restée vigoureuse ces dernières années et la plupart des pays à faible revenu d’Afrique ont bien résisté au ralentissement de l’économie mondiale. D’après les projections du rapport sur les Perspectives économiques régionales, la croissance économique des pays d’Afrique subsaharienne restera en moyenne supérieure à 5 % en 2011 et devrait s’accélérer en 2012 pour atteindre près de 6 %, sous l’effet des mesures ponctuelles prises par plusieurs pays pour stimuler la production. Cependant, ces bonnes tendances globales pour l’ensemble de la région masquent des écarts considérables entre pays.

  • La plupart des pays à faible revenu s’en sortent très bien. Un tiers d’entre eux devrait enregistrer une croissance supérieure à 6 % en 2011. Cela dit, les ménages pauvres ont été durement éprouvés par la hausse des prix de l’alimentation et de l’énergie, et la famine qui sévit dans la Corne de l’Afrique a des effets dévastateurs.
  • Certains pays à revenu intermédiaire ont profondément souffert de la crise mondiale. En Afrique du Sud, où le chômage reste obstinément élevé, la croissance ne dépassera pas, au mieux, 3½ % cette année.
  • Les pays exportateurs de pétrole ont bénéficié du niveau élevé des cours du pétrole et les projections laissent entrevoir une croissance de 7½ % cette année dans les autres secteurs de leurs économies.

«Cela dit, les risques sont grands de voir la situation se dégrader.

  • La volatilité des marchés financiers mondiaux et un ralentissement prononcé de la croissance dans les pays avancés auraient des retombées sur l’Afrique subsaharienne en faisant diminuer la demande d’exportations et les flux de financement privé, ce qui aurait pour effet de freiner la croissance, en particulier dans les économies de la région les plus intégrées à l’économie mondiale.
  • La volatilité des marchés de produits pourrait perturber davantage les comptes macroéconomiques, dans un sens favorable pour certains pays de la région mais défavorables pour d’autres.

«Il existe aussi des risques au sein même de la région.

  • Les taux d’inflation ont recommencé à s’accroître, sous l’effet en tout premier lieu de la hausse des prix de l’alimentation et de l’énergie. Au cours de la période de douze mois terminée en juin 2011, les prix à la consommation ont augmenté en moyenne de 10 %, contre un taux de 7½ % un an auparavant. De plus, la montée de l’inflation a été beaucoup plus prononcée dans certains pays, où elle a dépassé l’impact immédiat de la hausse des prix de l’alimentation et de l’énergie.

«Les autorités devront gérer un équilibre délicat entre, d’une part, la nécessité d’affronter les défis induits par la vigueur de la croissance et, d’autre part, celle de se préparer pour pouvoir éviter les effets potentiellement négatifs d’un nouveau ralentissement de l’activité mondiale. En même temps, l’Afrique subsaharienne doit continuer à investir dans la croissance et l’emploi, qui sont indispensables à une réduction soutenue de la pauvreté», a conclu Mme Sayeh.

Croissance solidaire

En présentant le chapitre du rapport sur les Perspectives économiques régionales intitulé «Dans quelle mesure la forte croissance récente de l’Afrique a-t-elle été solidaire?», Mme Sayeh a déclaré : «Il ressort de nouvelles enquêtes auprès des ménages que, dans les pays à croissance rapide, le niveau de vie moyen des ménages relativement pauvres s’est considérablement amélioré au début de la première décennie 2000. Si l’on compare les résultats des différents pays, il s’avère que c’est dans les pays où la croissance économique a été la plus forte que le quart le plus pauvre des ménages s’en sort le mieux.»

«Ces résultats aident à éclaircir un aspect apparemment énigmatique des données globales, selon lesquelles le lien entre pauvreté et croissance est, tout au plus, très ténu. Il ressort en effet des enquêtes auprès des ménages que l’un des liens importants de la chaîne qui relie la croissance économique à la réduction de la pauvreté est la croissance de l’emploi agricole. Les écarts constatés entre pays sur le plan de la croissance de l’emploi agricole expliquent en grande partie les différences observées pour ce qui est de la croissance relative de la consommation des ménages les plus pauvres dans les pays étudiés. Ce chapitre montre aussi que la croissance du revenu réel a peut-être été largement sous-estimée dans certains pays, en raison surtout de biais dans le calcul de l’inflation des prix à la consommation.»

Réorientation des échanges commerciaux

Commentant le chapitre intitulé «Nouveaux partenariats de l’Afrique subsaharienne avec des pays émergents», Mme Sayeh a fait les observations suivantes : «Une réorientation rapide vers de nouveaux marchés est en cours, les partenaires non traditionnels représentant à l’heure actuelle environ la moitié des exportations et presque 60 % des importations de l’Afrique subsaharienne. Bien que les exportations de la région soient encore fortement concentrées sur le pétrole, le gaz et les produits minéraux, en particulier pour ce qui concerne les plus grands partenaires émergents, à savoir la Chine, l’Inde et le Brésil, un grand nombre de pays émergents achètent une plus grande gamme de produits. L’IDE vers la région est aussi diversifié et porte sur les infrastructures, l’agriculture et les télécommunications.

«Cette réorientation produit les effets bénéfiques habituellement associés au développement du commerce international, mais devrait également stimuler la croissance à long terme en atténuant la volatilité des exportations et de la production. L’entrée en scène de nouveaux partenaires ouvre à la région de nouvelles possibilités importantes — baisse des coûts des intrants et des biens de consommation, transferts de technologies et économies d’échelle —, mais lui impose aussi de grands défis — la gestion d’une forte concentration des exportations sur les produits de base et des mutations sectorielles rapides», a ajouté Mme Sayeh.

Le texte intégral de l’édition d’octobre 2011 du rapport sur les Perspectives économiques régionales pour l’Afrique subsaharienne est disponible sur le site Internet du FMI, www.imf.org.



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