Déclaration de la mission des services du FMI à la conclusion de sa visite à Djibouti

Communiqué de presse n° 12/110
Le 29 mars, 2012

La déclaration qui suit a été publiée le 22 mars à Djibouti:

Une mission du Fonds monétaire international, dirigée par M. Carlo Sdralevich, s’est rendue à Djibouti du 6 au 19 mars 2012 dans le cadre de la sixième et dernière revue de l’accord appuyé par la Facilité Élargie de Crédit (FEC).

Les membres de la mission ont rencontré le Ministre de l’économie et des finances, M Ilyas Moussa Dawaleh; le Ministre délégué au budget, M Amareh Ali; le Ministre délégué auprès du Ministre de l’Economie et des Finances, chargé du Commerce, de l’Industrie, des PME, de l’Artisanat, du Tourisme et de la Formalisation, Monsieur Abdi Elmi Ashkir ; la Secrétaire d’État auprès du Premier Ministre chargée de la solidarité nationale, Madame Zahra Youssouf; le Gouverneur de la Banque Centrale de Djibouti, M. Djama M. Haïd; et d’autres représentants de haut rang, ainsi que les partenaires au développement de Djibouti. La mission exprime ses remerciements au gouvernement et à la Banque centrale de Djibouti pour la qualité et la franchise des discussions, ainsi que pour leur chaleureuse hospitalité lors de son séjour. La mission a été heureuse de renforcer sa coopération avec la République de Djibouti pour aider le Pays à atteindre ses objectifs de croissance soutenue et de réduction de la pauvreté.

L’environnement macroéconomique en 2011 a été difficile, marqué par l’une des plus sévères sécheresses depuis 60 ans, qui a aussi affecté d’autres pays de la Corne de l’Afrique, et par la flambée des prix mondiaux des produits alimentaires et des carburants. En dépit de ces contraintes exogènes, la croissance de l’économie djiboutienne s’est améliorée à 4.4% en 2011, comparé à 3.5% en 2010, grâce à la reprise de l’activité du port et le commerce avec l’Éthiopie. La hausse des prix mondiaux a poussé l’inflation à 5.1% et aggravé le déficit du compte courant de 5.8 pourcent du PIB en 2010 à 12.6 pourcent en 2011. Les réserves internationales de la Banque Centrale sont cependant restées élevé à 228 millions de dollars E.U. Inversant la forte tendance à l’expansion des dernières années, la croissance de la masse monétaire a marqué une pause, malgré une légère croissance du crédit au secteur privé.

Les perspectives de croissance devraient rester favorables en 2012, avec une croissance projetée à 4.8% grâce principalement à l’accélération de l’activité portuaire, des constructions et des services, et l’augmentation des IDE. L’inflation est prévue de baisser à 4,3% grâce à la stabilisation des prix alimentaires mondiaux et la réduction des tarifs de l’énergie. Le déficit du compte courant est prévu de se stabiliser aux alentours de 12% du PIB. Cependant, des flux importants de capitaux prévus permettront le renforcement des réserves de la Banque centrale, contribuant à la couverture adéquate de l’émission monétaire. Parallèlement à l’accélération de l’activité économique et de l’augmentation des IDEs, le système bancaire devrait également bénéficier d’un environnement favorable.

En 2012, dans un contexte macroéconomique qui restera difficile, et au delà de la conclusion du programme au titre de la FEC, la République de Djibouti entend maintenir la discipline budgétaire, la gestion rigoureuse de la dette, la préservation du système financier et la poursuite de son programme de reforme.

Le défi à court terme reste le maintien de la stabilité des prix et de la discipline budgétaire. En 2011, l’exécution budgétaire a été marquée par un déficit de 0,8% du PIB conséquence des chocs extérieurs et d’un ralentissement du recouvrement fiscal lié aussi à la période d’installation du nouveau gouvernement après les élections présidentielles. L’exécution du budget 2012 pourra nécessiter des efforts supplémentaires, comparée á l’équilibre envisagé par la Loi des Finances Initiale, en raison de la nécessité de renforcer la position de l’État auprès du système bancaire, et, en même temps, de poursuivre le programme d’apurement des arriérés intérieurs nécessaire pour impulser l’économie nationale. Parallèlement, le gouvernement entend renforcer la transparence et la bonne gestion budgétaire, y compris dans le domaine des subventions énergétiques et alimentaires. Avec le concours du FMI, il étudiera une reforme des subventions sur les carburants qui pourra cibler efficacement les segments plus désavantagés à travers des outils de protection sociale plus efficaces. Le gouvernement s’engage à poursuivre une gestion rigoureuse de la dette extérieure du fait de son niveau élevé, s’appuyant sur fonds concessionnels pour financer les nombreux projets en voie de réalisation.

Conscients que l’expansion remarquable du système bancaire dans les années récentes en accroit les vulnerabilités, la Banque centrale a intensifié ses efforts pour renforcer la supervision. Avec l’assistance technique du FMI, elle est en train de mettre en œuvre la loi bancaire et celles connexes, et qui visent à renforcer le cadre réglementaire et la supervision ainsi qu’à améliorer les procédures d’agrément. La Banque Centrale poursuivra aussi le développement du secteur financier, y compris l’accès aux services financiers.

L’amélioration de la compétitivité de l’économie reste un objectif majeur du programme économique de Djibouti, dans l’optique de favoriser le développement du secteur privé et les investissements étrangers. Dans ce cadre, le gouvernement s’est engagée à poursuivre les reformes structurelles et à achever celles en cours, et, en particulier à adopter des mesures pour réduire le coût de l’énergie dans le cadre d’une stratégie élaborée avec les bailleurs de fonds, augmenter l’offre d’eau en baissant son coût, restructurer les entreprises publiques et améliorer l’accès de la population aux services publics. Dans ce contexte, l’interconnexion avec l’Éthiopie représente une opportunité importante pour réduire les coûts de l’énergie.

La République de Djibouti et le FMI restent déterminés à continuer leur collaboration fructueuse afin de préserver les acquis déjà réalisés par le Pays et maintenir la discipline macroéconomique.



DÉPARTEMENT DE LA COMMUNICATION DU FMI

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