De plus en plus de banques centrales africaines envisagent de créer des monnaies numériques
IMF Blog, June 23, 2022
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- Authors: Habtamu Fuje, Saad Quayyum, Franck Ouattara
- Published: June 23, 2022
Contexte et faits saillants
- Publication: le 23 juin 2022
- Après les Bahamas, le Nigéria est le deuxième pays du monde à émettre une monnaie numérique de banque centrale (MNBC).
- À la suite de l’introduction du eNaira par le Nigéria en octobre dernier, plusieurs banques centrales d’Afrique subsaharienne étudient la possibilité de créer une monnaie numérique ou ont déjà lancé une monnaie de ce type à titre expérimental.
- L’Afrique du Sud et le Ghana ont mis en place des projets expérimentaux; d’autres pays en sont à la phase de recherche.
Caractéristiques techniques et types de MNBC
- Définition: une MNBC est une version numérique des pièces et des billets de banque, émise et régulée par une banque centrale; elle est présentée comme plus sûre et moins volatile que des cryptoactifs.
- MNBC « de gros »: exemple — deuxième phase du projet Khokha de la Banque de Réserve de l’Afrique du Sud, réservée aux transferts interbancaires entre institutions financières; participation à un projet pilote transnational avec les banques centrales d’Australie, de Malaisie et de Singapour.
- MNBC « de détail » (universelle): exemple — la Banque du Ghana teste l’eCedi, utilisable par tous via une application de portefeuille numérique ou une carte intelligente sans contact qui fonctionne également hors ligne.
Avantages potentiels identifiés
- Inclusion financière:
- Permettre l’accès à des services financiers pour des personnes non bancarisées, particulièrement si la MNBC prend en charge un usage hors ligne.
- Transactions numériques possibles avec des téléphones mobiles basiques à un coût faible, voire nul, dans des zones sans accès à Internet.
- Transferts sociaux:
- Versement de prestations sociales ciblées, notamment en cas de crise soudaine comme une pandémie ou une catastrophe naturelle.
- Transferts et paiements transnationaux:
- Réduction potentielle des coûts et simplification des envois de fonds; région d’Afrique subsaharienne où le coût de l’envoi et de la réception de fonds est le plus élevé au monde, en moyenne un peu moins de 8 % du montant transféré.
- Raccourcissement des chaînes de paiements et stimulation de la concurrence entre prestataires de services.
- Accélération des autorisations de paiements transnationaux pouvant intensifier les échanges régionaux et internationaux.
Risques et obstacles à prendre en compte
- Infrastructures numériques:
- Besoin d’améliorer l’accès aux infrastructures numériques telles que la connexion mobile ou Internet; la région a accompli des progrès significatifs, mais elle a besoin de davantage d’investissements.
- Capacités des banques centrales:
- Développement nécessaire des connaissances spécialisées et de la capacité technique pour gérer les risques liés à la confidentialité des données et aux attaques cybernétiques.
- Intégrité financière:
- Renforcement des systèmes nationaux d’identification pour faciliter le respect des exigences en matière de connaissance de la clientèle (KYC).
- Risque pour le système bancaire:
- Possibilité que les citoyens retirent trop d’argent de leurs banques pour acheter des MNBC, affaiblissant la capacité de prêt des banques; risque particulièrement aigu dans les pays dont le système financier manque de stabilité.
- Effets sur le secteur privé:
- Nécessité d’évaluer les effets des MNBC sur le secteur privé des services de paiement numérique, qui a fortement contribué à l’inclusion financière via l’argent mobile.
Observations finales et références internes
- L’émission de MNBC sert des objectifs différents selon les pays, mais elle est susceptible d’engendrer des avantages communs à toute la région.
- Pour une présentation plus ample des évolutions des MNBC, la note renvoie à la dernière édition des Perspectives économiques régionales.
Habtamu Fuje, Saad Quayyum, Franck Ouattara — IMFBlog