Communiqué de presse : Le Conseil d’administration du FMI approuve un nouvel accord en faveur du Mali au titre de la facilité élargie de crédit et un décaissement de 9,2 millions de dollars
IMF News, December 18, 2013
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- Published: December 18, 2013
Approbation et décaissement
- Le Conseil d’administration du Fonds monétaire international (FMI) a approuvé un nouvel accord au titre de la facilité élargie de crédit (FEC) pour un montant équivalant à 30 millions de DTS (environ 46,2 millions de dollars EU, soit 32 % de la quote-part).
- L’approbation ouvre la voie au décaissement immédiat d’un montant équivalant à 6 millions de DTS (environ 9,2 millions de dollars).
- Date de publication : le 18 décembre 2013.
Objectifs du programme soutenu par le FMI
- Réduire les facteurs de vulnérabilité de la balance des paiements.
- Créer les conditions d’une croissance plus vigoureuse et plus largement partagée.
- Axes principaux des réformes : politique fiscale et administration des recettes, gestion des finances publiques, amélioration du climat des affaires.
Déclaration de M. Min Zhu (Directeur général adjoint et Président par intérim)
- Reconnaissance de la capacité des autorités maliennes à maintenir la stabilité macroéconomique dans des circonstances très difficiles.
- Rôle attendu du nouvel accord :
- aider à appliquer le programme économique visant à soutenir la croissance,
- maintenir la viabilité des finances publiques,
- réduire la pauvreté.
- Mesures fiscales et budgétaires prioritaires :
- meilleure mobilisation des recettes intérieures,
- efficacité accrue des dépenses publiques pour créer un espace budgétaire en vue des dépenses de développement nécessaires,
- recours limité de l’État aux emprunts bancaires intérieurs pour préserver l’accès du secteur privé au crédit,
- meilleure gestion des finances publiques et amélioration du contrôle interne pour empêcher l’accumulation d’arriérés intérieurs,
- gestion prudente de la dette centrée sur les emprunts concessionnels.
- Réformes structurelles indiquées comme essentielles : développement de l’accès aux services financiers, lutte contre la corruption, simplification des procédures fiscales, amélioration des infrastructures, hausse des dépenses d’éducation et de santé pour accroître la productivité de la main-d’œuvre.
- Importance des réformes dans la production d’énergie et la fixation des prix énergétiques pour favoriser une croissance durable et réduire la pauvreté.
Évolution récente de l’économie (Annexe)
- Contexte politique et sécuritaire :
- Le Mali émerge de la crise sécuritaire et politique la plus grave de son histoire récente.
- L’arrivée d’une force de sécurité des Nations Unies (MINUSMA) aide le gouvernement à rétablir l’ordre public dans le Nord.
- La normalisation politique est bien engagée et des élections présidentielles et parlementaires ont eu lieu.
- Soutien financier international :
- À la conférence internationale des bailleurs de fonds de Bruxelles (mai 2013), une assistance financière de 3,25 milliards d’euros (4,4 milliards de dollars) a été annoncée.
- Activité économique et inflation :
- PIB : baisse de 0,4 % en 2012; projections de progression de 5,1 % en 2013 et de 6,6 % en 2014.
- Après 2014, la croissance devrait s’établir entre 5 % et 6 %.
- Inflation moyenne : 5,3 % en 2012; -0,1 % en octobre 2013; projection à 2 % en 2014.
- L’inflation projetée reste en dessous du plafond de 3 % fixé par l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA).
- Facteurs de reprise :
- Rebond de la production agricole grâce à des pluies favorables.
- Établissement d’un troisième opérateur de téléphonie mobile.
- Redressement du secteur des services (commerce, hôtellerie et restauration).
- Redémarrage de projets de construction.
- Vulnérabilités et risques :
- Production agricole vulnérable aux conditions climatiques défavorables.
- Exportations concentrées sur l’or et le coton (70 % et 15 % du total, respectivement), exposant les recettes à la volatilité des prix internationaux.
- Conditions de sécurité demeurent précaires; tout revers dans la consolidation de la paix pourrait affaiblir la confiance des consommateurs, des investisseurs et des bailleurs de fonds.
- Exposition limitée aux aléas négatifs de la zone euro en raison de l’inélasticité des exportations par rapport à la croissance des partenaires commerciaux traditionnels.
- Secteur bancaire principalement financé par des dépôts locaux, donc peu concerné par le désendettement des banques européennes.
Résumé du programme et mesures prioritaires
- Objectifs politiques ciblés :
- i) maintenir la stabilité macroéconomique tout en allouant suffisamment de ressources à la réduction de la pauvreté et à d’autres dépenses prioritaires, notamment dans le Nord du pays;
- ii) mobiliser davantage de recettes publiques;
- iii) renforcer la gestion des finances publiques;
- iv) améliorer le climat des affaires, notamment par des mesures de lutte contre la corruption.
- Dépenses publiques :
- Soutien à la réconciliation nationale, à la croissance économique et à la réduction de la pauvreté.
- Affectations budgétaires conformes au document de stratégie pour la réduction de la pauvreté et pour la croissance (DSRP-C) et au Plan pour la relance durable du Mali (PRED).
- Priorité aux dépenses sociales : santé, éducation et développement social.
- Réformes fiscales et administratives :
- Réformes ambitieuses de la politique et de l’administration fiscales pour accroître les recettes et alléger les lourdeurs administratives.
- Utilisation de la transparence pour soutenir politiquement une réduction des exonérations fiscales.
- Réforme du mode de fixation des prix des carburants : en 2013, la loi de finances a commencé à présenter une estimation du coût budgétaire du non-ajustement des prix des carburants en fonction de l’évolution des prix internationaux du pétrole.
- Fin de la pratique consistant à fixer la valeur administrative en dessous de la valeur de marché pour arrêter puis inverser l’érosion des recettes fiscales provenant des produits pétroliers.
- Amélioration du climat des affaires :
- Mesures pour remédier aux principaux obstacles identifiés par les investisseurs : accès aux financements, corruption, mauvaise qualité des infrastructures (y compris le réseau électrique) et réglementation fiscale.
- Réforme de la compagnie d’électricité publique pour assurer une assise financière solide.
- Lutte contre la corruption :
- Mesures concrètes : suivi systématique de toutes les recommandations des diverses agences de contrôle, rapports périodiques sur les mesures judiciaires ou administratives prises, publication des décisions judiciaires.
Phasage et mise en œuvre
- Approche progressive des réformes étant donné que la reprise économique n’en est qu’à ses débuts.
- Première phase (jusqu’au milieu de 2014) : renforcement des capacités institutionnelles et élaboration de stratégies pour traiter les questions les plus urgentes.
- Phases suivantes : mise en place d’actions stratégiques précisées au moment de la première revue de l’accord et des revues suivantes.
Source : Communiqué de presse N° 13/524, le 18 décembre 2013.