Réponse à l'étude sur les programmes du FMI et les chiffres de la tuberculose dans les anciens pays communistes

le 23 juillet 2008

le 23 juillet 2008

Cette étude conclut à l'existence d'une relation positive entre les programmes du FMI et les taux de mortalité due à la tuberculose dans un échantillon de 21 pays en transition suivis de 1992 à 2002. Cependant, des carences méthodologiques graves limitent la portée de ces résultats et empêchent toute interprétation d'éventuels liens de causalité. Le problème fondamental est que cette étude ne tient pas convenablement compte du fait que les pays étudiés ont mis en œuvre des réformes appuyées par le FMI alors qu'ils traversaient une période de grandes difficultés économiques.

Les principales questions soulevées par cette étude sont les suivantes :

  • Les auteurs oublient que l'instabilité économique et sociale qui a suivi l'effondrement de l'Union soviétique a pu avoir un impact direct sur l'incidence de la tuberculose dans les 21 économies en transition examinées. Toute analyse visant à estimer l'impact des programmes appuyés par le FMI sur les résultats obtenus dans le domaine économique et social doit prendre en considération la situation politique et économique qui a conduit le pays visé à s'accorder sur un programme susceptible d'être appuyé par le FMI. En faisant abstraction de cette situation, l'étude confond les raisons qui ont conduit les pays concernés à demander l'aide du FMI avec les conséquences de cette aide.

  • L'étude avance l'hypothèse que les programmes appuyés par le FMI sont associés à une baisse des dépenses publiques de santé, ce qui entraîne une hausse de l'incidence de la tuberculose. Cette conjecture n'est pas corroborée par les données disponibles. L'augmentation moyenne des dépenses de santé en pourcentage du PIB est plus forte dans les pays qui ont mis en œuvre des programmes appuyés par le FMI que pour les autres (http://www.imf.org/external/np/vc/2007/062907.htm ; voir aussi Document de travail WP/05/100 du FMI).

  • L'étude produit par ailleurs certains résultats équivoques qui jettent un doute sur la méthodologie utilisée par les auteurs. Elle ne tient pas compte de beaucoup d'autres facteurs qui devraient avoir un impact direct sur l'incidence de la tuberculose, tels que les dépenses de santé, la pauvreté, le taux de mortalité initiale ou les flux migratoires. D'autres résultats de l'étude, qui conclut notamment que l'incidence de la tuberculose augmente avec le revenu et diminue avec l'urbanisation, sont en contradiction avec les travaux antérieurs, qui montrent que l'incidence de la tuberculose augmente avec la pauvreté et augmente également avec l'urbanisation. Enfin, la conclusion selon laquelle le seul facteur qui ait un impact systématique sur la tuberculose est l'existence de programmes appuyés par le FMI contraste avec les études épidémiologiques précédentes sur l'incidence de la tuberculose.

DÉPARTEMENT DE LA COMMUNICATION DU FMI

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