Le Conseil d’administration du FMI conclut les consultations de 2017 au titre de l’article IV avec la République Islamique de Mauritanie
IMF News, August 10, 2017
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- Published: August 10, 2017
Contexte et diagnostic macroéconomique
- Contexte extérieur complexé par la faiblesse et la volatilité des cours des métaux, notamment la chute marquée des cours du minerai de fer en 2014–15.
- Conséquences observées : réduction des exportations de moitié, creusement du déficit budgétaire, pression sur les réserves et vulnérabilités accrues des banques.
- Réponses des autorités en 2016 :
- Ajustement budgétaire d’un montant de 3% du PIB.
- Lâcher du taux de change pour permettre un ajustement.
- Mobilisation de dons et prêts étrangers.
- Résultats macroéconomiques en 2016 :
- Déficit courant réduit à 15 %.
- Inflation contenue à 1,5 % (moyenne en 2016).
- Croissance estimée à 1,7 %.
- Dette extérieure portée à 72 % du PIB.
- Réserves tombées à 4,8 mois d’importations hors industries extractives en mars 2017.
- Potentiel changement de situation : mise en valeur éventuelle d’un gisement de gaz offshore récemment découvert pourrait changer la donne à partir de 2021.
Évaluation et principales conclusions du Conseil d’administration
- Appréciation générale :
- Les administrateurs félicitent les autorités pour la politique économique vigoureuse face au choc des prix des métaux.
- Ils estiment que la stabilité macroéconomique, la stabilité financière et la reprise naissante restent fragiles.
- Priorités convenues :
- Accompagner la croissance, combattre la pauvreté et le chômage, diversifier l’économie, répondre aux besoins en infrastructures tout en renforçant la stabilité macroéconomique, la position extérieure et la viabilité de la dette.
- Mener des politiques prudentes et poursuivre des réformes structurelles soutenues, compte tenu de ressources limitées et d’un endettement élevé.
- Politique monétaire et taux de change :
- La plupart des administrateurs jugent prioritaire une plus grande souplesse du taux de change pour doper la compétitivité, améliorer la situation extérieure, absorber les chocs et permettre à la politique monétaire de mieux gérer les contraintes de liquidité bancaire et d’accompagner la croissance.
- Un petit nombre d’administrateurs doutent du potentiel du taux de change compte tenu des capacités de production limitées.
- Quelques administrateurs relèvent la crainte des autorités qu’une politique monétaire accommodante n’affaiblisse la stabilisation de la situation extérieure.
- Recommandations associées : mettre en place un système d’adjudication de devises transparent et ouvert à la concurrence, lever les obstacles réglementaires au développement d’un marché interbancaire et renforcer les réserves.
- Politique budgétaire et dette :
- Recommandation de centrer la politique budgétaire sur la consolidation des ajustements déjà réalisés et sur la création d’une marge de manœuvre budgétaire en accélérant les réformes en cours.
- Objectif : accroître les dépenses sociales et les dépenses d’infrastructure sans compromettre la stabilité macroéconomique ni la viabilité de la dette.
- Mesures fiscales recommandées : modernisation des administrations fiscale et douanière, mise en place d’un impôt sur les sociétés, adoption de la nouvelle loi de finances organique, révision et suppression progressive des exonérations fiscales.
- Mise en œuvre rapide des mesures récemment adoptées pour renforcer l’investissement public et la gestion de la dette afin de hiérarchiser les projets.
- Préférence à éviter les emprunts non concessionnels et privilégier les prêts concessionnels et les dons.
- Appel à préserver la comparabilité de traitement entre créanciers officiels bilatéraux dans le cadre des négociations avec créanciers bilatéraux hors Club de Paris.
- Stabilité financière et secteur bancaire :
- Importance de gérer les risques croissants pesant sur la stabilité financière et de doper le crédit au secteur privé.
- Encouragement à accélérer la mise en œuvre des recommandations du PESF de 2014, en particulier le renforcement de la supervision bancaire, l’adoption de la nouvelle loi bancaire et des statuts de la banque centrale.
- Croissance inclusive et politiques sociales :
- Salutation de l’avant-projet de stratégie de développement pluriannuelle 2016-30; encouragement à finaliser et mettre en œuvre rapidement cette stratégie.
- Recommandations : étendre le champ des politiques sociales, renforcer les dispositifs de protection sociale, améliorer le climat des affaires et la gouvernance pour soutenir la croissance du secteur privé, la création d’emplois et la diversification.
- Insistance sur l’augmentation des dépenses dans l’éducation et la santé pour améliorer les résultats sociaux et la productivité et contribuer à la réduction de la pauvreté.
Principaux indicateurs économiques (sélection, périodes 2015–18)
- Données démographiques et sociales (est. 2014) :
- Population: 4 millions (est de 2014.)
- Taux de pauvreté : 31 % (2014)
- PIB par habitant : 1.335 dollars (2014)
- Taux de chômage : 13 % (2014)
- Croissance et prix (variation annuelle en pourcentage) :
- PIB réel : 2015 = 0,9 ; 2016 = 1,7 ; 2017 (Proj.) = 3,8 ; 2018 (Proj.) = 3,0
- Industries extractives : 2015 = -6,7 ; 2016 = -1,4 ; 2017 (Proj.) = 10,3 ; 2018 (Proj.) = -3,5
- Hors industries extractives : 2015 = 2,1 ; 2016 = 2,2 ; 2017 (Proj.) = 2,9 ; 2018 (Proj.) = 4,0
- Déflateur du PIB : 2015 = -4,4 ; 2016 = 4,1 ; 2017 (Proj.) = 4,2 ; 2018 (Proj.) = 2,6
- Prix à la consommation (moyenne de la période) : 2015 = 0,5 ; 2016 = 1,5 ; 2017 (Proj.) = 3,7
- Operations de l’administration centrale (en pourcentage du PIB hors extractif, sauf indication contraire) :
- Recettes et dons : 2015 = 32,5 ; 2016 = 31,8 ; 2017 (Proj.) = 30,8 ; 2018 (Proj.) = 30,3
- Impôt : 2015 = 26,7 ; 2016 = 28,0 ; 2017 (Proj.) = 26,9 ; 2018 (Proj.) = 26,5
- Recettes (autre ligne indiquée) : 2015 = 16,8 ; 2016 = 18,9 ; 2017 (Proj.) = 18,8 ; 2018 (Proj.) = 19,0
- Dépenses : 2015 = 36,3 ; 2016 = 32,2 ; 2017 (Proj.) = 31,5 ; 2018 (Proj.) = 32,8
- Dépenses courantes : 2015 = 20,5 ; 2016 = 18,5 ; 2017 (Proj.) = 18,1 ; 2018 (Proj.) = 19,0 (note : les colonnes originales listent plusieurs sous-lignes)
- Dépenses capital : 2015 = 15,5 ; 2016 = 13,3 ; 2017 (Proj.) = 12,9 ; 2018 (Proj.) = 14,5
- Solde primaire (hors dons) : 2015 = -4,5 ; 2016 = -1,3 ; 2017 (Proj.) = -1,5 ; 2018 (Proj.) = -2,8
- Solde global (en pourcentage du PIB) : 2015 = -3,4 ; 2016 = -0,3 ; 2017 (Proj.) = -0,6 ; 2018 (Proj.) = -2,1
- Dette publique (en pourcentage du PIB) 1/ : 2015 = 77,8 ; 2016 = 78,3 ; 2017 (Proj.) = 77,7 ; 2018 (Proj.) = 80,8
- Monnaie et crédit (variation annuelle en pourcentage) :
- Monnaie au sens large : 2015 = 0,4 ; 2016 = 7,1 ; 2017 (Proj.) = 7,3 ; 2018 (Proj.) = 7,5
- Crédit au secteur privé : 2015 = 9,7 ; 2016 = 8,0 ; 2017 (Proj.) = 6,5 ; 2018 (Proj.) = 7,4
- Balance des paiements :
- Solde des transactions courantes (en pourcentage du PIB) : 2015 = -19,7 ; 2016 = -14,9 ; 2017 (Proj.) = -15,3 ; 2018 (Proj.) = -11,2
- Hors importations biens d’équip. extractifs fin. par IDE : 2015 = -11,9 ; 2016 = -11,1 ; 2017 (Proj.) = -8,1 ; 2018 (Proj.) = -9,3
- Investissement direct étranger (net, pourcentage du PIB) : 2015 = 32,0 ; 2016 = 16,3 ; 2017 (Proj.) = 25,0 ; 2018 (Proj.) = 11,1
- Réserves officielles brutes (millions dollars, fin de période) : 2015 = 822,8 ; 2016 = 824,5 ; 2017 (Proj.) = 724,9 ; 2018 (Proj.) = 622,8
- En mois d’importations prospectifs hors extractifs : 2015 = 5,6 ; 2016 = 5,5 ; 2017 (Proj.) = 4,3 ; 2018 (Proj.) = (valeur non fournie)
- Dette publique extérieure (en pourcentage du PIB) 1/ : 2015 = 68,1 ; 2016 = 72,2 ; 2017 (Proj.) = 71,2 ; 2018 (Proj.) = 73,9
- Autres indicateurs :
- Taux de change effectif réel (moyenne de la période) : 2015 = 8,2 ; 2016 = -5,7 ; 2017 = …
- Prix du minerai de fer (dollars/tonne) : 2015 = 56,1 ; 2016 = 58,6 ; 2017 (Proj.) = 65,1 ; 2018 (Proj.) = 51,7
- PIB nominal (millions de dollars) : 2015 = 4.844,2 ; 2016 = 4.729,0 ; 2017 (Proj.) = 4.960,6 ; 2018 (Proj.) = 4.999,6
Recommandations politiques clés (synthèse)
- Maintenir une politique budgétaire prudente axée sur la consolidation et la création d’une marge de manœuvre pour augmenter les dépenses sociales et d’infrastructure.
- Poursuivre la modernisation fiscale et douanière, instaurer un impôt sur les sociétés, adopter la nouvelle loi de finances organique et supprimer progressivement les exonérations fiscales.
- Préférer les prêts concessionnels et les dons, éviter les emprunts non concessionnels, et assurer la comparabilité de traitement entre créanciers officiels bilatéraux.
- Accroître la flexibilité du taux de change et instaurer un système d’adjudication de devises transparent et concurrentiel.
- Renforcer la supervision bancaire, adopter la nouvelle loi bancaire et les statuts de la banque centrale, et accélérer la mise en œuvre des recommandations du PESF de 2014.
- Finaliser et mettre en œuvre la stratégie de développement pluriannuelle 2016-30; renforcer les politiques sociales, la protection sociale, l’éducation et la santé; et améliorer le climat des affaires pour soutenir la diversification et l’emploi.
Communiqué de presse N° 17/324 — 10 août 2017, Département de la communication du FMI