Le conseil d’administration du FMI achève les consultations de 2019 avec le Togo au titre de l’article IV
IMF News, June 27, 2019
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- Published: June 27, 2019
Synthèse et contexte
- Le conseil d’administration du Fonds monétaire international (FMI) a achevé les consultations avec le Togo au titre de l’article IV le 26 juin 2019.
- Le conseil a aussi achevé la quatrième revue des résultats économiques obtenus par le Togo dans le cadre d’un programme triennal appuyé par un accord au titre de la facilité élargie du crédit (FEC) du FMI ; un communiqué de presse a été publié séparément.
- Un climat d’incertitude lié aux tensions socio-politiques et le sous-développement des institutions ont limité l’exploitation du potentiel de croissance du Togo.
- Après une nette décélération en 2017 due aux tensions socio-politiques, la croissance économique s’est accélérée à 4,9 % en 2018 (estimation) et devrait approcher 5½ % à moyen terme.
- L’inflation globale s’est établie à 2 % en mars 2019 (en glissement annuel) et devrait rester en deçà du critère de convergence de 3 % fixé par l’UEMOA à moyen terme.
- Le déficit des transactions courantes en 2017-18 a été nettement inférieur aux années précédentes et devrait rester autour de 4 à 5 % du PIB dans le moyen terme.
- Le Togo a respecté le critère fixé par l’UEMOA pour le déficit budgétaire en 2017 et en 2018, deux années plus tôt que le calendrier arrêté par les pays membres.
- La dette publique diminue par rapport au niveau enregistré lors de l’approbation du programme, mais reste la plus élevée parmi les pays membres de l’UEMOA.
- La capacité du Togo de lever des fonds sur le marché obligataire régional s’est améliorée.
Évaluation du conseil d’administration
- Les administrateurs souscrivent à l’orientation générale de l’évaluation des services du FMI et saluent la mise en œuvre globalement satisfaisante par le Togo de son programme économique appuyé par un accord au titre de la FEC.
- Les administrateurs notent la reprise économique depuis 2018 et les progrès accomplis en matière de réformes structurelles, mais soulignent que les risques demeurent importants.
- Les sources de risque identifiées :
- Incertitude élevée liée aux élections présidentielles prévues pour le premier semestre de 2020.
- Intensification récente des risques sécuritaires au niveau régional.
- Sur les finances publiques :
- Félicitations pour le respect avant échéance du critère de convergence de l'UEMOA.
- Importance de préserver l’assainissement budgétaire et de continuer à réduire la dette.
- Reconnaissance de la nécessité d’engager des dépenses urgentes en 2019-20 pour faire face à des événements imprévus susceptibles de compromettre la stabilité sociale et économique.
- Prise en compte de mesures de sauvegarde pour limiter les risques budgétaires liés à ces dépenses urgentes.
- Rassurance quant à l’engagement des autorités pour que, malgré la hausse du déficit budgétaire par rapport aux projections antérieures, le déficit reste conforme avec le critère de l’UEMOA.
- Sur la mobilisation des recettes :
- Saluent les progrès en gestion des finances publiques, l’apurement des arriérés, le nouveau guide méthodologique pour l’analyse coûts-avantages des projets d’investissement public, la revue des dépenses publiques et le passage au budget-programme.
- Observations : recettes provenant en partie de sources exceptionnelles et non permanentes.
- Recommandation : prendre des mesures correctrices pour accroître les recettes permanentes afin de préserver l’assainissement budgétaire et créer un espace budgétaire pour les dépenses sociales et d’infrastructures.
- Sur le secteur financier :
- Nécessité d’efforts supplémentaires pour soutenir la stabilité du secteur financier.
- Inquiétude concernant les retards dans la finalisation des réformes des deux banques publiques ; exhortation à achever le processus de privatisation.
- Nécessité de s’attaquer aux prêts non productifs et à l’insuffisance de fonds propres.
- Besoin d’améliorer l'efficacité du dispositif de LBC / FT.
- Sur les réformes structurelles :
- Importance d’accélérer les réformes pour une croissance forte et inclusive.
- Appui aux efforts pour promouvoir le Togo comme centre logistique majeur, place financière dynamique et base manufacturière dans le cadre du Plan national de développement et du Pacte avec l’Afrique.
- Encouragement à tirer parti de l'amélioration récente du climat des affaires.
- Importance de s’attaquer aux problèmes de gouvernance, de mettre en œuvre des mesures anticorruption et de faire avancer les réformes en matière d’égalité entre femmes et hommes et l’égalité de revenus.
- Remarque : tenir compte de la capacité d'absorption dans la programmation de l'assistance technique fournie par le FMI.
Projection économique et indicateurs clés (Tableau 1 : Togo : principaux indicateurs économiques, 2018-24)
- Période couverte : 2018 (Est.) ; projections 2019–2024.
- Revenu national, prix et taux de change (Variation en pourcentage)
- PIB réel : 4,9 (2018) ; 5,1 (2019) ; 5,3 (2020) ; 5,4 (2021)
- Indice des prix à la consommation (moyenne) : 0,9 (2018) ; 1,4 (2019) ; 2,0 (2020)
- Situation monétaire (Variation en pourcentage de la monnaie en début de période)
- Avoirs intérieurs nets : 0,5 (2018) ; 1,7 (2019) ; 1,6 (2020) ; 1,5 (2021)
- Crédit net à l’État : 2,7 (2018) ; -1,3 (2019) ; 1,2 (2020) ; 0,0 (2021) ; 0,1 (2022)
- Crédit au secteur non public : 3,1 (2018) ; 5,6 (2019) ; 7,5 (2020) ; 8,3 (2021) ; 8,2 (2022) ; 8,6 (2023)
- Monnaie au sens large (M2) : 9,0 (2018) ; 9,2 (2019) ; 9,3 (2020) ; 9,4 (2021)
- Investissement et épargne (En pourcentage du PIB)
- Investissement intérieur brut : 26,8 (2018) ; 31,1 (2019) ; 32,0 (2020) ; 32,9 (2021) ; 33,6 (2022) ; 34,2 (2023) ; 34,8 (2024)
- Public : 6,8 (2018) ; 10,1 (2019) ; 9,5 (2020) ; 10,2 (2021) ; 10,7 (2022) ; 11,4 (2023)
- Non public : 20,0 (2018) ; 21,0 (2019) ; 22,5 (2020) ; 23,4 (2021)
- Épargne nationale brute : 21,9 (2018) ; 25,2 (2019) ; 26,7 (2020) ; 27,9 (2021) ; 28,9 (2022) ; 29,6 (2023) ; 30,3 (2024)
- Solde courant : -4,9 (2018) ; -5,9 (2019) ; -5,3 (2020) ; -5,0 (2021) ; -4,7 (2022) ; -4,5 (2023)
- Budget de l’État (En pourcentage du PIB)
- Total des recettes et dons : 23,9 (2018) ; 24,0 (2019) ; 24,4 (2020) ; 24,8 (2021) ; 25,4 (2022) ; 26,0 (2023)
- Recettes fiscales : 16,5 (2018) ; 17,6 (2019) ; 17,7 (2020) ; 18,1 (2021) ; 18,6 (2022) ; 19,1 (2023) ; 19,6 (2024)
- Total des dépenses et prêts nets : 24,7 (2018) ; 26,6 (2019) ; 26,5 (2020) ; 26,3 (2021) ; 26,9 (2022) ; 27,2 (2023) ; 27,7 (2024)
- Solde primaire intérieur : 2,4 (2018) ; 2,5 (2019) ; 2,8 (2020)
- Solde global (base engagements, y compris dons) : -0,8 (2018) ; -2,7 (2019) ; -2,1 (2020) ; -1,5 (2021) ; -1,4 (2022) ; -1,2 (2023) ; -1,0 (2024)
- Dette
- Dette publique extérieure1 : 20,5 (2018) ; 22,2 (2019) ; 21,8 (2020) ; 21,4 (2021) ; 20,4 (2022) ; 19,7 (2023)
- Dette publique totale2 : 76,2 (2018) ; 72,2 (2019) ; 68,4 (2020) ; 64,2 (2021) ; 60,3 (2022) ; 56,5 (2023) ; 52,8 (2024)
- Dette publique totale (hors entreprises publiques)3 : 73,6 (2018) ; 70,1 (2019) ; 66,6 (2020) ; 62,7 (2021) ; 59,1 (2022) ; 55,5 (2023) ; 52,0 (2024)
- Sources : autorités togolaises ; estimations et projections des services du FMI.
- Notes :
1. Y compris dette extérieure des entreprises publiques. 2. Y compris arriérés intérieurs et dette des entreprises publiques. 3. Y compris arriérés intérieurs.
Recommandations politiques et priorités
- Conserver l’assainissement budgétaire durement acquis et poursuivre la réduction de la dette.
- Augmenter les recettes permanentes par des mesures correctrices pour préserver l’assainissement budgétaire et créer de l’espace pour les dépenses sociales et d’infrastructures.
- Finaliser les réformes des deux banques publiques et achever le processus de privatisation.
- S’attaquer aux prêts non productifs et renforcer les fonds propres des banques.
- Améliorer l’efficacité du dispositif de LBC / FT.
- Accélérer les réformes structurelles : gouvernance, mesures anticorruption, égalité femmes-hommes, et égalité de revenus.
- Prendre en compte la capacité d'absorption dans la programmation de l'assistance technique du FMI.
Suivi et prochaines étapes
- La prochaine consultation au titre de l’article IV avec le Togo se déroulera conformément à la décision du Conseil d’administration relative au cycle des consultations pour les pays membres ayant des accords avec le FMI.
Communiqué de presse N° 19/250 — Département de la communication du FMI, 27 juin 2019