Washington, DC:
Le conseil d’administration du Fonds monétaire international (FMI) a achevé
les consultations au titre de l’article IV
[1]
avec l’Algérie.
L’économie algérienne se remet peu à peu des deux chocs qui l’ont frappée
simultanément en 2020 : la pandémie de COVID-19 et la baisse des cours du
pétrole. La riposte rapide des autorités a permis d’atténuer les
répercussions sanitaires et sociales de la crise. Des mesures de
confinement ciblées et l’accélération de la campagne de vaccination ont
permis de ralentir une troisième vague de contaminations. Après une
contraction de 4,9 % en 2020, le PIB réel a enregistré une croissance de
2,3 % en glissement annuel au premier trimestre 2021, sous l’effet du
redressement des cours et de la production d’hydrocarbures et de
l’assouplissement des mesures de confinement. Après une détérioration
significative en 2020, le solde des transactions courantes de la balance
des paiements s’est nettement amélioré au cours du premier semestre 2021.
La pandémie a exacerbé les facteurs de vulnérabilité économique
préexistants en Algérie, qui résultent d’une succession de chocs survenus
depuis 2014. Le budget et la balance extérieure courante accusent
d’importants déficits depuis plusieurs années, entraînant une augmentation
significative de la dette publique et une diminution des réserves de change
et réduisant la marge de manœuvre de l’action publique. En outre, la hausse
de l’inflation, qui tient à l’augmentation des prix internationaux des
denrées alimentaires et à un épisode de sécheresse en Algérie, érode le
pouvoir d’achat des ménages.
L’économie algérienne devrait se rétablir en 2021 et 2022, mais les
perspectives demeurent incertaines et difficiles. La croissance réelle
devrait atteindre 3,2 % en 2021, et le redressement des exportations
devrait permettre une forte réduction du déficit du compte des transactions
courantes de la balance des paiements. Cependant, des risques pèsent sur
ces perspectives. Les principaux risques tiennent à l’évolution des cours
du pétrole, à la pandémie et au contexte social et géopolitique.
Évaluation par le conseil d’administration
[2]
Les administrateurs souscrivent à l’orientation générale de l’évaluation
effectuée par les services du FMI. Ils constatent que la pandémie a eu un
impact fort sur l’Algérie et saluent les actions rapides et ambitieuses
prises par les autorités pour en contenir les coûts humains et économiques.
Une reprise économique progressive est certes à l’œuvre, mais les éléments
de vulnérabilité datant d’avant la pandémie demeurent et des risques pèsent
sur les perspectives économiques, malgré le redressement récent des prix
des hydrocarbures. Dans ce contexte, les administrateurs préconisent une un
ensemble de politiques économiques bien calibrées afin de favoriser la
stabilité macroéconomique et de promouvoir une croissance durable,
résiliente et inclusive.
Les administrateurs conviennent généralement de la nécessité d’un
rééquilibrage progressif et soutenu des finances publiques, reposant sur
une combinaison de mesures visant à accroître les recettes du budget et à
réduire les dépenses. Ils jugent utile d’adapter le rythme et la
composition de l’ajustement budgétaire à l’évolution de la pandémie et aux
conditions économiques domestiques, afin de protéger les tranches les plus
vulnérables de la population. Ils saluent également les efforts consentis
récemment par les autorités pour moderniser la gestion budgétaire et
améliorer l’efficacité du secteur public. Les administrateurs encouragent
les autorités à diversifier les sources de financement du budget et à
éviter le financement par la banque centrale dans l’avenir.
Les administrateurs soulignent qu’une politique monétaire bien calibrée,
associée à une plus grande flexibilité du taux de change, pourrait
contribuer à la stabilisation de l’économie. Ils encouragent les autorités
à continuer de renforcer la supervision bancaire, à mettre en œuvre un
cadre réglementaire pour la gestion des crises bancaires et à renforcer la
gouvernance des banques publiques. Les administrateurs saluent également
les réformes prévues pour renforcer l’indépendance de la banque centrale.
Les administrateurs saluent la stratégie des autorités pour relancer la
croissance et réduire la dépendance de l’économie aux hydrocarbures. Ils
saluent également l’orientation du nouveau Plan d’action du gouvernement et
appuient les réformes prioritaires identifiées par le Plan pour faciliter
la transition du pays vers un modèle de croissance plus inclusif et plus
durable. Les annonces récentes vont dans la bonne direction en ce qui
concerne le renforcement de la transparence et du cadre institutionnel de
lutte contre la corruption, l’amélioration de la résilience face aux
changements climatiques, ou les initiatives en faveur des technologies
numériques, des investissements directs étrangers et de la concurrence pour
encourager l’investissement privé et la création d’emplois. Le renforcement
du cadre de lutte contre le blanchiment des capitaux et le financement du
terrorisme (LBC/FT) demeure également prioritaire.
Il est prévu que la prochaine consultation au titre de l’article IV avec
l’Algérie se déroule selon le cycle ordinaire de 12 mois.
[1]
Conformément aux dispositions de l’article IV de ses Statuts, le
FMI procède, habituellement chaque année, à des consultations
bilatérales avec ses pays membres. Une mission des services du FMI
se rend dans le pays, recueille des données économiques et
financières, et s’entretient avec les responsables nationaux de
l’évolution et des politiques économiques du pays. De retour au
siège, les membres de la mission rédigent un rapport qui sert de
cadre aux délibérations du conseil d’administration.
[2]
À l’issue des délibérations, la directrice générale, en qualité de
présidente du conseil d’administration, résume les vues des
administrateurs, et ce résumé est communiqué aux autorités du pays.
On trouvera une explication des termes convenus utilisés
communément dans les résumés des délibérations du conseil
d'administration à l’adresse suivante :
https://www.imf.org/external/french/np/sec/misc/qualifiersf.htm
|
Algérie: principaux indicateurs macroéconomiques,
2019–22
|
Population : 43,4 millions (en 2019)
|
PIB par habitant : 3 940 dollars (2019)
|
|
|
Quote-part : 1 959,9 millions de DTS
|
Coefficient de Gini : 0,28 (en 2015)
|
|
|
Principaux marchés à l’exportation : UE
|
|
|
|
|
|
|
Principales exportations : pétrole et
gaz
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
2019
|
2020
|
2021
|
2022
|
|
|
|
|
Est.
|
Proj.
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
Production
|
|
|
|
|
|
|
Croissance du PIB réel (en %)
|
|
0,8
|
-4,9
|
3,2
|
2,4
|
|
Croissance du PIB hors hydrocarbures
(en %)
|
|
2,0
|
-3,9
|
2,0
|
2,4
|
|
|
|
|
|
|
|
|
Emploi
|
|
|
|
|
|
|
Chômage (fin de période, en %)
|
|
11,4
|
…
|
…
|
…
|
|
|
|
|
|
|
|
|
Prix
|
|
|
|
|
|
|
Inflation (moyenne, en %)
|
|
2,0
|
2,4
|
6,5
|
7,7
|
|
|
|
|
|
|
|
|
Finances de l’administration
centrale (en % du PIB)
|
|
|
|
|
|
|
Total des recettes
|
|
32,3
|
30,1
|
28,0
|
27,6
|
|
Dont : hydrocarbures
|
|
13,1
|
10,3
|
11,1
|
12,4
|
|
Total des dépenses
|
|
41,9
|
41,9
|
39,8
|
39,4
|
|
Solde budgétaire global (déficit -)
|
|
-9,6
|
-11,7
|
-11,8
|
-11,8
|
|
Dette publique brute
|
|
45,8
|
50,7
|
59,2
|
65,4
|
|
|
|
|
|
|
|
|
Monnaie et crédit
|
|
|
|
|
|
|
Monnaie au sens large (variation en
pourcentage)
|
|
-0,8
|
7,4
|
17,0
|
13,3
|
|
Crédit à l’économie (variation en %)
|
|
9,0
|
3,0
|
1,8
|
5,6
|
|
|
|
|
|
|
|
|
Balance des paiements
|
|
|
|
|
|
|
Solde des transactions courantes (% du
PIB)
|
|
-9,9
|
-12,7
|
-4,9
|
-3,6
|
|
IDE (en % du PIB)
|
|
0,8
|
0,8
|
0,7
|
0,7
|
|
Réserves brutes (en mois
d’importations) 1/
|
|
17,6
|
12,5
|
11,1
|
9,9
|
|
Dette extérieure (en % du PIB)
|
|
2,2
|
2,4
|
2,0
|
1,9
|
|
|
|
|
|
|
|
|
Taux de change
|
|
|
|
|
|
|
TCER moyen (variation en %)
|
|
2,3
|
-4,6
|
…
|
…
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
Sources : autorités algériennes ;
estimations des services du FMI.
|
|
|
|
|
|
|
1/ En mois d’importations de biens et
services de l’année suivante.
|
|
|
|
|
|
|