Les services du FMI parviennent à un accord avec le Mali sur une facilité de crédit rapide et achèvent leur mission au titre de l’article IV 2024
IMF News, April 30, 2024
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- Published: April 30, 2024
Accord sur la Facilité de Crédit Rapide (FCR) — Guichet « chocs exogènes »
- L’équipe du FMI et les autorités maliennes sont parvenues à un accord au niveau des services sur un financement d’urgence au titre du guichet « chocs exogènes » de la facilité de crédit rapide (FCR) du FMI.
- Sous réserve d’approbation par l’équipe dirigeante du FMI et le Conseil d’Administration du FMI, le Mali recevra environ 120 millions de dollars (0,6 % du PIB).
- L’aide financière potentielle du FMI soutiendrait :
- la fourniture de nourriture et des transferts monétaires ciblés aux personnes confrontées à une insécurité alimentaire aiguë dans les régions du centre et du nord;
- des dépenses pour l’éducation, les abris, les articles non alimentaires et l’accès à l’eau potable, à la santé et aux installations sanitaires.
Contexte des chocs exogènes et impact humanitaire
- Chocs récents affectant le Mali : la guerre de la Russie en Ukraine, le blocus maritime de la mer Rouge, la contraction des financements disponibles dans la région.
- Ces chocs ont contribué à l’augmentation des coûts d’importation des biens essentiels tels que la nourriture, les engrais et les matériaux nécessaires pour soutenir les populations déplacées.
- Insécurité alimentaire : affecterait 24 % de la population, contre 15 % il y a un an.
Perspectives macroéconomiques et performance récente
- Croissance : l’économie du Mali a progressé de 4,4 % en 2023.
- Facteurs soutenant la croissance en 2023 : hausse des prix de l’or et du coton, stimulé les exportations.
- Freins à la croissance : préoccupations accrues en matière de sécurité et fréquentes pannes d’électricité.
- Inflation : l’inflation globale a chuté à 2,1 % en 2023 contre 9,7 % en 2022; toutefois, le coût des aliments est resté élevé et a contribué à l’augmentation de l’insécurité alimentaire.
Finances publiques et conditions de financement
- Déficit budgétaire du gouvernement estimé à 3,9 % du PIB de 2023.
- Principales composantes du déficit : dépenses de sécurité, les salaires publics et la facture d’intérêt.
- Ces postes consomment plus des trois quarts des recettes fiscales et risquent d’évincer les dépenses favorables à la croissance pour le filet de sécurité sociale et l’investissement.
- Absence persistante de soutien budgétaire extérieur et conditions de financement plus strictes dans l’UEMOA ont :
- augmenté les coûts d’emprunt;
- créé une contraction des financements.
- Les ressources mobilisées par le Mali sur le marché financier régional ont été inférieures aux attentes en 2023.
Prévisions à court terme et risques
- Croissance du PIB réel prévue :
- ralentir à 3.8 % en 2024;
- revenir à 4,4 % en 2025.
- Facteurs de ralentissement en 2024 : graves pannes d’électricité, effets négatifs du départ de MINUSMA sur le secteur tertiaire, une baisse dans la production d’or et l’incertitude entourant le report des élections et la sortie de la CEDEAO.
- Principaux risques à la baisse :
- poursuite des pannes d’électricité;
- détérioration de la sécurité;
- risques croissants de stabilité financière liés à l’escalade des besoins de financement du gouvernement;
- volatilité des prix internationaux des produits de base;
- resserrement des conditions financières mondiales;
- vulnérabilités climatiques.
Recommandations de politique publique et priorités
- Priorité numéro un : assurer un approvisionnement en électricité stable et rentable.
- Convergence vers le plafond de déficit budgétaire de 3 % de l’UEMOA jugée importante dans le contexte de conditions de financement serrées et de coûts d’emprunt élevés.
- Mesures pour protéger la viabilité des finances publiques :
- améliorer la mobilisation des recettes;
- élargir l’assiette fiscale;
- réduire les exonérations fiscales coûteuses;
- renforcer l’administration fiscale et douanière.
- Réduire l’augmentation de la masse salariale du secteur public et remédier aux faiblesses budgétaires des entreprises publiques.
- Protéger l’investissement public pour maintenir les perspectives de croissance à moyen terme.
- Renforcer la gestion efficace de la dette pour assurer sa viabilité.
- Réduction de l’incertitude politique pour libérer le potentiel de croissance à moyen terme en créant un climat d’investissement plus prévisible et stable.
- Actions complémentaires recommandées : renforcer la gouvernance, lutter contre la corruption, et maintenir des politiques pour lutter contre les effets du changement climatique à long terme.
Mission, interlocuteurs et prochaine étape formelle
- Mission : équipe du FMI dirigée par Mme Wenjie Chen, visite à Bamako du 21 au 26 avril 2024; entretiens préalables à Washington du 15 au 17 avril 2024 lors des Réunions de printemps.
- Principaux interlocuteurs rencontrés : le ministre de l’Economie et des Finances, M. Alousséni Sanou; le directeur national de la BCEAO pour le Mali, M. Barema Bocoum; des directeurs et membres du personnel des principaux ministères et organismes publics, des partenaires au développement et des représentants du secteur privé.
- Prochaine étape : approbation par l’équipe dirigeante du FMI et le Conseil d’Administration du FMI pour le décaissement du prêt d’environ 120 millions de dollars.
Communiqué de presse N° 24131, le 30 avril 2024.