Les services du FMI achèvent leur mission de consultations au titre de l'Article IV en Algérie en 2025
IMF News, June 30, 2025
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- Published: June 30, 2025
Mission et contexte
- Mission du Fonds monétaire international (FMI) dirigée par M. Charalambos Tsangarides, à Alger du 16 au 30 juin pour les consultations 2025 au titre de l'Article IV.
- Communiqué de presse N° 25/226, déclaration finale de la mission présentant des conclusions préliminaires.
Principales conclusions macroéconomiques
- Croissance :
- L'activité économique a ralenti de 4,1 % en 2023 à 3,6 % en 2024.
- L'activité hors hydrocarbures a crû de 4,2 % en 2024.
- Compte courant et réserves :
- Le solde courant est devenu déficitaire en 2024 en raison d'une baisse de la production d'hydrocarbures et des prix du gaz.
- Les réserves de change se sont établies à 67,8 milliards de dollars, couvrant environ 14 mois d'importations.
- Inflation et politique monétaire :
- L'inflation est passée d'une moyenne annuelle de 9,3 % en 2023 à 4 % en 2024.
- L'inflation hors énergie et alimentation a également reculé.
- La politique monétaire est restée accommodante au premier semestre de 2025.
- Finances publiques :
- Le déficit budgétaire s'est creusé en 2024, atteignant 13,9 % du PIB, principalement en raison de la baisse des recettes d'hydrocarbures et de la hausse des salaires et des dépenses d'investissement.
- Le déficit devrait rester élevé en 2025.
- Perspectives à court terme :
- Reprise progressive attendue de la production d'hydrocarbures liée à la levée graduelle des réductions de production décidées par l'OPEP+, soutenant la croissance en 2025.
- Inflation prévue rester modérée.
- Le déficit courant devrait se creuser en 2025 en raison de l'incertitude mondiale et de la volatilité des cours des hydrocarbures.
Risques identifiés
- Volatilité des prix des hydrocarbures dans un contexte de politiques commerciales instables et de tensions géopolitiques.
- Déficits budgétaires persistants mettant en péril la viabilité de la dette.
- Renforcement de l'interdépendance financière entre l'État, les entreprises publiques et les banques publiques.
- Incertitude mondiale et volatilité des cours des hydrocarbures freinant les exportations et l'investissement.
Recommandations de politique à court terme
- Rééquilibrage budgétaire :
- Un ajustement budgétaire progressif, mais mis en œuvre dans les meilleurs délais, pour freiner l'augmentation des besoins de financement et reconstituer des marges budgétaires.
- L'ajustement vise à réduire les vulnérabilités et à stabiliser la dette publique à moyen terme.
- Politique monétaire :
- Maintenir une politique monétaire guidée par la conjoncture économique et fermement centrée sur son objectif d'inflation.
- Surveiller étroitement l'évolution du secteur financier.
- Taux de change :
- Accroître la flexibilité du taux de change pour renforcer la capacité de l'économie à absorber les chocs extérieurs.
Priorités de réforme à moyen terme
- Finances publiques et recettes :
- Améliorer la soutenabilité des finances publiques.
- Mettre en œuvre des réformes visant à augmenter les recettes hors hydrocarbures et à rationaliser les dépenses.
- Réviser la stratégie de mobilisation des recettes pour élargir l'assiette fiscale, rationaliser les dépenses fiscales et améliorer la conformité fiscale par la numérisation de l’économie.
- Réforme des subventions pour reconstituer les marges de manœuvre budgétaires et créer un espace pour les dépenses prioritaires, notamment l'aide ciblée aux ménages vulnérables.
- Dépenses et investissements :
- Améliorer l'efficacité des investissements publics pour soutenir la diversification économique.
- Entreprises publiques et gouvernance :
- Améliorer la surveillance, l'efficience et la gouvernance des entreprises publiques pour maîtriser les risques macrofinanciers.
- Création au sein du ministère des Finances d'une unité chargée de superviser les entreprises publiques et de renforcer la gestion des risques budgétaires.
- Politique monétaire et secteur financier :
- Clarifier le cadre de la politique monétaire — définir clairement un objectif premier et un point d'ancrage nominal — pour renforcer la transmission et l'efficacité.
- Améliorer la surveillance du secteur financier pour atténuer les risques liés à l’interdépendance entre l'État, les entreprises publiques et les banques publiques.
- Réformes structurelles pour la croissance :
- Poursuivre les réformes visant à stimuler l'investissement privé, la croissance inclusive et la création d'emplois.
- Mesures pour améliorer le climat des affaires : création d'un guichet unique pour l'accès au foncier, alignement des exportations sur les normes internationales, promotion du commerce en ligne.
- Éliminer les restrictions administratives, assouplir les marchés des produits et du travail et garantir des conditions de concurrence équitables entre secteurs public et privé.
- Décourager l'application généralisée d'incitations fiscales susceptibles de générer des pertes de recettes.
- Gouvernance et transparence :
- Poursuivre les réformes de gouvernance et renforcer le dispositif de lutte contre le blanchiment des capitaux et le financement du terrorisme.
Observations sur les progrès institutionnels
- La mission salue :
- Les progrès dans la mise en œuvre de la loi organique budgétaire de 2018 pour améliorer la transparence et la responsabilité dans l'exécution budgétaire.
- La mise en place d'une unité au ministère des Finances pour superviser les entreprises publiques.
- Les progrès dans la mise en œuvre de la loi monétaire et bancaire de 2023, l'amélioration de la gestion de la liquidité et le renforcement des capacités de prévision macroéconomique et d'analyse des politiques.
- Les récentes réformes de la gouvernance et les efforts pour accroître la transparence et la responsabilité dans le secteur public.
Communiqué de presse N° 25/226 — le 30 juin 2025