{
  "title": "La dette au Moyen-Orient : une crise en perspective",
  "sourceUrl": "https://www.imf.org/fr/publications/fandd/issues/2023/09/debt-clouds-over-the-middle-east-adnan-mazarei",
  "canonical": "https://www.imf.org/fr/publications/fandd/issues/2023/09/debt-clouds-over-the-middle-east-adnan-mazarei",
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  "summary": "La dette a atteint un seuil critique dans certaines parties du Moyen-Orient et de l’Afrique du Nord.",
  "authors": [
    "ADNAN MAZAREI"
  ],
  "publishDate": "2023-09-29",
  "sections": [
    {
      "heading": "Principales constatations",
      "content": "- La dette a atteint un seuil critique dans certaines parties du Moyen-Orient et de l’Afrique du Nord (MOAN).\n- L’Égypte, la Jordanie et la Tunisie sont dans une situation précaire, leur stabilité économique étant menacée par une possible crise de la dette.\n- Le Liban, déjà frappé par l’une des pires crises économiques, constitue un avertissement sur les répercussions d’un effondrement de la solvabilité souveraine.\n- La croissance de la dette, conjuguée à des perspectives mondiales moroses, crée une « tempête parfaite » de risques financiers.\n- Le financement à coût faible s’est raréfié et les pays riches en pétrole de la région ont réduit le soutien financier inconditionnel.\n- Les contraintes sociales limitent l’espace pour un assainissement budgétaire majeur, rendant le maintien d’un endettement viable de plus en plus difficile."
    },
    {
      "heading": "Genèse de la crise",
      "content": "- Causes structurelles communes :\n  - Gouvernance et cadre réglementaire déficients.\n  - Dirigisme économique et hypertrophie du secteur public freinant la croissance du secteur privé.\n  - Faible mobilisation des recettes intérieures et mauvais ciblage des subventions.\n  - Dépendance aux taux de change fixes et au financement par emprunt.\n- Chocs aggravants :\n  - Pandémie de COVID-19.\n  - Conséquences de l’invasion de l’Ukraine par la Russie.\n  - Renchérissement des produits alimentaires.\n- Conséquence comportementale : usage de la dette publique comme palliatif temporaire sans résoudre les problèmes structurels."
    },
    {
      "heading": "Portrait pays (éléments saillants)",
      "content": "- Égypte\n  - Stagnation économique prolongée, mainmise de l’armée sur l’économie.\n  - Impact négatif du recul du tourisme et de la hausse des coûts d’importation due à la guerre en Ukraine.\n  - Déficits budgétaires persistants et taux de change fixe ayant généré d’importants besoins de financement.\n  - Selon l’édition d’avril 2023 du Moniteur des finances publiques du FMI, les besoins de financement bruts de l’Égypte en 2023 ont atteint un niveau astronomique, représentant 35 % de son PIB, la rendant très vulnérable aux hausses des taux d’intérêt et au risque de refinancement.\n- Jordanie\n  - Faible croissance liée notamment à la surévaluation du taux de change fixe et aux perturbations géopolitiques.\n  - Pressions dues à l’arrivée massive de réfugiés et aux perturbations du commerce après la guerre civile syrienne.\n  - Finances publiques grevées par de lourdes subventions, transferts aux entreprises publiques et dépenses de sécurité.\n  - Forte dépendance à l’égard de l’aide publique au développement.\n  - Dispose d’un cadre de politique plus efficace et progresse dans le cadre du programme du FMI, mais l’endettement élevé la rend vulnérable.\n- Liban\n  - Système non viable basé sur des taux de change fixes et des finances publiques dégradées, nécessitant des taux d’intérêt élevés pour attirer des capitaux étrangers.\n  - Impasse politique persistante et influence excessive du secteur bancaire sur le pouvoir politique.\n  - Structure assimilable à une chaîne de Ponzi conduisant à une crise multiforme et à un défaut sur la dette souveraine intérieure et extérieure.\n- Tunisie\n  - Seul pays du Printemps arabe ayant apparemment pris des mesures pour renforcer démocratie et gouvernance, mais fragilisé par l’État employeur et pourvoyeur de subventions.\n  - Choc de la pandémie qui a fortement affecté l’économie et les finances publiques.\n  - Maintien d’un taux de change stable au-delà des capacités du pays, créant une dépendance aux capitaux extérieurs accordés par des créanciers officiels.\n  - Bouleversements politiques récents et refus des réformes nécessaires ont érodé la capacité de remboursement, poussant vers le surendettement."
    },
    {
      "heading": "Antécédents historiques et changement de l’architecture de la dette",
      "content": "- Crises antérieures : épisodes de surendettement dans les années 80 et 90 liés à conflits et chocs mondiaux, entraînant restructurations de dettes publiques et garanties d’État.\n- Principaux créanciers historiques : Club de Paris, créanciers bilatéraux régionaux, banques commerciales et institutions multilatérales.\n- Accords Brady et accords avec le Club de Paris ont été utilisés dans les crises des années 80; restructurations supplémentaires dans les années 90 et au début des années 2000 ont aidé des pays comme l’Égypte, l’Iraq et la Jordanie.\n- Nouvelle réalité :\n  - Introduction de clauses d’action collective dans les contrats d’émission d’obligations souveraines a accéléré certaines restructurations d’euro-obligations.\n  - Restructurer la dette est devenu plus difficile en raison :\n    - Montée de créanciers non membres du Club de Paris (p. ex. Chine) rendant la base des créanciers plus morcelée.\n    - Réticence des créanciers privés à alléger les dettes.\n    - Importance de l’encours de la dette intérieure dans certains pays (ex. Égypte), rendant complexe l’inclusion de ces créances détenues par banques et régimes de pension.\n  - Le cadre commun du Groupe des Vingt s’applique uniquement aux pays à faible revenu, excluant la plupart des pays MOAN qui sont à revenu intermédiaire (exceptions : Soudan et Yémen)."
    },
    {
      "heading": "Scénarios et risques à court et moyen terme",
      "content": "- Risques principaux :\n  - Dette insoutenable et restructuration longue et pénible.\n  - Difficultés d’accès à de nouveaux financements extérieurs, avec des taux d’intérêt élevés.\n  - Réduction probable de l’aide conditionnée à des engagements de réformes structurelles de la part des donateurs pétroliers du Golfe.\n  - Assainissement budgétaire qui, même s’il est bénéfique, n’est pas garanti pour réduire la dette (référence à l’édition d’avril 2023 des Perspectives de l’économie mondiale du FMI).\n  - Faible acceptabilité sociale des réductions de dépenses, en particulier des subventions.\n- Comportements potentiels des pays :\n  - Recherche continue d’appuis bilatéraux et multilatéraux.\n  - Tentation de compter sur une inflation surprise pour alléger la dette intérieure (mention dans l’édition de mai 2023 des Perspectives économiques régionales pour le Moyen-Orient et l’Afrique du Nord).\n  - Éventualité de restructurations de dette : inévitable pour certains pays si réformes et contexte mondial favorables ne sont pas réunis."
    },
    {
      "heading": "Recommandations politiques prioritaires",
      "content": "- Actions générales requises pour tous les pays fortement endettés de la région MOAN :\n  - S’attaquer urgemment aux principaux problèmes de gouvernance et s’engager de manière crédible à mettre en œuvre des réformes.\n  - Mettre en œuvre des réformes structurelles pour attirer les investissements étrangers directs et stimuler la croissance.\n  - Préparer et, si nécessaire, accepter la restructuration de la dette de manière préventive et coordonnée, comme dernier recours mais planifiée dans le cadre d’un ensemble de mesures correctives.\n- Recommandations pays spécifiques (extraits) :\n  - Égypte : supprimer le système de réglementation excessive, réduire l’intervention de l’armée dans l’économie, lancer un solide programme de privatisation pour attirer les investissements étrangers.\n  - Jordanie : mettre en œuvre des réformes structurelles en profondeur pour éviter une crise.\n  - Tunisie : inverser l’érosion de la démocratie et s’engager dans des réformes cruciales.\n  - Liban : former de toute urgence un gouvernement transcendant les divisions confessionnelles et s’engager résolument sur la voie de la réforme.\n- Conclusion normative : intervenir rapidement et de manière ciblée, réaliser de véritables réformes structurelles et être disposé à faire face à la restructuration de la dette si nécessaire. Le temps presse.\n\nArticle : La dette au Moyen-Orient : une crise en perspective, Adnan Mazarei, FINANCES & DÉVELOPPEMENT, Septembre 2023.\n\n---\n\n\nSource: https://www.imf.org/fr/publications/fandd/issues/2023/09/debt-clouds-over-the-middle-east-adnan-mazarei"
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    "Authors: ADNAN MAZAREI",
    "Published: September 29, 2023",
    "La dette a atteint un seuil critique dans certaines parties du Moyen-Orient et de l’Afrique du Nord (MOAN).",
    "L’Égypte, la Jordanie et la Tunisie sont dans une situation précaire, leur stabilité économique étant menacée par une possible crise de la dette.",
    "Le Liban, déjà frappé par l’une des pires crises économiques, constitue un avertissement sur les répercussions d’un effondrement de la solvabilité souveraine.",
    "La croissance de la dette, conjuguée à des perspectives mondiales moroses, crée une « tempête parfaite » de risques financiers.",
    "Le financement à coût faible s’est raréfié et les pays riches en pétrole de la région ont réduit le soutien financier inconditionnel.",
    "Les contraintes sociales limitent l’espace pour un assainissement budgétaire majeur, rendant le maintien d’un endettement viable de plus en plus difficile.",
    "Causes structurelles communes :",
    "Chocs aggravants :",
    "Conséquence comportementale : usage de la dette publique comme palliatif temporaire sans résoudre les problèmes structurels.",
    "Égypte",
    "Jordanie",
    "Liban",
    "Tunisie",
    "Crises antérieures : épisodes de surendettement dans les années 80 et 90 liés à conflits et chocs mondiaux, entraînant restructurations de dettes publiques et garanties d’État.",
    "Principaux créanciers historiques : Club de Paris, créanciers bilatéraux régionaux, banques commerciales et institutions multilatérales.",
    "Accords Brady et accords avec le Club de Paris ont été utilisés dans les crises des années 80; restructurations supplémentaires dans les années 90 et au début des années 2000 ont aidé des pays comme l’Égypte, l’Iraq et la Jordanie.",
    "Nouvelle réalité :",
    "Risques principaux :",
    "Comportements potentiels des pays :",
    "Actions générales requises pour tous les pays fortement endettés de la région MOAN :",
    "Recommandations pays spécifiques (extraits) :",
    "Conclusion normative : intervenir rapidement et de manière ciblée, réaliser de véritables réformes structurelles et être disposé à faire face à la restructuration de la dette si nécessaire. Le temps presse."
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