## De nouveaux critères de surveillance

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## Bibliographic details
- Authors: Ceyla Pazarbasioglu
- Published: June 7, 2024

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### Aperçu et message central
- Le suivi par le FMI de la santé économique des États membres fait face à « un défi inédit et générationnel » lié à de profondes transformations structurelles : intelligence artificielle, changement climatique, évolutions démographiques et multiplication des politiques industrielles.
- La mission de surveillance du FMI consiste à fournir des diagnostics et des recommandations pour aider les pays à surmonter les chocs et à saisir de nouvelles possibilités de croissance, mais la surveillance elle‑même doit évoluer et s’adapter.

### Moments clés et évolution historique de la surveillance du FMI
- Après l’effondrement du système de taux de change fixes de Bretton Woods, modifications des Statuts du FMI en 1978 : mission élargie de la surveillance des politiques de change aux politiques monétaires, budgétaires et financières.
- Crises des comptes de capital et leçons :
  - Dévaluation au Mexique en 1994.
  - Crises en Asie de l’Est (1997–98), en Russie (1998), au Brésil (1999), en Türkiye (2001), en Argentine (2002) et en Uruguay (2003).
  - Conséquences : renforcement de la surveillance des taux de change et du secteur financier, élaboration de modèles d’alerte avancée, accent sur l’analyse de la viabilité de la dette et des bilans sectoriels.
- Outil développé en 2001 : exercice de vulnérabilité pour identifier les risques macroéconomiques à court terme; exercice mis à jour régulièrement et couvrant la majorité des États membres.
- Années 2000 : approfondissement des outils d’analyse pour la surveillance des taux de change, y compris un modèle multilatéral d’évaluation des monnaies.
- Crise financière mondiale de 2008–09 : mise en évidence de lacunes significatives dans la surveillance (« la surveillance a fortement sous‑estimé le risque global dans tous les secteurs »), conduisant à :
  - Études de contagion initiales dans les cinq pays d’importance systémique (la Chine, les États‑Unis, le Japon, le Royaume‑Uni et les pays de la zone euro), puis à une approche thématique sur les retombées.
  - Obligation d’examen en bonne et due forme des risques lors des consultations au titre de l’article IV.
  - Intégration systématique de l’analyse de la stabilité financière dans la surveillance.
  - En 2010, bilans réguliers du programme d’évaluation du secteur financier rendus obligatoires pour les pays dotés d’un secteur financier d’importance systémique.
- 2020 : mise en place du cadre stratégique intégré — examen conjoint des politiques monétaires, de change, macroprudentielles et de gestion des flux de capitaux pour calibrer des conseils adaptés.
- 2021 : adoption d’une stratégie climatique pour mieux intégrer le changement climatique dans l’analyse multilatérale et la surveillance bilatérale.

### Lacunes identifiées et enseignements tirés
- Lacunes notables avant et pendant la crise de 2008–09 : sous‑estimation du risque global, insuffisance de l’analyse des effets de rétroaction et de contagion dans le secteur financier.
- Manque d’informations publiques et de transparence des politiques (notamment sur les réserves de change) a contribué à des réactions excessives des marchés et à des crises autoréalisatrices.
- Nécessité d’une surveillance qui anticipe les répercussions des politiques des pays d’importance systémique et des interconnexions financières internationales.

### Priorités actuelles de la surveillance et principaux défis
- Priorités immédiates pour la plupart des pays membres :
  - Parvenir à une désinflation durable.
  - Procéder à un rééquilibrage budgétaire approprié.
  - Préserver la stabilité monétaire.
  - S’attaquer au surendettement et à la vulnérabilité du secteur financier post‑pandémie.
- Défis contemporains exacerbés :
  - Pandémie « une fois par siècle », montée des tensions géopolitiques, nouvelles guerres, fragmentation géoéconomique.
  - Envolée de l’inflation et des taux d’intérêt.
  - Ralentissement des perspectives de croissance à moyen terme, surtout pour les pays émergents et pays en développement.
- Résilience relative des pays émergents : la plupart ont mieux résisté aux turbulences récentes qu’à la crise financière mondiale, grâce à des politiques macroéconomiques et financières avisées et à des institutions solides conformes aux recommandations du FMI.

### Intégration de nouvelles thématiques structurelles
- Climat :
  - Stratégie adoptée en 2021; progrès pour intégrer les questions climatiques dans l’analyse multilatérale et la surveillance bilatérale.
- Intelligence artificielle :
  - Potentiel de coopération internationale pour optimiser avantages et gérer risques; rôle de la surveillance du FMI pour anticiper conséquences macroéconomiques et retombées, et pour favoriser des mesures publiques prudentes.
- Politiques industrielles :
  - Évaluation des conséquences économiques et des retombées internationales : ces politiques « font souvent plus de mal que de bien », peuvent déclencher des mesures de rétorsion et être captées par des intérêts particuliers.

### Recommandations et orientations de politique
- Surveillance macroéconomique et recommandations ciblées, en étroite collaboration avec d’autres institutions internationales concernées.
- Renforcer la transparence des données publiques et des intentions des autorités (par exemple, informations sur les réserves de change et règles de transparence pour les politiques monétaires et budgétaires).
- Maintenir et approfondir l’analyse de la stabilité financière et les bilans du secteur financier dans la surveillance bilatérale et multilatérale.
- Formuler des recommandations sur mesure et détaillées à l’échelon bilatéral, sous‑tendues par une analyse de la situation propre à chaque pays (cadre stratégique intégré).
- Prioriser et séquencer les réformes macrostructurelles en levant d’abord les obstacles les plus contraignants à l’activité économique pour accélérer la croissance et faciliter la transition écologique.
- Intégrer les considérations d’égalité femme–homme dans la surveillance pour réduire les disparités sur les marchés du travail et en matière d’accès aux services financiers.

### Impact potentiel quantifié et objectifs de prospérité
- Cadre proposé pour hiérarchiser et échelonner les réformes macrostructurelles indique que privilégier la levée des obstacles les plus contraignants à l’activité économique « pourrait accroître la production mondiale de quelque 4 % en seulement deux ans ».
- La surveillance doit conserver une longueur d’avance, anticiper les problèmes menaçant la stabilité intérieure ou extérieure et rester souple pour s’adapter à la diversité des profils des États membres.
- Le texte souligne que la surveillance du FMI demeure « un bien public mondial essentiel et prisé » pour protéger l’économie et soutenir une quête collective d’un avenir prospère.

*Source: De nouveaux critères de surveillance, FINANCES & DÉVELOPPEMENT.*

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_Source: https://www.imf.org/fr/publications/fandd/issues/2024/06/new-surveillance-tests-ceyla-pazarbasioglu_
