Alors même que l’incertitude engendrée par la COVID-19 commençait à se dissiper, la Russie a envahi Ukraine : l’incertitude persiste donc, alimentée désormais par la guerre. Outre les pertes humaines, les souffrances de la population et la destruction des infrastructures, la guerre donne lieu à de coûteux déplacements de réfugiés et à des pertes de capital humain, déstabilise les marchés des produits de base et alimente l’inflation. La hausse des prix des denrées alimentaires et de l’énergie augmente les risques de troubles sociaux. Plus de 4,5 millions de réfugiés ont fui l’Ukraine entre le début de la guerre et le 10 avril. Or, quand la situation tourne mal, la politique budgétaire a un rôle particulier à jouer, en protégeant les ménages les plus vulnérables des effets de la hausse des prix des denrées alimentaires et de l’énergie sur leur budget. Plus généralement, les pouvoirs publics vont devoir agir dans le contexte difficile d’une inflation élevée et grandissante, d’un ralentissement de la croissance, d’un fort endettement et d’un durcissement des conditions du crédit. Les contraintes budgétaires sont de plus en plus pressantes, à mesure que les banques centrales augmentent les taux d’intérêt pour lutter contre l’inflation.