
Depuis la crise financière mondiale, les pays émergents ont reçu des flux d’investissements de portefeuille considérables, dont l’intermédiation est en grande partie assurée par des institutions financières non bancaires. Pour eux, ces flux sont porteurs de possibilités à saisir, mais aussi de difficultés, parmi lesquelles une sensibilité accrue aux fluctuations de l’appétence mondiale pour le risque, en particulier pour les pays qui ont déjà des vulnérabilités, comme une dette élevée, un faible niveau de réserves internationales ou des institutions déficientes. Dans le secteur non bancaire, la sensibilité au risque mondial varie considérablement selon les types d’investisseurs. Les fonds spéculatifs et les fonds d’investissement réagissent de manière plus marquée aux variations du risque mondial que les autres institutions financières non bancaires, et dans le secteur des fonds d’investissement, ce sont les fonds communs de placement passifs et les fonds indiciels qui présentent la plus grande sensibilité. Les pays qui ont tendance à s’appuyer davantage sur ces investisseurs sensibles au risque sont soumis à un durcissement des conditions financières lors des épisodes de tension sur les marchés mondiaux, ce qui peut engendrer des répercussions néfastes sur la stabilité macrofinancière.
Pour réduire la volatilité dans les flux d’investissements de portefeuille, les pays, et surtout ceux qui dépendent des investisseurs plus sensibles aux risques, doivent renforcer leurs fondamentaux macroéconomiques et la qualité de leurs institutions, constituer de solides réserves budgétaires et extérieures, et déployer une gestion volontariste des risques, comme le préconise le cadre stratégique intégré du FMI. La coopération internationale est essentielle pour remédier aux failles réglementaires, limiter la propagation des chocs et combler les lacunes en matière de données. L’expansion rapide des marchés du crédit privé et des cryptomonnaies stables dans les pays émergents appelle un suivi continu et proportionné.