Déclaration du Directeur général adjoint du FMI, Murilo Portugal, à la conclusion de sa visite au Burundi

Communiqué de presse no 07/84
Le 3 mai, 2007

M. Murilo Portugal, directeur général adjoint du Fonds monétaire international (FMI), a prononcé aujourd'hui, à Bujumbura, la déclaration suivante :

«Je suis heureux d'avoir eu l'occasion de venir au Burundi pour la première fois au nom du FMI et je tiens à remercier en particulier le Président Pierre Nkurunziza, le Deuxième Vice-Président Gabriel Ntisezerana, le Ministre des Finances Denise Sinankwa, le Gouverneur de la banque centrale Isaac Bizimana, et les autres hauts fonctionnaires burundais, pour leur hospitalité cordiale.

Je suis venu ici pour démontrer le fort engagement du FMI au Burundi, et pour entendre des autorités ce que le FMI peut faire pour mieux les assister dans leurs efforts pour améliorer le niveau de vie de la population. J'ai eu des réunions très fructueuses avec le Président Nkurunziza et de hauts fonctionnaires, des représentants de la société civile, le secteur privé et la communauté locale des donateurs sur les enjeux auxquels fait face le Burundi, alors qu'il émerge d'une période de conflits. J'ai aussi apprécié ma visite à l'école publique de Milango, qui a bénéficié de ressources dégagées par l'allégement de la dette au titre de l'initiative renforcée en faveur des pays pauvres très endettés (PPTE). Enfin, j'ai trouvé ma visite à l'entreprise de café SODECO à Buterere intéressante, et elle m'a aidé à comprendre l'importance du secteur café au Burundi.

J'ai félicité le Président Nkurunziza pour les bons progrès accomplis par le Burundi dans le redressement économique et le programme de réforme que le FMI soutient. Dans des conditions très difficiles, le gouvernement a maintenu une discipline budgétaire rigoureuse, qui est essentielle pour la stabilité macroéconomique. Les autorités ont libéralisé le commerce extérieur et le régime de change, ont renforcé la politique monétaire et la gestion des finances publiques, et ont commencé à réformer les secteurs productifs. Nous avons également discuté des enjeux politiques de gérer les arbitrages entre de fortes pressions pour des salaires plus élevés et l'assurance d'un espace suffisant pour le développement du secteur privé. Le Président m'a indiqué qu'il était résolu à renforcer la gouvernance et à poursuivre les réformes économiques qui sont nécessaires pour accélérer durablement une croissance économique tirée par le secteur privé, qui est essentielle pour réduire la pauvreté.

Lors des discussions, j'ai souligné que, bien que le Burundi soit sur la bonne voie, il lui reste beaucoup à faire pour atteindre les objectifs du Millénaire pour le développement. Il doit exécuter résolument les profondes réformes structurelles qui sont nécessaires pour relancer l'économie, y compris dans le secteur café. La privatisation, dans des délais appropriés, des vastes participations de l'État aidera à mettre en place des conditions propices à l'activité et à l'investissement du secteur privé. Nous avons également convenu que les dividendes de la paix pourraient être plus élevés sous réserve d'une reprise de la croissance, tirée par le secteur privé. Cette tâche ne revient pas seulement au gouvernement, mais aussi à l'ensemble des parties prenantes. Elle requiert un soutien fort de la communauté internationale.

Au FMI, nous sommes pleinement déterminés à travailler avec les autorités pour mettre en œuvre leur programme économique. À leur demande, nous avons aussi accru notre assistance technique, notamment à l'appui d'une meilleure gestion des finances publiques et de la réorganisation du secteur financier. De plus, j'ai souligné que le FMI invitera la communauté des bailleurs à accroître les flux d'aide, et de rendre ces flux plus prévisibles. Les autorités, quant à elles, ont accepté qu'un tel résultat requiert des efforts accrus de leur part en matière de réformes structurelles.

En conclusion, je suis impressionné par la détermination de la population de cette jeune démocratie et de ses dirigeants, qui mettent en œuvre avec succès une paix négociée dans des circonstances très difficiles. Le redressement économique pose des défis nombreux, mais la persévérance dans la mise en œuvre des réformes est porteuse d'une perspective d'un avenir brillant».



DÉPARTEMENT DE LA COMMUNICATION DU FMI

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