Bulletin du FMI : Une reprise mondiale lente mais régulière qui nécessite un soutien vigoureux des pouvoirs publics

le 24 juillet 2014

  • Le FMI prévoit une croissance économique mondiale de 3,4 % pour 2014, soit 0,3 point de moins que dans ses projections d’avril, et maintient ses prévisions de croissance à 4 % pour 2015
  • La révision à la baisse est due essentiellement à des facteurs ponctuels, mais aussi au ralentissement de la demande dans les pays émergents
  • Les risques immédiats ont trait aux tensions géopolitiques et au regain de volatilité des marchés financiers

Dans sa dernière Mise à jour des Perspectives de l’économie mondiale (PEM), le FMI explique que la reprise économique a continué mais à un rythme irrégulier et que des aléas négatifs subsistent. Les pouvoirs publics doivent poursuivre leurs efforts pour assurer une croissance plus vigoureuse.

Ouvrier du bâtiment à Mexico. La croissance économique devrait s’accélérer au Mexique, mais le retard de la reprise aux États-Unis et un fléchissement de l’activité dans le secteur du bâtiment ont amené à réviser à la baisse les prévisions pour 2014 (photo : Keith Dannemiller/Corbis).

Ouvrier du bâtiment à Mexico. La croissance économique devrait s’accélérer au Mexique, mais le retard de la reprise aux États-Unis et un fléchissement de l’activité dans le secteur du bâtiment ont amené à réviser à la baisse les prévisions pour 2014 (photo : Keith Dannemiller/Corbis).

PERSPECTIVES DE L’ÉCONOMIE MONDIALE

Le ralentissement de la croissance mondiale a été plus marqué que prévu au premier trimestre de 2014 en raison surtout de revers temporaires, notamment la forte correction de l’accumulation antérieure de stocks et les effets sur la demande d’un hiver particulièrement rude aux États-Unis.

Mais la croissance économique a aussi été décevante en Chine, où les autorités ont durci leur action pour freiner l’augmentation du crédit et l’activité sur le marché immobilier. La croissance a ralenti dans d’autres pays émergents en raison du fléchissement de la demande extérieure et aussi de l’augmentation moins rapide que prévu de l’investissement.

Selon les projections présentées dans la Mise à jour des PEM, la croissance mondiale va rebondir à mesure que les contraintes temporaires s’atténueront et que les mesures prises récemment pour soutenir la croissance commenceront à produire leurs effets. Ainsi, en Chine, des mesures limitées de stimulation de l’activité ont été prises pour soutenir la demande.

D’après les nouvelles projections, la croissance mondiale passera de 3,2 % en 2013 à 3,4 % en 2014 puis 4,0 % en 2015. Ces prévisions sont en retrait de 0,3 point pour 2014 par rapport à celles d’avril (voir le tableau), ce qui s’explique par les résultats effectifs enregistrés au premier trimestre et par le fléchissement de la demande intérieure des pays émergents. Pour 2015, les prévisions ne changent pas par rapport à avril, car le raffermissement de la croissance économique dans certains pays avancés devrait compenser son repli dans les pays émergents.

Pays avancés

Les projections font état d’une accélération de la croissance dans les pays avancés, qui passerait de 1,3 % en 2013 à 1,8 % en 2014 puis à 2,4 % en 2015.

• Aux États-Unis, l’activité a déjà commencé de rebondir, mais la reprise ne compensera qu’en partie les résultats du premier trimestre. La croissance devrait être en moyenne de 1,7 % en 2014 puis atteindre 3 % en 2015.

• En ce qui concerne la zone euro, les perspectives sont à peu près les mêmes que dans les PEM d’avril, mais les résultats resteront inégaux à l’échelle de la région. La persistance de difficultés financières et de bilan ainsi que le chômage élevé se traduiront par une croissance plus faible dans certains pays.

• Au Japon, la croissance économique devrait légèrement ralentir en 2015, en raison surtout du retrait prévu des mesures de relance budgétaire mises en place au début de l’année.

Pays émergents et pays en développement

Dans les pays émergents et les pays en développement, la croissance économique devrait fléchir pour s’établir à 4,6 % en 2014, contre 4,7 % en 2013, avant de s’accélérer et d’atteindre 5,2 % en 2015 grâce à la vigueur des exportations.

• En Chine, la croissance économique devrait s’établir à 7,4 % moyenne en 2014 sous l’effet des mesures prises récemment pour stimuler la demande intérieure. Elle descendra à 7,1 % en 2015 tandis que l’économie effectuera sa transition vers une trajectoire de croissance plus équilibrée.

• En Inde, l’investissement devrait s’accélérer peu à peu pendant le reste de l’année, ce qui compensera les résultats agricoles médiocres du premier trimestre.

• La croissance économique du Brésil devrait ralentir en 2014 avant de se redresser en 2015, l’investissement et la consommation continuant de pâtir du manque de confiance et du resserrement des conditions financières.

• Au Mexique, la croissance économique va s’accélérer en 2014–15, mais les prévisions pour 2014 sont moins optimistes que dans les PEM d’avril, ce qui s’explique par le retard de la reprise aux États-Unis et par le fléchissement de l’activité dans le secteur du bâtiment.

• En Russie, les tensions géopolitiques ont lourdement pesé sur la demande intérieure au premier trimestre de 2014. Les prévisions de croissance ont été revues à la baisse et l’activité devrait rester modérée en 2014–15.

• En Afrique du Sud, la croissance économique devrait rester faible compte tenu de la persistance de problèmes dans le secteur productif.

Aléas négatifs

Les aléas négatifs persistent. Les risques liés aux tensions géopolitiques se sont accentués : ceux qui concernent l’Ukraine restent d’actualité et de nouveaux risques sont apparus au Moyen-Orient.

La volatilité des marchés financiers pourrait s’aggraver sous l’effet de l’inversion des flux de capitaux et de l’augmentation des primes de risque provoquées par le désintérêt croissant des investisseurs ou une hausse plus forte que prévu des taux à long terme aux États-Unis.

Sur la liste des risques figure aussi une période prolongée de croissance inférieure à la normale en raison de l’insuffisance de la demande dans les pays avancés, ou des effets sur les pays émergents des conditions défavorables sur les marchés financiers. Certains pays pourraient aussi souffrir de la faiblesse persistance de l’investissement.

Conséquences pour l’action publique

Dans un grand nombre de pays, les pouvoirs publics doivent prendre des mesures pour rendre possible une reprise économique plus vigoureuse en renforçant la croissance effective et potentielle.

Pour les principaux pays avancés, le FMI estime que les politiques monétaires d’accompagnement devraient être maintenues et que la normalisation devrait s’opérer de façon progressive, à des rythmes différents selon les pays, à mesure que la lourdeur de la conjoncture s’atténue. L’ajustement budgétaire devrait tenir compte de la double nécessité de soutenir la croissance à court terme et à moyen terme. Les réformes de la réglementation financière devraient être menées à bien et des outils macroprudentiels devraient être élaborés et utilisés pour limiter les risques d’instabilité financière.

Les pays émergents et les pays en développement n’ont pas tous les mêmes priorités, mais beaucoup d’entre eux n’ont guère de marge de manœuvre pour relever la croissance si les aléas négatifs venaient à se concrétiser. Ces pays doivent limiter autant que possible les facteurs de vulnérabilité extérieure, notamment en laissant leur taux de change s’adapter aux chocs financiers externes. Certains doivent contenir les déséquilibres budgétaires et les tensions inflationnistes.

Enfin, beaucoup de pays avancés et de pays émergents et en développement doivent mettre en œuvre des réformes structurelles pour rehausser l’investissement et la croissance économique.

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