Le FMI conclut les consultations de 2009 au titre de l’article IV avec la Tunisie

Note d’information au public (NIP) n° 09/134 (F)
Le 14 décembre 2009

Les notes d'information au public (NIP) s’inscrivent dans le cadre des efforts que déploie le FMI pour promouvoir la transparence de ses prises de position et de son analyse de l’évolution et des politiques économiques. Les NIP sont diffusées avec le consentement des pays concernés, à l’issue de l’examen par le Conseil d’administration des rapports sur les consultations au titre de l’article IV avec les pays, de la surveillance de l’évolution économique à l’échelle régionale, du suivi post-programme et des évaluations ex post de la situation des pays membres où le FMI a appuyé des programmes sur une longue durée. Les NIP sont aussi diffusées à l’issue de l’examen des questions de politique générale par le Conseil d’administration, sauf si le Conseil en décide autrement.

Le 1er septembre 2009, le Conseil d’administration du Fonds monétaire international (FMI) a conclu les consultations au titre de l’article IV avec la Tunisie selon la procédure du défaut d'opposition1.

Informations générales

L’application de politiques économiques saines et de réformes structurelles soutenues par un élargissement de l’ouverture commerciale a permis à la Tunisie d’accélérer sa croissance ces dernières années et de renforcer ses bases pour faire face à la crise mondiale actuelle. La Tunisie a amélioré sa capacité de résistance aux chocs grâce à un endettement public et extérieur moins élevé et une position des réserves nettement améliorée. Tout en étant relativement protégée de la contagion financière internationale, la Tunisie est exposée à un ralentissement de l’activité chez ses partenaires, notamment européens.

Bien que touchée par la crise mondiale actuelle, la Tunisie en a relativement bien surmonté l’impact jusqu’à présent. La croissance du PIB réel a ralenti, s’établissant à 0,5 % au premier trimestre de 2009, contre 4,6 % en moyenne en 2008, à cause essentiellement d’un repli des exportations de produits manufacturés à destination des pays de l’UE. Ce recul a été en partie atténué par une forte activité dans les secteurs des industries extractives et de l’énergie, ainsi que pour certains services. L’investissement et une forte consommation alimentée par des hausses de salaire ont soutenu la demande. L’inflation est passée de 5 % en moyenne en 2008 à 3½ % (en glissement annuel) en juin 2009 sous l’effet de la chute des cours mondiaux des produits pétroliers et alimentaires et de l’application d’une politique monétaire appropriée.

Après s’être creusé en 2008, le déficit courant s’est contracté au premier trimestre de 2009 grâce à une baisse des prix des importations et à la vigueur des recettes touristiques et des transferts des travailleurs émigrés à l’étranger. Malgré un léger recul des apports d’investissement étranger au début de l’année, les réserves ont atteint 9 milliards de dollars à la fin de mai 2009 (5,6 mois d’importations selon les projections).

En 2008, le déficit budgétaire a reculé sensiblement pour se chiffrer à 1,2 % du PIB et le ratio dette publique/PIB a encore diminué, passant à 47½ %, contre 50 % en 2007. Les recettes ont été stimulées par le niveau soutenu des droits de douanes perçus sur des importations dont le prix était plus élevé, ainsi que par la bonne tenue du produit de l’impôt sur les sociétés appliqué aux bénéfices robustes de 2007. L’effet conjugué de la hausse des recettes et de la baisse des paiements d’intérêts a plus que compensé les dépassements de dépenses au titre des subventions aux produits pétroliers et alimentaires de base, imputables à la hausse des cours mondiaux.

La crise financière mondiale n’a pas touché directement les banques, car elles comptent peu sur le financement extérieur, et leur rentabilité s’est renforcée en 2008, ce qui a contribué au dynamisme du marché boursier. Le crédit à l’économie a encore augmenté au premier trimestre de 2009. Les indicateurs de solidité bancaire ont continué de s’améliorer en 2008, mais le volume des créances improductives demeure assez élevé.

Avec l’objectif d’atteindre une croissance du PIB réel de 3 % cette année, les autorités ont rapidement pris des mesures pour contenir l’impact de la crise mondiale, y compris le programme de relance budgétaire récemment adopté, équivalant à environ 1,4 % du PIB, et la politique monétaire plus accommodante de la Banque centrale de Tunisie (BCT) en 2009. Les perspectives à moyen terme sont favorables grâce à la reprise mondiale dont font état les projections.

Évaluation par le Conseil d’administration

Les administrateurs félicitent les autorités pour les bons résultats de l’économie tunisienne dans le contexte de la crise mondiale, attribués aux fondamentaux robustes découlant des politiques saines appliquées au fil des ans. Ils estiment que les perspectives de croissance sont favorables, mais que la Tunisie continue d’être aux prises avec des risques de dégradation de la situation liés à la transmission de la récession en Europe et au rythme auquel la relance budgétaire fera sentir ses effets, ainsi qu’aux défis posés par un taux de chômage toujours élevé.

Les administrateurs appuient la politique temporaire de relance budgétaire adoptée par les autorités pour atténuer les répercussions de la crise mondiale et recommandent, pour des raisons d’efficacité, de la mettre en œuvre rapidement et de bien cibler les dépenses. Ils encouragent les autorités à envisager la possibilité de prolonger cette relance en 2010, les perspectives anticipées dans les pays partenaires demeurant fragiles.

Les administrateurs saluent la détermination des autorités de reprendre l’assainissement des finances publiques une fois que la croissance se raffermira et de replacer le ratio dette publique/PIB sur une trajectoire décroissante. Ils notent qu’il serait capital à cet égard de réduire les subventions, en continuant de mettre efficacement en œuvre le nouveau mécanisme d’ajustement des prix des produits pétroliers et en ciblant mieux les mesures d’aide aux couches pauvres de la population. Ils favorisent également le lancement en temps voulu d’une réforme des retraites pour éviter d’alourdir ultérieurement le budget.

Les administrateurs estiment que l’orientation donnée par la BCT à la politique monétaire est appropriée, avec le desserrement prudent en 2009 pour accommoder un soutien de la demande. Ils recommandent de coordonner étroitement la politique monétaire avec la politique budgétaire et d’envisager progressivement tout nouveau desserrement, en tenant compte d’un éventuel retour des tensions inflationnistes et des risques de dégradation des indicateurs prudentiels du système bancaire. Ils encouragent les autorités à continuer d’assembler les éléments constitutifs du cadre prévu de ciblage de l’inflation.

Les administrateurs notent que le taux de change demeure dans l’ensemble aligné sur ses fondamentaux et que les politiques des autorités sont compatibles avec la stabilité extérieure. Ils encouragent les autorités à continuer d’ancrer la politique de change sur leur objectif à moyen terme de taux de change flottant librement.

Les administrateurs constatent que les indicateurs prudentiels du secteur bancaire ont continué de s’améliorer, mais que le volume des créances improductives demeure assez élevé. S’ils félicitent les autorités d’appliquer des règlements empêchant l’apparition de nouvelles créances improductives, ils les encouragent à déployer des efforts résolus pour réduire le stock de ces créances afin de renforcer davantage la solidité du système bancaire, compte tenu en particulier de l’ouverture progressive du compte de capital. Ils recommandent de continuer d’assurer un suivi étroit des banques et soutiennent les projets des autorités de continuer de rehausser la qualité des services bancaires.

Les administrateurs recommandent de continuer d’adapter les cadres réglementaires et de contrôle à l’évolution du secteur financier. Ils préconisent d’aborder le contrôle bancaire dans une optique plus prospective, notamment dans la perspective de Bâle II. Ils jugent nécessaire de procéder à des tests de résistance systématiques et complets pour mieux évaluer les facteurs de vulnérabilité potentiels du système bancaire et préparer les plans d’action de précaution appropriés.

Tunisie : Principaux indicateurs économiques et financiers, 2004–10

 

(Quote-part : 286,5 millions de DTS)

(Population : 10,3 million; 2008)

(PIB par habitant : 3.632 dollars; 2008)

(Poverty rate: 3.8 percent; 2005)

(Principales exportations : produits électroniques et mécaniques, textiles, produits énergétiques, tourisme; 2008)

 

2004

2005

2006

2007

2008

2009

2010

         

Prél.

Proj.

Proj.

 

Production et prix

             

PIB réel (prix de marché)

6.0

4.1

5.3

6.3

4.6

3.0

4.0

Prix à la consommation (fin de période)

1.2

3.7

3.3

5.3

4.1

3.5

3.4

Prix à la consommation (moyenne de la période)

3.6

2.0

4.5

3.1

5.0

3.5

3.4

Investissement et épargne

             

Formation brute de capital

24.5

22.3

24.6

25.7

27.5

25.7

26.6

Dont : hors administrations publiques 1/

17.5

15.9

18.4

19.8

21.1

18.4

19.2

Épargne nationale brute

21.8

21.3

22.6

23.2

23.3

22.5

24.0

Dont : hors administrations publiques 1/

17.3

18.0

19.6

20.3

17.9

19.0

20.4

Finances publiques 2/

             

Recettes, hors dons et privatisation

23.8

23.6

23.4

23.8

26.2

23.7

23.3

Dépenses et prêts nets

26.6

26.8

26.5

26.7

27.3

27.5

27.0

Solde budgétaire, hors dons et privatisation

-2.8

-3.2

-3.0

-2.9

-1.2

-3.8

-3.8

Solde primaire, hors dons et privatisation

0.0

-0.4

-0.3

-0.3

1.1

-1.4

-1.5

Total de la dette publique

59.4

58.1

53.7

50.0

47.5

48.7

49.0

   

(Variation annuelle en %, sauf indication contraire)

Secteur monétaire

             

Crédit à l'économie

5.3

6.3

6.6

9.7

13.5

8.0

Monnaie centrale

12.2

21.9

17.6

15.3

18.3

21.7

Monnaie au sens large

10.3

11.0

11.4

12.5

14.4

10.9

Vitesse de circulation de la monnaie au sens large

1.6

1.6

1.6

1.5

1.5

1.4

Taux des bons du Trésor à 3 mois (moyenne période,

             

en %) 3/

5.1

5.1

5.1

5.1

5.1

4.0

   

(En % du PIB, sauf indication contraire)

Secteur extérieur

             

Exportations de biens (en dollars, variation en pourcentage)

20.7

9.8

9.9

29.6

26.6

-21.5

5.8

Importations de biens (en dollars, variation en pourcentage)

18.3

3.4

12.8

26.9

28.7

-21.4

8.2

Balance commerciale des marchandises

-8.8

-6.7

-8.1

-8.1

-9.8

-8.2

-9.3

Solde courant, transferts officiels exclus

-2.7

-1.0

-2.0

-2.5

-4.2

-3.3

-2.6

Solde courant, transferts officiels inclus

-2.3

-0.6

-1.5

-2.2

-4.0

-3.0

-2.3

Investissement direct étranger 4

2.1

2.2

3.2

6.0

5.3

3.1

3.2

Total de la dette extérieure 5/

66.5

65.3

58.1

53.9

53.7

52.5

52.3

Réserves brutes (en milliards de dollars) 6/

4.0

4.4

6.8

7.9

9.0

9.7

11.0

En mois d'importations de biens et de services

3.1

3.3

4.0

3.6

4.9

5.1

5.5

En % de la dette extérieure à court terme

             

(base échéance restante)

82.2

88.3

136.7

146.4

150.3

171.2

173.7

Pour mémoire :

             

PIB nominal (en milliards de dollars)

29.3

27.7

31.9

37.4

38.4

39.0

40.5

Taux de chômage (en %)

13.9

14.2

14.3

14.1

14.2

Importations nettes de produits pétroliers (en millions

             

de dollars)

399.0

393.4

632.1

-106.3

676.8

-157.5

-354.1

Termes de l'échange (détérioration -)

 

-2.3

-3.6

-1.9

1.0

3.9

-2.1

Monnaie locale pour 1 dollar (moyenne de la période)

1.2

1.3

1.3

1.3

1.2

Taux de change effectif réel (moyenne annuelle,

             

variation en %)

-3.5

-4.6

-0.8

-2.8

-0.9

Indice boursier 7/

1,331.8

1,615.1

2,331.1

2,614.1

2,892.4

3,589.4

 

Sources : autorités tunisiennes et estimations des services du FMI.

 

 

 

 

 

 

1/ Comprend les entreprises publiques.

             

2/ L’exercice correspond à l’année civile.

             

3/ En 2009, moyenne pour mars.

             

4/ Hors recettes de privatisation.

             

5/ Comprend les dépôts bancaires des non-résidents (la plupart à long terme) estimés à 7,7 % du PIB en 2008.

   

6/ Comprend les recettes de privatisation, qui étaient d’environ 2,2 milliards de dollars en 2006 et, en moyenne, de 0,1 milliard en 2005

et en 2007–08.

             

7/ TUNINDEX (1000=1/4/1998). Les données de 2009 sont au 13 juillet 2009.

         

1 Conformément aux dispositions de ses Statuts, le FMI procède, habituellement chaque année, à des consultations bilatérales avec ses membres. Une mission des services du FMI se rend dans le pays, recueille des renseignements économiques et financiers, et s'entretient avec les responsables nationaux de l'évolution et des politiques économiques du pays. De retour au siège, les membres de la mission rédigent un rapport qui est soumis à l'examen du Conseil d'administration. À l'issue de cet examen, le Directeur général, en qualité de Président du Conseil d'administration, résume les opinions des administrateurs, et ce résumé est communiqué aux autorités du pays. Les consultations de cette année ont été conclues selon la procédure du défaut d'opposition. En vertu de cette procédure, les consultations au titre de l'article IV sont achevées par le Conseil sans faire l’objet de discussions officielles.



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