Le FMI conclut les consultations de 2008 au titre de l'article IV avec l'Algérie

Note d'information au public (NIP) n° 09/25 (F)
le 27 février 2009

Les notes d'information au public (NIP) s'inscrivent dans le cadre des efforts que déploie le FMI pour promouvoir la transparence de ses prises de position et de son analyse de l'évolution et des politiques économiques. Les NIP sont diffusées avec le consentement des pays concernés, à l'issue de l'examen par le Conseil d'administration des rapports sur les consultations au titre de l'article IV avec les pays, de la surveillance de l'évolution économique à l'échelle régionale, du suivi post-programme et des évaluations ex post de la situation des pays membres où le FMI a appuyé des programmes sur une longue durée. Les NIP sont aussi diffusées à l'issue de l'examen des questions de politique générale par le Conseil d'administration, sauf si le Conseil en décide autrement.

Le Conseil d'administration du Fonds monétaire international (FMI) a conclu, le 21 janvier 2009, les consultations au titre de l'article IV avec l'Algérie1.

Informations générales

L'Algérie a bénéficié de plusieurs années d'expansion économique soutenue, mais reste confrontée à des défis majeurs. La croissance hors secteur des hydrocarbures est forte, l'inflation faible et les positions budgétaire et extérieure sont solides grâce aux prix élevés des hydrocarbures. La dette extérieure a été presque totalement résorbée, et l'État a accumulé une épargne considérable dans le Fonds de régulation des recettes (FRR). Cependant, le chômage des jeunes reste considérable, l'économie est fortement tributaire des exportations d'hydrocarbures, le secteur privé hors hydrocarbures est orienté principalement vers le marché intérieur et le pays a pris du retard, par rapport à ses partenaires commerciaux, sur le plan de la productivité et du climat de l'investissement. La crise financière mondiale et la baisse des prix du pétrole mettent en lumière l'urgente nécessité d'accélérer les réformes structurelles afin de diversifier l'économie tout en assurant une croissance hors hydrocarbures soutenue et en favorisant la création d'emplois.

Les résultats économiques sont restés relativement favorables en 2008. La croissance du secteur hors hydrocarbures, qui représente 55 % du PIB total, a été probablement de l'ordre de 6 %, car l'important programme d'investissements publics (PIP) a continué de soutenir l'activité dans les services et la construction. Selon les projections, la croissance globale devrait être inférieure à 3 % car les exportations d'hydrocarbures sont restées faibles. L'inflation est l'une des plus faibles de la région. Stimulées par la hausse des prix pétroliers jusqu'au milieu de 2008, les réserves internationales s'établissaient à 135 milliards de dollars en octobre (2 ½ ans d'importations). La politique budgétaire a été expansionniste, mais les recettes considérables tirées des hydrocarbures se sont traduites par un excédent budgétaire global de 8 % du PIB. Un surcroît d'épargne a été accumulé dans le FRR, dont les avoirs ont atteint 37 % du PIB. Le taux de change effectif réel est resté proche de son niveau d'équilibre.

Les perspectives restent encourageantes en dépit d'une conjoncture internationale difficile, mais les risques à moyen terme pourraient prendre de l'ampleur. L'Algérie semble à l'abri d'une contagion financière directe, étant donné la prééminence du secteur financier public, l'endettement extérieur minime du pays et la gestion prudente des réserves internationales. La croissance du PIB hors hydrocarbures devrait avoisiner 6 % en 2009, à condition que l'État et la Sonatrach (société nationale d'hydrocarbures) utilisent leur épargne pour continuer de financer des programmes d'investissement importants. Tenant compte du ralentissement de la croissance en Europe, les services du FMI projettent une baisse du volume des exportations d'hydrocarbures qui ramènerait la croissance globale à 2 ½ %. L'inflation resterait inférieure à 4 %. La forte chute des prix pétroliers et les importations considérables liées au PIP et aux investissements de la Sonatrach transformeraient l'excédent extérieur courant de 20 % du PIB en 2008 en un déficit de 3 % en 2009, mais la couverture assurée par les réserves demeurerait supérieure à 2 ans d'importations. Le risque le plus important, à moyen terme, serait que les prix internationaux du pétrole restent durablement bas, car cela fragiliserait notablement les positions extérieure et budgétaire, obligerait à freiner le PIP et les autres investissements et ralentirait la croissance.

Des progrès ont été accomplis dans les réformes structurelles, mais le climat des affaires doit être amélioré. Les autorités ont lancé diverses initiatives - affectation de crédits budgétaires aux fonds propres des banques publiques, engagement d'une restructuration financière des entreprises publiques - pour augmenter la capacité de prêt du système. La syndication des prêts et les techniques de financement de projets ont été utilisées pour les grands investissements, de même que la poursuite des émissions obligataires par les entreprises. Des obligations publiques à échéance plus longue ont été introduites à la bourse des valeurs mobilières d'Alger pour améliorer la diffusion des prix. La centrale des risques de l'institut d'émission est en train d'être élargie aux prêts aux particuliers, et des efforts sont en cours pour intégrer davantage l'Algérie à l'économie régionale et mondiale. Cependant, ces réformes n'ont pas encore permis d'améliorer la perception du climat des affaires en Algérie, qui continue d'être moins bien classée dans ce domaine que la plupart de ses concurrents régionaux.

Évaluation par le Conseil d'administration

Les administrateurs souscrivent aux grandes lignes de l'appréciation des services du FMI. Ils se réjouissent des très bons résultats enregistrés par l'économie algérienne, qui a connu ces dernières années une croissance hors hydrocarbures solide et une faible inflation. Ils félicitent en particulier les autorités pour l'orientation judicieuse donnée à la politique conduite, qui leur a permis d'accumuler des montants considérables de réserves extérieures et dans le Fonds de régulation des recettes.

Les administrateurs observent que la priorité immédiate est d'apporter une réponse adéquate à la crise mondiale. Ils notent que le système économique et financier algérien est relativement protégé des turbulences financières mondiales. Cependant, si la chute brutale des prix du pétrole se prolonge, elle transformera les excédents extérieur et budgétaire en déficits et, conjuguée à une récession prolongée des principaux partenaires commerciaux du pays, pourrait finalement peser sur la croissance. L'Algérie doit encore relever d'importants défis à moyen terme. Des efforts considérables s'imposent pour diversifier l'économie et la rendre moins dépendante des hydrocarbures, améliorer la productivité et le climat des affaires (deux domaines dans lesquels le pays est en retard par rapport à ses partenaires commerciaux) et abaisser le taux de chômage élevé des jeunes.

Les administrateurs appuient la décision des autorités consistant à maintenir les dépenses publiques à un niveau élevé à court terme pour soutenir la croissance et amortir l'impact de la contraction de l'économie mondiale. Ils observent que la poursuite de la mise en œuvre du PIP permettrait d'améliorer les infrastructures, de valoriser les ressources humaines et de faire reculer le chômage. Les administrateurs notent aussi que des déficits budgétaires importants peuvent être couverts, à court terme, par l'épargne considérable qu'une politique financière prudente a permis d'accumuler ces dernières années.

Les administrateurs se félicitent de l'engagement des autorités à préserver la compétitivité et la viabilité à long terme des finances publiques en contenant les dépenses courantes, et en particulier la masse salariale et les subventions. Dans cette optique, ils appuient les plans visant à lier les futures hausses de salaires aux gains de productivité et aux résultats de croissance. Les administrateurs insistent sur la nécessité de continuer à assurer la qualité et l'efficience des dépenses publiques, améliorer le recouvrement des impôts hors hydrocarbures, moderniser le processus budgétaire et renforcer la gouvernance des finances publiques. Ils se félicitent aussi que les autorités soient prêtes à préciser davantage les priorités du PIP et résolues à contenir les dépenses publiques et à renforcer les recettes hors hydrocarbures si le risque que les prix pétroliers restent durablement bas se concrétise.

Les administrateurs saluent la politique monétaire prudente menée par les autorités, qui a permis d'absorber l'excédent de liquidité structurel du système bancaire et de garder la maîtrise de l'inflation. Ils considèrent qu'il existe une marge de manœuvre pour abaisser les taux d'intérêt, si nécessaire, afin de soutenir la demande intérieure.

Les administrateurs estiment que la politique de change conduite par l'Algérie est compatible avec la stabilité externe. Ils souscrivent dans l'ensemble à l'évaluation des services du FMI selon laquelle le taux de change est globalement aligné sur les paramètres économiques fondamentaux, tout en notant que cette évaluation est sensible à la volatilité des prix du pétrole. Les administrateurs estiment que l'amélioration indispensable de la compétitivité extérieure passe par un approfondissement des réformes structurelles.

Les administrateurs considèrent que la réforme du secteur financier est essentielle pour améliorer la productivité, diversifier l'économie et étayer la croissance hors hydrocarbures. Ils observent que le secteur bancaire a bien résisté à la crise financière mondiale, et notent qu'il importe de poursuivre la mise en œuvre des recommandations du PESF 2008 mis à jour. Il faut continuer, en particulier, à renforcer le contrôle et la réglementation du secteur bancaire, désengager l'État du secteur bancaire, améliorer l'environnement opérationnel de l'intermédiation financière et encourager le financement non bancaire.


Principaux indicateurs économiques

 
        Prél. Proj.
2004 2005 2006 2007 2008
 
(variation annuelle en pourcentage, sauf indication contraire)

Économie intérieure

         

PIB réel

5.2 5.1 2.0 3.0 3.0

Secteur des hydrocarbures

3.3 5.8 -2.5 -0.9 -0.6

Autres secteurs

6.2 4.7 5.6 6.3 5.8

Indice des prix à la consommation (moyenne)

3.6 1.6 2.5 3.5 3.9

Épargne nationale brute (pourcentage du PIB)

46.2 51.8 54.9 57.2 55.5

Investissement national brut (pourcentage du PIB)

33.2 31.2 29.7 34.6 35.2
(en milliards de dollars, sauf indication contraire)

Secteur extérieur

         

Exportations, f. à b.

32.2 46.3 54.7 60.6 78.2

Importations, f. à b.

18.0 19.9 20.7 26.4 36.3

Compte courant (pourcentage du PIB)

13.1 20.6 25.2 22.6 20.2

Réserves officielles brutes

43.1 56.2 77.8 110.2 138.9

Idem, en mois d'importations de l'année suivante

21.0 26.5 28.0 27.4 31.0

Dette extérieure (pourcentage du PIB)

25.6 16.7 4.8 3.8 3.0

Ratio du service de la dette (pourcentage des exportations)

17.6 12.5 23.8 2.4 1.7

Termes de l'échange (détérioration -) (variat. annuelle en %)

15.5 33.0 12.4 1.0 15.2

Taux de change effectif réel (dépréciation -)

         

(variation annuelle en pourcentage) 1/

0.6 -4.0 0.0 -1.0 -1.2
(en pourcentage du PIB)

Situation financière de l'administration centrale

         

Recettes totales

36.1 40.9 43.0 39.6 45.0

Dépense totales et prêts nets

29.2 29.0 29.4 35.1 36.7

Solde budgétaire global (déficit-)

6.9 11.9 13.6 4.5 8.2
(variation annuelle en pourcentage, sauf indication contraire)

Monnaie et crédit

         

Avoirs extérieurs nets

33.1 34.0 31.9 34.5 19.6

Crédit intérieur

-8.6 -17.8 -5.9 -11.9 -17.0

Crédit à l'État (net)

-13.2 -24.4 -8.9 -18.0 -23.0

Crédit à l'économie

11.2 15.9 7.1 15.7 16.1

Masse monétaire au sens large

11.5 11.1 18.6 24.2 13.2

Taux d'intérêt (taux d'escompte de la banque centrale, en %)

4.0 4.0 4.0 4.0 4.0
 

Sources: Autorités algériennes; estimations et projections des services du FMI.

1/ Pour 2008, chiffres au mois de septembre.


1 Conformément aux dispositions de l'article IV de ses Statuts, le FMI procède, habituellement chaque année, à des consultations bilatérales avec ses membres. Une mission des services du FMI se rend dans le pays, recueille des renseignements économiques et financiers, et s'entretient avec les responsables nationaux de l'évolution et des politiques économiques du pays. De retour au siège, les membres de la mission rédigent un rapport qui est soumis à l'examen du Conseil d'administration. À l'issue de cet examen, le Directeur général, en qualité de Président du Conseil d'administration, résume les opinions des administrateurs, et ce résumé est communiqué aux autorités du pays.



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