Le FMI conclut les consultations de 2010 au titre de l’article IV avec la République du Congo

Note d’information au public no 11/13
Le 1er février 2011

Les notes d'information au public (NIP) s’inscrivent dans le cadre des efforts que déploie le FMI pour promouvoir la transparence de ses prises de position et de son analyse de l’évolution et des politiques économiques. Les NIP sont diffusées avec le consentement des pays concernés, à l’issue de l’examen par le Conseil d’administration des rapports sur les consultations au titre de l’article IV avec les pays, de la surveillance de l’évolution économique à l’échelle régionale, du suivi post-programme et des évaluations ex post de la situation des pays membres qui ont mis en œuvre des programmes appuyés par le FMI sur une longue durée. Les NIP sont aussi diffusées à l’issue de l’examen des questions de politique générale par le Conseil d’administration, sauf si le Conseil en décide autrement.

Le 19 janvier 2011, le Conseil d’administration du Fonds monétaire international (FMI) a conclu les consultations au titre de l’article IV avec la République du Congo1.

Informations générales

L’activité économique est demeurée robuste pendant toute la durée de la crise mondiale et paraît s’affermir encore. En dépit de la dégradation marquée des termes de l’échange en 2009, l’activité économique réelle a connu une expansion de 7½ % sous l’effet de la hausse de la production pétrolière et de l’activité soutenue dans d’autres secteurs : BTP, télécommunications et transports. L’inflation est descendue au-dessous du critère de convergence de la Communauté Economique et Monétaire des Etats d’Afrique Centrale (CEMAC) de 3 %, du fait de la baisse des prix des produits alimentaires et des combustibles au cours de l’année 2009 et de la vigueur de l’euro, auquel le franc CFA est rattaché. Les indicateurs dénotent une accélération de l’activité en 2010, accompagnée d’une légère hausse de l’inflation due au resserrement des goulets d’étranglement dans les transports.

En 2010, la situation extérieure s’est sensiblement améliorée, car les excédents budgétaires ont permis un accroissement des avoirs extérieurs officiels tandis que l’allégement de la dette au titre de l’Initiative PPTE (Initiative en faveur des pays pauvres très endettés) a considérablement réduit les engagements extérieurs. Du fait du redressement des cours pétroliers et de la hausse de la production pétrolière, le solde des transactions courantes est devenu excédentaire, tandis que le taux de change effectif réel est remonté au deuxième semestre car l’euro s’est affermi face au dollar EU.

Entre la fin de 2008 et la fin juin 2010, le rééquilibrage budgétaire a progressé relativement plus vite que prévu lors des dernières consultations au titre de l’article IV, grâce à l’intensification des efforts visant à accroître les recettes non pétrolières et à réduire les dépenses courantes. De ce fait, le déficit primaire non pétrolier de base a baissé de 8½ points de pourcentage du PIB non pétrolier en 2009. Le rééquilibrage s’est poursuivi au premier semestre de 2010, car les recettes ont dépassé les objectifs et la sous-exécution des projets d’investissement a plus que compensé l’augmentation des dépenses courantes.

Le système financier, sous-développé dans sa structure, a été épargné par la tourmente financière mondiale et semble solide dans l’ensemble. Bien que le marché intérieur dispose d’amples liquidités, le crédit à l’économie reste faible, aux environs de 4 % du PIB.

Pour l’avenir, le pétrole étant supposé atteindre son plus haut en 2011, on s’attend à une accélération de l’activité non pétrolière à moyen terme : partant d’un faible niveau, elle devrait être à deux chiffres grâce aux investissements publics dans les infrastructures de base qui remédieront aux goulets d’étranglement dans les secteurs des transports et de l’énergie. L’inflation devrait demeurer élevée à court terme, les capacités ferroviaires limitées étant mises à rude épreuve par la hausse de la demande intérieure, mais elle devrait ralentir par la suite lorsque les infrastructures de transports auront été achevées. Le solde des transactions courantes devrait rester excédentaire, mais s’amenuiserait à terme en raison de la diminution des exportations pétrolières, tandis que le ratio de la dette extérieure nette baisserait sensiblement du fait de l’accumulation des avoirs extérieurs bruts. Les risques baissiers sont la volatilité des cours du pétrole et les incertitudes quant à l’efficacité avec laquelle les investissements publics produiront une accélération de la croissance à l’avenir; en revanche, la possibilité de nouvelles découvertes de pétrole représente un risque haussier.

Évaluation par le Conseil d'administration

Les administrateurs félicitent les autorités congolaises pour avoir continué à mettre en œuvre de façon satisfaisante leur programme soutenu par la Facilité Elargie de Crédit (FEC). Du fait de l’application systématique de politiques prudentes, la stabilité macroéconomique est maintenant bien établie et la situation extérieure s’est nettement améliorée, tandis que les réformes structurelles ont avancé. Les administrateurs notent que les perspectives économiques à moyen terme du Congo sont favorables, pourvu que les investissements publics et les mesures visant à améliorer le climat des affaires réussissent à accélérer la croissance des secteurs non pétroliers. Il reste de gros obstacles à surmonter et des efforts vigoureux continueront à être nécessaires pour accroître la participation du secteur privé à l’activité économique et accélérer la réduction de la pauvreté.

Les administrateurs félicitent les autorités du considérable rééquilibrage budgétaire réalisé depuis l’approbation du programme en décembre 2008, qui procure la marge de manœuvre fort nécessaire pour financer les dépenses en infrastructures. Dans le même temps, ils les mettent en garde contre les tensions grandissantes sur les dépenses courantes et les appellent à trouver le bon équilibre entre l’accroissement des dépenses d’équipement, la viabilité budgétaire à long terme et le souci d’accroître l’efficacité et le niveau des dépenses sociales prioritaires. Les administrateurs soulignent qu’il est important de poursuivre les efforts de rééquilibrage pour assurer la viabilité budgétaire, notamment en prenant des mesures pour accroître les recettes non pétrolières, en restreignant les dépenses non prioritaires, en améliorant l’efficacité des dépenses au moyen de contrôles de qualité plus stricts et en continuant à renforcer la gestion de la richesse pétrolière, y compris par une accélération des progrès vers la conformité totale avec l’Initiative pour la transparence des industries extractives.

Les administrateurs soulignent l’importance d’une ferme gestion des finances publiques pour la bonne exécution du programme budgétaire gouvernemental de 2011. Ils estiment qu’il existe de nombreuses possibilités d’améliorer le contrôle du budget et renforcer la gestion de trésorerie et la comptabilisation des opérations budgétaires. Ils engagent les autorités à travailler en étroite coopération avec les partenaires au développement pour activer les mécanismes mis en place au cours du processus PPTE afin de renforcer la gestion des investissements publics, en particulier la hiérarchisation, l’évaluation et le suivi des projets.

Les administrateurs s’accordent sur l’idée que la promotion de l’initiative privée est essentielle pour réduire la dépendance à l’égard du pétrole et assurer une croissance soutenue capable de faire reculer la pauvreté. En complément de l’accroissement des investissements publics, ils encouragent les autorités à prendre rapidement des mesures pour améliorer le climat des affaires en appliquant sans tarder les dispositions clés du plan d’action récemment adopté. Ces efforts doivent être appuyés par des mesures visant à accroître l’accès du secteur privé au crédit, à développer l’intermédiation financière, et à améliorer les résultats opérationnels et financiers des entreprises publiques.


République du Congo : Principaux indicateurs économiques et financiers, 2007–10
 
  2007 2008 2009 2010

 

  Est.  Prél.  Prog.1 Prog. rév
 
  (Variation annuelle en pourcentage)

Production et prix

         

PIB en prix constant

-1,6 5,6 7,5 12,1 9,1

   Pétrolier

-17,2 6,1 16,2 25,3 14,7

   Non pétrolier

6,6 5,4 3,9 6,0 6,5

PIB aux prix courants

-9,4 32,0 -14,3 36,8 27,4

Déflateur du PIB

-7,9 25,0 -20,3 22,0 16,7

Prix à la consommation (moyenne de la période)

2,6 6,0 4,3 4,0 5,3

Prix à la consommation (en fin de période)

-1,7 11,4 2,5 3,0 5,8
           
  (en pourcentage du PIB)

Solde des transactions courantes2

-25,9 0,6 -8,7 2,4 2,7

Dette extérieure publique (en fin de période)

112,7 51,5 50,0 19,9 12,5
 
  (en pourcentage du PIB non pétrolier)

Finances de l’administration centrale

         

Recettes et dons

113,5 160,4 78,3 141,2 127,6

   Recettes pétrolières

92,3 136,0 54,8 116,0 101,9

   Recettes non pétrolières et dons

21,2 20,8 21,9 22,4 24,3

Total des dépenses

86,3 80,7 65,3 66,2 62,9

   Courantes

56,3 50,4 36,8 31,4 33,7

   Capital (et prêts nets)

30,0 30,3 28,5 34,8 29,2

Solde global (déficit -, base engagements)3

27,1 79,8 13,0 75,0 64,8

Solde budgétaire primaire de base (déficit -)4

36,6 91,5 18,8 82,2 67,2

   dont : solde budgétaire primaire de base non pétrolier ( - = déficit)

-55,7 -44,3 -36,0 -33,8 -34,7
   
  (en pourcentage du total des recettes publiques hors dons)

Service de la dette extérieure publique (après allègement)5

20,6 8,3 3,9 2,8 2,8

Dette extérieure publique (après allègement) 5

264,1 110,5 171,2 42,5 29,6
   
  (en milliards de francs CFA, sauf indication contraire)

Réserves de change officielles brutes

983 1.825 1.740 3.619 2.494

PIB nominal

3.664 5.279 4.523 5.616 5.761

PIB nominal non pétrolier

1.392 1.557 1.705 1.885 1.914

Cours mondiaux du pétrole (dollars EU/baril)

71 97 62 77 76

Production pétrolière (millions de barils)

82 87 101 128 115

Taux de change nominal (franc CFA/$EU, moyenne de la période)

479 446 471 466
 

Sources : autorités congolaises et estimations et projections des services du FMI.

1 Rapport du FMI no 10/54.

2 Transferts publics inclus.

3 Dons inclus.

4 Recettes primaires (hors revenus d’intérêts et dons) moins dépenses courantes hors intérêts, moins dépenses d’équipement financés sur ressources intérieures et prêts nets.

5 Le point d’achèvement au titre de l’initiative PPTE a été atteint en janvier 2010. En mars 2010, le Club de Paris a accordé une remise de 100 % de la dette.


1 Conformément aux dispositions de l’article IV de ses Statuts, le FMI procède, en général tous les ans, à des consultations bilatérales avec ses membres. Une mission des services du FMI se rend dans le pays, recueille des données économiques et financières, et s’entretient avec les responsables nationaux de l’évolution et des politiques économiques du pays. De retour au siège, les membres de la mission rédigent un rapport qui est soumis à l’examen du Conseil d’administration. À l’issue de cet examen, le Directeur général, en qualité de Président du Conseil d’administration, résume les opinions des administrateurs et ce résumé est communiqué aux autorités du pays. On trouvera une explication des termes convenus utilisés communément dans les résumés du Conseil d'administration à l’adresse suivante : http://www.imf.org/external/np/sec/misc/qualifiersf.htm.



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