Communiqué de presse de la mission du FMI en Côte d'Ivoire

Communiqué de presse no 07/278
Abidjan, le 27 novembre 2007

« Une mission du FMI dirigée par Mr. Arend Kouwenaar a séjourné à Abidjan du 12 au 26 novembre 2007. Elle a également visité Yamoussoukro, ainsi que Bouaké et Korhogo et d'autres villes dans les zones Centre-Nord-Ouest. Le but de la mission était d'évaluer avec les autorités les progrès qui ont été réalisés dans la mise en œuvre de leur programme pour 2007 qui est appuyé par l'Assistance d'Urgence Post Conflit (AUPC) du FMI. Le but était également de discuter les politiques économiques pour 2008 qui pourraient être appuyées par une assistance additionnelle AUPC. Des membres des missions de la Banque Mondiale et de la Banque Africaine de Développement ont participé aux discussions. La mission a également rencontré des représentants de la société civile, du secteur privé, et de la communauté internationale.

« La croissance du PIB devrait atteindre 1,7 % en 2007 du fait d'un début de reprise dans un certain nombre de secteurs et des investissements privés qui se sont remis à croitre pour la première fois en termes réels depuis 1999. La hausse des prix à la consommation est restée aux alentours de 2.5 % par an. Toutefois le prix de certains produits de base, notamment le riz, le lait, et la farine, ont récemment subi des augmentations importantes causées par la flambée des prix alimentaires mondiaux.

« Bien que le contexte politique et social reste difficile, le Gouvernement a mis en œuvre l'essentiel des mesures prévues dans le cadre du programme pour 2007 appuyé par l'AUPC. Les recettes budgétaires ont été satisfaisantes grâce à la bonne tenue des recettes de TVA et de l'impôt sur les sociétés qui a compensé une moins value au niveau des taxes sur les produits pétroliers. Le Gouvernement a notamment entamé le retour aux procédures normales d'exécution budgétaire et la communication régulière des flux physiques et financiers dans les secteurs clés du café-cacao et de l'énergie, ce qui a contribué à accroître la transparence et la bonne gouvernance. Il a d'autre part confirmé son engagement à adhérer à l'Initiative pour la Transparence des Industries Extractives et des audits des sous-secteurs de l'extraction de pétrole et gaz, du raffinage et de l'électricité sont en train d'être finalisés. En outre, des efforts considérables ont été fournis pour normaliser les relations financières avec les institutions financières multilatérales. Depuis juillet 2007, le pays est à jour dans ses obligations courantes vis-à-vis de la Banque Mondiale et de la Banque Africaine de Développement. L'apurement des arriérés envers ces deux institutions est attendu pour janvier 2008 et avril 2008, respectivement.

« La mission a constaté que globalement l'enveloppe des dépenses a été respectée. Elle a toutefois exprimé son inquiétude quant à la composition des dépenses budgétaires en 2007, notamment les dépassements des dépenses des « institutions » (y compris leur dépenses salariales et de souveraineté) et des « primes de front ». Elle a noté que la part des dépenses de sortie de crise et d'investissement est restée en deçà de ce qui avait été prévu sous le programme AUPC. Elle a discuté avec le Gouvernement des mesures correctives visant à se rapprocher le plus possible des objectifs initiaux du programme en matière budgétaire.

« Le Gouvernement et la mission sont parvenus à un accord, ad référendum, sur les grandes lignes d'un programme pour 2008 qui pourrait être soutenu par une assistance additionnelle AUPC. Après finalisation, le programme sera soumis à la revue de la Direction Générale et à l'approbation du Conseil d'Administration du FMI. Les objectifs principaux restent de sortir la Côte d'Ivoire de sa stagnation économique et de la ramener sur son rythme de croissance des années d'avant la crise, tout en maintenant les grands équilibres macroéconomiques et en renforçant la bonne gouvernance et la transparence.

« Les politiques économiques continueront notamment à consolider les finances publiques tout en mobilisant des ressources intérieures et extérieures. Ces efforts devraient permettre de normaliser les relations financières avec les institutions multilatérales et d'entamer ce processus avec les autres créanciers. Ils devraient aussi permettre d'augmenter la part des dépenses budgétaires allouées aux programmes de sortie de crise et à la réhabilitation des secteurs sociaux et des infrastructures de base. Il est également prévu de continuer à réduire les arriérés intérieurs vis-à-vis du secteur privé. Le Gouvernement accélérera les réformes structurelles, notamment dans les secteurs du café-cacao, du coton, et de l'énergie. La mission note avec satisfaction l'engagement du Gouvernement à adopter avant fin septembre 2008 son Document de Stratégie de Réduction de la Pauvreté (DSRP), après un processus de large consultation avec les populations.

« Sur la base de ce programme et d'un environnement international qui devrait rester favorable, la croissance s'accélérerait pour atteindre les 3 % en 2008, ce qui permettrait enfin de renouer avec une croissance positive du PIB par habitant. Ceci dépendra toutefois du progrès dans l'application de la feuille de route de l'Accord Politique de Ouagadougou, notamment la réunification effective du pays et le redéploiement des administrations sur l'ensemble du territoire. L'appui de la communauté internationale reste crucial pour accompagner la Côte d'Ivoire à sortir de la crise. La mission réitère que le FMI pour sa part continuera à soutenir le pays dans ses efforts ».



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