Déclaration de Murilo Portugal, Directeur général adjoint du FMI, à l'issue de sa visite en Tunisie

Communiqué de presse no 07/279
le 29 novembre 2007

M. Murilo Portugal, Directeur général adjoint du Fonds monétaire international, a fait aujourd'hui la déclaration ci-après à Tunis à l'issue de sa visite en Tunisie :

«C'est avec plaisir que je suis revenu en Tunisie, pour y effectuer ma deuxième visite en qualité de Directeur général adjoint du Fonds monétaire international. J'ai participé à l'importante conférence sur le rôle du secteur privé dans le développement économique et l'intégration régionale du Maghreb, qui a bénéficié d'une excellente organisation par les autorités tunisiennes. Les participants incluent les délégations des cinq pays du Maghreb, les représentants du secteur privé, y compris l'Union maghrébine des employeurs (UME), le représentant de l'Union du Maghreb arabe (UMA) et le représentant de l'Union des banques maghrébines.

La conférence a été précédée d'une réunion technique les 26 et 27 novembre à laquelle ont participé des responsables des différentes autorités gouvernementales, organisations et institutions représentées, de même que des représentants du secteur privé. Faisant suite à la conférence d'Alger de novembre 2005 sur la facilitation du commerce et à la conférence de Rabat de décembre 2006 sur la réforme du secteur financier et l'intégration financière, cette rencontre était la troisième conférence consacrée au renforcement de la coopération régionale et à la promotion de l'intégration économique du Maghreb. Après un tour d'horizon des progrès accomplis pendant l'année écoulée dans les domaines de la facilitation du commerce ainsi que de la réforme du secteur financier et de l'intégration financière, les débats ont porté sur le rôle du secteur privé dans le développement économique et l'intégration régionale des pays du Maghreb.

Grâce aux réformes importantes engagées ces dernières années par tous les pays du Maghreb pour favoriser la croissance, le cadre macroéconomique s'est stabilisé, la croissance du PIB réel s'est accélérée et les niveaux de vie ont progressé. Malgré ces résultats remarquables, le Maghreb doit avant tout accélérer la croissance pour faire reculer davantage le taux de chômage encore élevé et améliorer plus rapidement les niveaux de vie.

De l'avis de tous les participants, le Maghreb a besoin du secteur privé comme pierre angulaire de la stratégie visant une augmentation permanente du taux de croissance par la dynamisation de l'investissement et de la productivité. En effet, compte tenu des faibles marges de manœuvre budgétaires, en particulier dans les pays non pétroliers, le secteur public offre peu de possibilités d'augmenter l'investissement et de créer des emplois. Un niveau plus élevé d'investissement privé, y compris l'investissement direct étranger, aiderait à améliorer la productivité à travers l'apprentissage par la pratique et les transferts de technologie.

Les participants estiment aussi que tous les pays du Maghreb doivent, en s'appuyant sur les grandes réformes déjà engagées, continuer l'effort de réforme pour stimuler l'investissement et la productivité. Par conséquent, ils ont convenu d'augmenter la cadence des réformes dans le domaine du commerce intra-régional et de la modernisation des systèmes financiers tout en poursuivant l'intégration financière régionale. Ils ont également reconnu qu'un climat des affaires propice est essentiel à l'investissement et la croissance.

Au cours de la conférence de cette année, les représentants des pays du Maghreb ont adopté un plan d'action détaillé faisant suite aux recommandations de la conférence de Rabat de 2006. Ils ont décidé de persévérer dans l'exécution de cette réforme, mais aussi d'accélérer la mise en œuvre dans chaque pays des plans d'action adoptés lors des deux précédentes conférences d'Alger et de Rabat.

J'ai félicité les participants à la conférence de Tunis d'avoir adopté le plan d'action sur la promotion du rôle du secteur privé dans le développement économique et l'intégration régionale du Maghreb. Il existe en effet une très forte synergie entre l'intégration régionale du Maghreb et l'essor de secteurs privés dynamiques dans les pays de la région. Ce message est ressorti clairement lors des précédentes conférences sur l'intégration du Maghreb. Il est plus facile pour les pays de réformer leurs économies si les mesures prises dans ce sens peuvent s'appuyer sur un effort régional.

Les participants ont aussi décidé de mettre en place un comité, composé d'une représentation conjointe des secteurs privé et public, chargé de préparer un programme de mesures détaillées à présenter aux Ministres et Gouverneurs des cinq pays en marge des réunions du printemps 2008 du FMI et de la Banque mondiale. Ce comité assurera le suivi et la mise en œuvre du programme d'action adopté par les Ministres et Gouverneurs des Banques Centrales.

Les participants ont accepté la proposition de la délégation libyenne d'organiser la 4 ème conférence régionale a Tripoli. La thématique et les dates seront annoncées en marge des réunions du printemps 2008 du FMI et de la Banque mondiale.

Au cours de mon séjour à Tunis, j'ai aussi eu le privilège de rencontrer le Premier ministre, M. Mohammed Ghannouchi et le Gouverneur de la Banque centrale de Tunisie, M. Taoufik Baccar.

Les entretiens que nous avons eus ont témoigné de notre vision commune sur les accomplissements de la Tunisie et les principaux défis auxquels elle est confrontée. La stratégie de développement tournée vers l'extérieur qu'a adoptée la Tunisie et sa gestion efficace de l'économie ces dix dernières années ont rendu possible une croissance vigoureuse et la stabilité macroéconomique.

Pour la Tunisie, le principal défi consiste à réduire le chômage alors que le nombre de diplômés universitaires est en forte augmentation. Tel est l'objectif fondamental du XIème Plan, qui vise à porter la croissance annuelle de la Tunisie au-dessus de 6 % à moyen terme en mettant progressivement en place les fondations d'une économie du savoir visant une forte valeur ajoutée tout en intégrant davantage le pays à l'économie mondiale. La stratégie présentée dans le Plan est ambitieuse mais réalisable si la Tunisie renforce sa position macroéconomique et poursuit ses réformes structurelles.

Le programme de réforme de la Tunisie avance à un rythme soutenu et les perspectives du pays sont favorables. J'ai fait l'éloge des autorités tunisiennes pour les réformes menées dans le secteur financier, qui ont sensiblement amélioré les indicateurs prudentiels ces trois dernières années, et je les ai encouragées à persévérer dans cette voie. Je me suis félicité de la prudence avec laquelle elles ont conduit et consolidé la politique budgétaire, y compris à travers la refonte prévue du système de sécurité sociale. J'ai salué les progrès qui ont été réalisés dans le renforcement du cadre de la politique monétaire et de la politique de change, et j'ai pris acte des mesures annoncées récemment visant à développer le marché monétaire et le marché des changes. J'ai félicité les autorités de continuer à ouvrir l'économie tunisienne tout en encourageant et en facilitant son adaptation à l'intensification de la concurrence.»



DÉPARTEMENT DE LA COMMUNICATION DU FMI

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