Le Conseil d'administration du FMI achève la première revue de l'Instrument de soutien à la politique économique (ISPE) du Sénégal

Communiqué de presse no 08/141
Le 18 juin 2008

Le Conseil d'administration du Fonds monétaire international (FMI) a achevé aujourd'hui, la première revue de l'accord triennal au titre de l'Instrument de soutien à la politique économique (ISPE) conclu avec le Sénégal. Le Conseil a accordé une dérogation pour la non observation du critère d'évaluation quantitatif relatif à l'encours des arriérés de paiement intérieurs de l'État, constatant que les autorités ont rapidement pris des dispositions pour remédier à l'inobservation de ce critère d'évaluation.

L'ISPE du Sénégal, approuvé le 2 novembre 2007 (voir communiqué no 07/246), vise à consolider la stabilité macroéconomique, à renforcer le potentiel de croissance du pays et à faire reculer la pauvreté. Le programme est centré sur le maintien d'une orientation budgétaire saine et l'amélioration de la gouvernance et de la transparence des finances publiques. Il comprend aussi des mesures visant à développer le secteur privé et à augmenter la contribution du secteur financier à la croissance économique du Sénégal.

À l'issue de l'examen du rapport afférent au Sénégal, M. Murilo Portugal, Directeur général adjoint du FMI et président du Conseil a fait la déclaration suivante :

«La croissance économique du Sénégal a rebondi en 2007, mais l'envolée des prix des denrées alimentaires et de l'énergie a poussé l'inflation à la hausse et exercé des pressions sur les comptes budgétaires et extérieurs. Les défis majeurs qui se posent aux autorités sénégalaises sont de poursuivre l'accélération de la croissance économique, de maintenir la stabilité macroéconomique et de réduire les vulnérabilités.

L'élimination des obstacles structurels à la croissance économique est essentielle pour promouvoir une croissance tirée par le secteur privé, accroître la compétitivité extérieure, et augmenter et diversifier les exportations. Les autorités sénégalaises sont donc encouragées à mettre en œuvre les réformes structurelles prévues dans leur Stratégie de croissance accélérée. En outre, la mise en œuvre de la réforme du secteur de l'énergie, la poursuite des efforts visant à attirer l'investissement direct étranger et le ciblage des dépenses publiques sur l'infrastructure, la santé et l'éducation seront propices au renforcement du potentiel de croissance du Sénégal.

L'accent mis par les autorités sur la pérennisation de la viabilité budgétaire est la base du programme économique appuyé par l'ISPE. La trajectoire d'ajustement budgétaire à moyen terme contribuera à préserver la viabilité de la dette, à respecter les capacités de financement limitées du marché financier régional et à contenir les pressions de la demande, permettant ainsi de promouvoir la stabilité intérieure étant donné l'appartenance du Sénégal à une union monétaire. Les mesures visant à perpétuer la tradition de bons résultats du Sénégal en matière de recettes, notamment vis-à-vis du projet de zone économique spéciale intégrée de Dakar, contribueront à consolider la viabilité des finances publiques.

Les autorités se sont engagées à corriger les dérapages budgétaires observés en 2007 en décidant de freiner les dépenses d'investissement et de fonctionnement non prioritaires en 2008, afin de permettre le règlement des engagements de dépenses publiques liés à l'exercice 2007. La priorité devrait désormais être donnée à la conclusion rapide de la revue détaillée de ces engagements, à leur règlement rapide et à un strict respect du cadre budgétaire existant.

La flambée des prix alimentaires et énergétiques impose une charge considérable à la population, notamment aux couches les plus vulnérables. Il importe donc de veiller à ce que les dispositions visant à alléger cette charge soient peu coûteuses, bien ciblées et ne soient pas source de distorsions. L'application du nouveau barème des tarifs de l'électricité devrait aider au recouvrement des coûts, tout en favorisant les ménages à faible revenu. À long terme, il conviendrait d'envisager la mise en place d'un dispositif de protection sociale efficace.

Dans un contexte de fortes contraintes budgétaires, il est indispensable de poursuivre le renforcement de la planification et de l'évaluation de l'investissement et de se concentrer sur des projets à haut rendement, pour accroître la productivité de l'investissement public. C'est à juste titre que les autorités adossent leur programme d'investissement à des financements concessionnels de manière à préserver la viabilité de la dette.»

Le cadre de l'ISPE mis en place par le FMI est conçu pour les pays à faible revenu qui n'ont pas besoin—ou ne souhaitent pas bénéficier—de l'assistance financière du FMI, mais entendent profiter des conseils, du suivi et de l'aval du FMI quant à leur politiques. La demande d'un ISPE est facultative et se fait à l'initiative du pays membre intéressé. Les programmes appuyés par l'ISPE reposent sur la stratégie nationale de lutte contre la pauvreté adoptée dans le cadre d'un processus participatif qui implique la société civile et les partenaires pour le développement, et s'articule autour d'un Document de stratégie pour la réduction de la pauvreté (DSRP). Cette démarche vise à s'assurer que le programme appuyé par l'ISPE est conforme à un cadre complet de politiques macroéconomiques, structurelles et sociales de nature à favoriser la croissance et le recul de la pauvreté. Les résultats obtenus par les pays membres dans le cadre d'un ISPE font l'objet de revues semestrielles, indépendamment du stade d'avancement du programme (voir Note d'information au public (NIP) no 05/145).



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