Le Conseil d’administration du FMI achève la troisième revue de l’accord FRPC en faveur d’Haïti, augmente l’assistance financière pour amortir l’impact des prix alimentaires et énergétiques et approuve un décaissement de 38,7 millions de dollars

Communiqué de presse n° 08/145
le 20 juin 2008

Le Conseil d’administration du Fonds monétaire international (FMI) a achevé aujourd’hui la troisième revue des résultats économiques enregistrés par Haïti dans le cadre de l’accord conclu au titre de la Facilité pour la réduction de la pauvreté et pour la croissance (FRPC), et a approuvé un complément d’assistance financière de 17 millions de DTS (soit environ 26,5 millions de dollars ÉU) pour aider Haïti à amortir l’impact du renchérissement des produits alimentaires et énergétiques. L’achèvement de la revue ouvre la voie au décaissement immédiat de 24 millions de DTS (soit environ 38,7 millions de dollars).

L’accord au titre de la FRPC a été approuvé le 20 novembre 2006 (voir communiqué de presse No. 06/258) pour un montant équivalant à 73,7 millions de DTS (soit environ 119 millions de dollars ÉU au taux actuel).

Le Conseil d’administration a également approuvé une demande de dérogation présentée par Haïti pour non-observation de deux critères de réalisation liés à la préparation d’un plan de recapitalisation de la Banque de la République d’Haïti et au recrutement d’experts pour renforcer les unités chargées du programme dans les principaux ministères.

À l’issue des délibérations du Conseil d’administration, M. Takatoshi Kato, Directeur général adjoint et Président par intérim, a fait la déclaration suivante :

« Haïti doit être félicité pour la bonne performance dans le cadre du programme appuyé par la FRPC et pour les progrès réalisés dans la mise en œuvre des réformes structurelles, en dépit des nombreux chocs externes, y compris l’impact de l’augmentation des cours mondiaux des produits de base et des aléas climatiques, ainsi que les difficultés politiques. Toutefois, la forte poussée de l’inflation, largement imputable à la flambée des prix mondiaux des produits alimentaires et pétroliers, a constitué un défi de taille qui pèse lourdement sur les populations démunies. En réponse à cette situation, les autorités haïtiennes ont immédiatement adopté des mesures appropriées destinées à stabiliser les prix des produits alimentaires, et sont en train de renforcer les mesures visant, entre autres, à étendre des programmes de cantines scolaires, à créer des emplois à travers des programmes de travaux publics et à stimuler la production agricole.

Le programme appuyé par la FRPC a été modifié pour la fin de l’exercice fiscal 2008, pour mieux refléter les défis de la nouvelle situation macroéconomique, tout en permettant un ajustement progressif de l’économie aux chocs externes. La croissance devrait vraisemblablement ralentir et s’élever à 2,5 %. Avec l’accélération accrue de l’inflation, les autorités tenteront de contrer les effets secondaires de manière à contenir l’inflation à fin septembre à 16 %. En plus des engagements additionnels d’assistance externe, le programme permet l’utilisation d’une partie des réserves internationales pour couvrir les coûts liés aux chocs externes. La FRPC a été augmentée pour offrir un appui additionnel à la balance des paiements de 16,38 millions de DTS (soit environ 26,5 millions de dollars EU).

Le programme permet d’intégrer les dépenses liées aux programmes d’assistance sociale et des mesures visant à atténuer l’impact de la hausse des prix des produits alimentaires sur la population, financées pour la plupart par un appui supplémentaire des bailleurs de fonds. Cependant, avec l’augmentation bienvenue de la capacité de dépense et les recettes étant plus faibles que prévues, il s’avère nécessaire de prioriser et de suivre de près l’exécution budgétaire durant la fin de l’exercice. Il sera également important de maintenir les efforts de modernisation des administrations douanière et fiscale afin d’accroître les recettes publiques, et d’accomplir les conditions établies par les bailleurs de fonds pour le décaissement des appuis budgétaires. En même temps, la politique monétaire devra viser à contenir l’effet de propagation des prix des produits importés sur l’inflation sous-jacente. À cet effet, les autorités ont relevé les taux d’intérêt et envisagent de réduire quelque peu l’expansion de la base monétaire. Le programme permet également l’utilisation des réserves internationales pour atténuer, le cas échéant, les pressions qui s’exercent sur le taux de change. Il importe aussi que la Banque centrale fasse clairement état de sa stratégie de lutte contre l’inflation et du caractère exogène de la flambée des prix, à travers des communications régulières, pour permettre d’ancrer les attentes en matière d’inflation.

En plus de faire face aux chocs externes et aux difficultés politiques actuelles, il s’avère également indispensable de poursuivre la mise en œuvre des politiques de moyen terme inscrites dans le Document de Stratégie Nationale pour la Croissance et la Réduction de la Pauvreté (DSNCRP) afin d’améliorer les services sociaux, de réhabiliter les infrastructures et d’appuyer les secteurs à fort potentiel de croissance. Une prompte mise en œuvre du DSNCRP et des autres déclencheurs est tout aussi importante pour bénéficier de l’allègement de la dette au titre de l’initiative PPTE renforcée et de l’Initiative d’allègement de la dette multilatérale. Les projets de lois liées à la réforme économique déjà soumis au Parlement, notamment la loi bancaire, le code douanier et une série de modifications de diverses législations en vue du retrait de la banque centrale des activités non essentielles devraient être adoptés avec diligence.

Bien que les risques se soient accrus, le gouvernement haïtien a fait preuve de sa capacité et de sa détermination à préserver la stabilité macroéconomique, dans des conditions difficiles. Il est impératif que la communauté internationale se tienne fermement aux côtés d’Haïti dans cette période difficile que le pays traverse, tant pour aider à préserver les acquis socio-économiques et tracer la voie vers le renforcement de la croissance et de l’emploi, que pour améliorer les conditions de vie de la population », a dit M. Kato.

La FRPC est le guichet concessionnel du FMI pour les pays à faible revenu. Les programmes soutenus par cette facilité s’appuient sur une stratégie de réduction de la pauvreté formulée par le pays bénéficiaire. Cette stratégie, qui est adoptée au terme d’un processus de consultation auquel participent la société civile et les partenaires au développement, est énoncée dans le Document de stratégie pour la réduction de la pauvreté établi par le pays. Le but est de faire en sorte que les programmes appuyés par la FRPC soient conformes à un cadre global de politiques macroéconomiques, structurelles et sociales visant à stimuler la croissance et à réduire la pauvreté. Les prêts accordés au titre de la FRPC sont assortis d’un taux d’intérêt annuel de 0,5 % et sont remboursables sur dix ans, avec un différé d’amortissement de cinq ans et demi pour le principal.



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