Le FMI approuve un accord de 75,6 millions de dollars EU en faveur du Burundi au titre de la FRPC

Communiqué de presse n° 08/167
le 7 juillet 2008

Le Conseil d'administration du Fonds monétaire international (FMI) a approuvé aujourd'hui un accord triennal au titre de la facilité pour la réduction de la pauvreté et pour la croissance (FRPC) d'un montant de 46,2 millions de DTS (environ 75,6 millions de dollars EU) en faveur du Burundi, à l'appui de la mise en œuvre du programme national de lutte contre la pauvreté et des efforts déployés par les autorités pour consolider la stabilité macroéconomique. L'accord tient compte de l'impact financier de la montée des prix des produits énergétiques et alimentaires survenue en 2008.

La décision du Conseil d'administration permet au Burundi de tirer un montant équivalant à 6,6 millions de DTS (environ 10,8 million de dollars EU) en vertu de l'accord FRPC.

À l'issue des délibérations du Conseil d'administration, M. Murilo Portugal, Directeur général adjoint et Président par intérim, a fait la déclaration suivante :

« Il convient de féliciter les autorités burundaises des progrès qu'elles ont enregistrés dans la mise en œuvre de leur premier programme appuyé par la FRPC dans un environnement difficile au sortir d'un conflit. Bien que les réformes structurelles aient été lentes, la plupart des réformes monétaires et budgétaires ont bien avancé. Cela dit, en dépit des progrès accomplis, la pauvreté demeure généralisée et les défis que le pays doit relever pour atteindre les OMD continuent d'être redoutables.

Le nouveau programme triennal appuyé par la FRPC, fondé sur le document de stratégie pour la réduction de la pauvreté adopté par le Burundi, vise à ramener l'inflation à un seul chiffre, à assurer la viabilité des finances publiques dans un contexte d'endettement lourd, à améliorer la composition des dépenses, à renforcer la gestion des finances publiques et la gouvernance, et à accélérer les réformes structurelles afin de stimuler la croissance et de faire reculer la pauvreté.

Le programme budgétaire des autorités pour 2008 table sur une augmentation sensible des dépenses en capital, tout en prévoyant des dépenses supplémentaires pour accroître la production agricole et contribuer à amortir l'impact du renchérissement des produits alimentaires et des carburants sur les populations pauvres.

La réussite du programme des autorités appuyé par la FRPC dépendra, en partie, d'un soutien solide et coordonné de la communauté internationale. Il sera également crucial d'accélérer les réformes structurelles, notamment sur les questions de gouvernance. »

L'accord approuvé en faveur du Burundi au titre de la FRPC fait suite à un accord qui a expiré cette année. La FRPC est le guichet concessionnel du FMI pour les pays à faible revenu. Les prêts accordés au titre de la FRPC sont assortis d'un taux d'intérêt annuel de 0,5 % et sont remboursables sur dix ans, avec un différé d'amortissement de cinq ans et demi pour le principal.

ANNEXE

Évolution économique récente

La croissance économique a marqué le pas en 2007 tandis que l'inflation s'est accrue, principalement sous l'effet du renchérissement des produits alimentaires et énergétiques. L'augmentation des décaissements des bailleurs de fonds internationaux a contribué à améliorer la situation budgétaire et à constituer des réserves internationales.

Après l'accélération enregistrée en 2006, la croissance du PIB réel est tombée de 5 à 3,6 % en 2007, principalement du fait d'une modeste récolte caféière. L'inflation en fin de période, qui était de 9,3 % en 2006, est passée à 14,7 %, sous l'effet de la montée des cours internationaux des matières premières et de la dépréciation du taux de change. Durant les quatre premiers mois de 2008, les prix intérieurs des carburants et des produits de base ont augmenté en moyenne de 23 %, poussant l'inflation globale à 11,7 % durant la période. En excluant les produits alimentaires et les carburants, le taux d'inflation serait de quelque 3,5 %.

La situation budgétaire globale s'est améliorée en 2007. Le solde budgétaire global (sur base engagement, dons compris), qui accusait un déficit de 1,8 % en 2006, est devenu excédentaire de 0,5 % du PIB. Selon les estimations, les dépenses sociales ont progressé, de 8,7 % du PIB en 2006 à 9,2 % en 2007. Les autorités ont entrepris un certain nombre de mesures destinées à assurer la discipline budgétaire et à améliorer la transparence des finances publiques.

Synthèse du programme

Le nouvel accord au titre de la FRPC vise à consolider la stabilité macroéconomique, réduire davantage le lourd fardeau de la dette, et aider les autorités à poursuivre la mise en application de leur document de stratégie pour la réduction de la pauvreté. Il permettra en outre d'étayer les efforts qu'elles déploient pour obtenir un allégement de la dette au titre de l'initiative en faveur des pays pauvres très endettés (PPTE) renforcée et de l'initiative d'allégement de la dette multilatérale (IADM).

Les principaux objectifs du programme appuyé par le nouvel accord triennal au titre de la FRPC seront les suivants :

  • Ramener l'inflation à un seul chiffre. Une banque centrale indépendante ayant pour principale mission de préserver la stabilité des prix sera essentielle à cette fin. Une meilleure coordination des politiques budgétaire et monétaire sera également fondamentale, notamment durant cette période de tensions inflationnistes grandissantes.

  • Améliorer la composition des dépenses publiques dans l'intérêt des secteurs prioritaires, tout en préservant la stabilité des finances publiques. Il faudra pour cela maîtriser la masse salariale. Il importera en outre de faire principalement appel à des dons et à des prêts fortement concessionnels pour que l'endettement soit viable.

  • Renforcer la gestion des finances publiques (GFP). Le programme s'efforcera de stabiliser le système de GFP existant, en insistant notamment sur deux initiatives en cours : 1) l'adoption et la mise en application progressive de la nouvelle loi organique relative aux lois de finances ; et 2) la consolidation d'un compte unique du Trésor et d'un plan efficace de gestion de trésorerie.

  • Renforcer les systèmes de contrôle interne de la banque centrale. L'adoption par le parlement de la loi portant statuts de la banque centrale et la mise en œuvre d'un certain nombre de mesures de sauvegardes financières destinées à renforcer les contrôles internes et les systèmes de gestion des risques recevront une attention toute particulière.

Pour autant que la situation sécuritaire continue de s'améliorer, les objectifs macroéconomiques sont les suivants sur la période couverte par le programme appuyé par la FRPC : 1) la croissance du PIB devrait être en moyenne de 5 % à moyen terme, après avoir été en moyenne de 3,6 % sur la période 2004-07 ; et 2) l'inflation devrait être ramenée à environ 6 % d'ici 2011.

Le profil de croissance projeté, qui ressemble à ceux constatés dans d'autres pays sortant d'un conflit, s'appuie sur trois facteurs : 1) la suppression continue des principales distorsions économiques, notamment dans la filière café, ce qui permettra de doper la productivité totale des facteurs ; 2) une augmentation sensible de l'investissement, impulsée par l'aide internationale et principalement axée sur la remise en état des infrastructures, ce qui contribuera à éliminer les principaux goulets d'étranglement; et 3) une libéralisation plus poussée des échanges avec l'adhésion à la Communauté de l'Afrique de l'Est, ce qui contribuera à diversifier l'économie, à promouvoir la concurrence et à attirer davantage d'investissements.



DÉPARTEMENT DE LA COMMUNICATION DU FMI

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