Le FMI se félicite de la réponse globale de l'Europe à la crise financière, estime que les principaux risques sont écartés et appelle à une meilleure coordination des mesures

Communiqué de presse n° 08/250 (F)
Le 21 octobre 2008

Le Fonds monétaire international (FMI) a déclaré aujourd'hui que, même si la crise financière mondiale entraînera une forte décélération de l'activité économique, les actions engagées sur tous les fronts pour gérer cette situation devraient permettre à l'Europe d'éviter que la crise n'ait des conséquences plus graves. Dans son rapport d'octobre 2008 sur les perspectives économiques de l'Europe, le FMI prévoit que l'activité stagnera à court terme dans les économies avancées et que la croissance sera de 1,3% en 2008 et 0,2% en 2009. Bien que ces projections aient été finalisées avant que la crise ne prenne des proportions systémiques début octobre, elles restent dans l'ensemble valables, même si certains des risques qui pouvaient faire craindre une dégradation de la situation se sont concrétisés1. En particulier, il apparaît désormais probable que le rythme d'expansion des économies émergentes se situera un peu en dessous des 4,3% anticipés pour 2009 dans le rapport.

Le scénario de référence du FMI pour les perspectives économiques de l'Europe table sur le succès des mesures prises pour endiguer la crise financière. « La période que nous vivons est sans aucun doute extraordinairement incertaine, mais la réponse concertée à laquelle nous assistons aujourd'hui montre que les responsables économiques sont conscients qu'une crise mondiale appelle une réponse mondiale. En Europe, cette crise peut catalyser une meilleure coordination internationale, et nous encourageons les dirigeants européens à donner suite, par des mesures audacieuses, à l'engagement pris récemment d'engager une action concertée et coordonnée afin de résoudre au plus tôt cette crise », a indiqué Alessandro Leipold, Directeur par intérim du Département Europe.

Les politiques conduites devront aussi favoriser la reprise économique. Selon les projections du FMI, l'inflation devrait tomber en dessous des objectifs visés par les banques centrales de la plupart des économies avancées d'Europe pour 2009. « Étant donné que les risques pesant sur l'inflation se dissipent rapidement, l'assouplissement récent de la politique monétaire est approprié et il existe des marges de manœuvre pour engager, à terme, d'autres mesures d'assouplissement. Dans l'intervalle, les dispositions du Pacte de stabilité et de croissance - qui sont plus souples qu'on ne le pense souvent - permettront de recourir à la politique budgétaire pour amortir l'impact de la détérioration de la conjoncture », a déclaré Leipold.

Les marchés émergents d'Europe sont eux-aussi sous pression. Il leur faudra répondre rapidement à d'éventuelles insuffisances des entrées de capitaux, y compris en utilisant leurs réserves ou leur solide position budgétaire lorsqu'ils sont en mesure de le faire. Des plans d'urgence doivent être mis au point pour faire face à un éventuel atterrissage brusqué ou atténuer les contrecoups de la crise sur les banques et les entreprises, a précisé Leipold, avant de rappeler que « le FMI est bien sûr prêt à apporter son aide le cas échéant ».

Chapitres analytiques des perspectives économiques 2008 pour l'Europe

Le chapitre 2 de l'édition d'octobre 2008 des perspectives économiques pour l'Europe, qui examine les réponses apportées au renchérissement des produits de base, conclut que les économies avancées de la région sont en meilleure posture que les économies émergentes pour prévenir les effets de second tour que l'envolée des prix des produits de base observée plus tôt cette année pourrait avoir sur l'inflation. L'assouplissement du marché du travail, la crédibilité bien établie des politiques monétaires et les perspectives d'activité maussades dans les économies avancées devraient limiter la répercussion des chocs des prix des produits de base sur l'inflation sous-jacente. La riposte adaptée à ces chocs est fonction de l'origine des tensions de prix, de la crédibilité des autorités et du degré de flexibilité du marché du travail.

Le chapitre 3, consacré aux profils divergents du cycle du crédit en Europe, analyse les cycles du système financier et leur impact sur l'activité réelle à travers la région. Le secteur financier peut amplifier les fluctuations du cycle économique et l'impact des chocs de politique monétaire ou des fluctuations des prix des actifs sur l'activité réelle. Les participations transnationales dans des actifs renforcent encore ce mécanisme. Il apparaît que les économies émergentes sont probablement plus vulnérables au fléchissement actuel du cycle du crédit que les économies avancées, même s'il existe de grandes différences d'un pays à l'autre. L'introduction d'un élément contracyclique dans la réglementation prudentielle pourrait réduire très sensiblement la volatilité de l'investissement, en particulier dans les économies financièrement intégrées. L'intégration financière demeure donc essentielle pour favoriser des ajustements sans heurts en Europe.

Le chapitre 4, qui examine les courants internationaux de main-d'œuvre dans les nouveaux États membres de l'UE et les enjeux qui s'y attachent, conclut que les flux de main-d'œuvre sont une dimension essentielle du processus de convergence de ces pays. La mobilité de la main-d'œuvre présente des avantages importants : elle accélère la convergence, stimule les ratios capital-travail dans les économies, soutient la demande globale par le biais des envois de fonds des expatriés et peut favoriser un relèvement des niveaux de qualification lorsque les travailleurs migrants, revenus chez eux, réintègrent le marché du travail de leur pays. Restreindre cette mobilité ne serait donc pas la bonne réponse à la surchauffe de l'activité; il vaut mieux, en pareil cas, s'efforcer d'améliorer la mobilisation globale de la main-d'œuvre.


Pays européens - Croissance du PIB réel et hausse de l'IPC, 2006-09
(Pourcentages)

 
  Croissance du PIB réel Hausse de l'IPC
  2006 2007 2008 2009 2006 2007 2008 2009
 

Europe 1/ 2/

4,1 3,9 2,6 1,4 3,6 3,6 5,8 4,2

Économies avancées d'Europe 1/

3,0 2,8 1,3 0,2 2,2 2,1 3,5 2,2

Économies émergentes d'Europe 1/ 2/

7,0 6,8 5,7 4,3 7,5 7,5 11,5 9,2

Union européenne 1/

3,3 3,1 1,7 0,6 2,3 2,4 3,9 2,4

Zone euro

2,8 2,6 1,3 0,2 2,2 2,1 3,5 1,9

Autriche

3,4 3,1 2,0 0,8 1,7 2,2 3,5 2,3

Belgique

2,9 2,8 1,4 0,2 2,3 1,8 4,6 2,8

Chypre

4,0 4,4 3,4 2,8 2,2 2,2 4,6 3,5

Finlande

4,9 4,5 2,5 1,6 1,3 1,6 3,9 2,5

France

2,2 2,2 0,8 0,2 1,9 1,6 3,4 1,6

Allemagne

3,0 2,5 1,8 0,0 1,8 2,3 2,9 1,4

Grèce

4,2 4,0 3,2 2,0 3,3 3,0 4,4 3,1

Irlande

5,7 6,0 -1,8 -0,6 2,7 2,9 3,5 2,4

Italie

1,8 1,5 -0,1 -0,2 2,2 2,0 3,4 1,9

Luxembourg

6,1 4,5 2,3 1,8 2,7 2,3 3,7 1,8

Malte

3,1 3,7 2,8 2,3 2,6 0,7 3,7 2,2

Pays-Bas

3,4 3,5 2,3 1,0 1,7 1,6 2,9 2,6

Portugal

1,4 1,9 0,6 0,1 3,0 2,4 3,2 2,0

Slovénie

5,7 6,1 4,3 3,7 2,5 3,6 5,9 3,3

Espagne

3,9 3,7 1,4 -0,2 3,6 2,8 4,5 2,6

Autres économies avancées de l'UE

             

Danemark

3,9 1,7 1,0 0,5 1,9 1,7 3,4 2,8

Suède

4,1 2,7 1,2 1,4 1,5 1,7 3,4 2,8

Royaume-Uni

2,8 3,0 1,0 -0,1 2,3 2,3 3,8 2,9

Nouveaux membres de l'UE 1/

6,6 6,3 5,0 3,5 3,3 4,1 6,4 4,4

Bulgarie

6,3 6,2 6,3 4,2 7,4 7,6 12,2 7,0

République tchèque

6,8 6,6 4,0 3,4 2,5 2,8 6,7 3,4

Hongrie

3,9 1,3 1,9 2,3 3,9 7,9 6,3 4,1

Pologne

6,2 6,6 5,2 3,8 1,0 2,5 4,0 3,3

Roumanie

7,9 6,0 8,6 4,8 6,6 4,8 8,2 6,6

République slovaque

8,5 10,4 7,4 5,6 4,3 1,9 3,9 3,6

Estonie

10,4 6,3 -1,5 0,5 4,4 6,6 10,2 5,1

Lettonie

12,2 10,3 -0,9 -2,2 6,5 10,1 15,9 10,6

Lituanie

7,9 8,9 3,9 0,7 3,8 5,8 11,3 6,2

Économies avancées non membres de l'UE

             

Islande

4,4 4,9 0,3 -3,1 6,8 5,0 12,1 11,2

Israël

5,2 5,4 4,3 2,8 2,1 0,5 4,8 3,3

Norvège

2,5 3,7 2,5 1,2 2,3 0,8 3,2 2,7

Suisse

3,4 3,3 1,7 0,7 1,0 0,7 2,6 1,5

Autres économies émergentes

               

Albanie

5,4 6,0 6,1 6,3 2,4 2,9 4,0 3,0

Belarus

10,0 8,2 9,2 8,0 7,0 8,4 15,3 9,6

Bosnie-Herzégovine

6,9 6,8 5,5 5,0 6,1 1,5 8,5 5,2

Croatie

4,8 5,6 3,8 3,7 3,2 2,9 7,0 4,9

Macédoine, ex-Rép. yougoslave de

4,0 5,0 5,5 5,0 3,2 2,3 8,5 3,0

Moldova

4,8 4,0 6,5 6,5 12,7 12,4 13,7 9,7

Monténégro

8,6 9,7 7,5 5,0 2,1 3,5 9,2 5,2

Russie

7,4 8,1 7,0 5,5 9,7 9,0 14,0 12,0

Serbie

5,6 7,1 6,0 6,0 12,7 6,8 10,7 7,5

Turquie

6,9 4,6 3,5 3,0 9,6 8,8 10,5 8,4

Ukraine

7,3 7,6 6,4 2,5 9,1 12,8 25,3 18,8
 

Source : FMI, Perspectives de l’économie mondiale.
1 Moyenne pondérée par les PIB à parité de pouvoir d’achat.
2 Le Monténégro est exclu des totaux.


1 La date limite de prise en compte des données était le 16 septembre 2008. Le texte du rapport ne rend donc pas compte des événements survenus sur les marchés financiers, ou des actions engagées, après le 1er octobre 2008.



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