Déclaration de Dominique Strauss-Kahn, Directeur général du FMI, à l'issue de sa visite en Grande Jamahiriya arabe libyenne populaire et socialiste

Communiqué de presse n° 08/290 (F)
Le 18 novembre 2008

M. Dominique Strauss-Kahn, Directeur général du Fonds monétaire international (FMI), a participé à la quatrième conférence annuelle consacrée au renforcement de la coopération régionale et à la promotion de l'intégration économique du Maghreb,1 qui s'est tenue à Tripoli, Libye. A l'issue de sa visite en Libye, M. Strauss-Kahn a fait la déclaration suivante :

« C'est avec grand plaisir que j'ai participé à la conférence sur les progrès de l'intégration régionale et la promotion des projets communs au Maghreb et échangé avec les ministres des finances, les gouverneurs de banque centrale, le Secrétaire général de l'Union du Maghreb Arabe et les représentants du secteur privé. Je tiens à remercier les autorités libyennes pour l'organisation remarquable de cette conférence.

« Le monde fait face à une crise financière très grave qui requiert l'action claire et globale de tous nos pays, mais aussi une coordination étroite de leurs politiques. J'ai participé le week-end dernier au Sommet des dirigeants du Groupe des Vingt (G-20) qui ont réaffirmé combien il était urgent de mettre en place une véritable coopération internationale.

« Vu les politiques économiques actuelles, nous attendons maintenant un taux de croissance pour 2009 d'environ 2,2 % pour l'économie mondiale et légèrement négatif pour les économies avancées. Nous pensons que la crise financière ne devrait avoir qu'un impact direct limité sur les pays du Maghreb, bien qu'ils soient plus vulnérables à une contraction de l'activité mondiale.

« Le Maghreb a connu des progrès remarquables et son potentiel est considérable. Tous les pays de la région ont conduit, ces dix dernières années, des réformes ambitieuses visant à stimuler la croissance mais demeurent confrontés à des défis majeurs. Les pays du Maghreb espèrent porter leur croissance à un rythme encore plus rapide et soutenu qui permettrait de réduire les taux de chômage toujours élevés de la région et de rehausser les niveaux de vie.

« Dans l'environnement international défavorable actuel, il est particulièrement urgent d'approfondir l'intégration du Maghreb pour mieux relever l'investissement et la productivité du secteur privé afin d'accélérer la croissance, réduire le chômage et permettre à la région de mieux résister aux chocs extérieurs.

« Les représentants de haut niveau des pays du Maghreb participant à cette conférence ont dressé un bilan des progrès réalisés en matière d'intégration régionale depuis la Conférence d'Alger de 2005 et ont convenu que certains progrès avaient été accomplis mais qu'il faudra accélérer la mise en _uvre des mesures adoptées lors des conférences précédentes pour avancer davantage dans l'intégration régionale.

« Les participants ont également reconnu que les projets communs pilotés par le secteur privé favoriseront l'allocation la plus efficiente des ressources pour améliorer la productivité, la croissance et la création d'emplois dans la région.

« J'ai félicité les participants à la Conférence de Tripoli d'avoir adopté le plan d'action pour accélérer les réformes en matière de facilitation des échanges, d'intégration financière et de la promotion du secteur privé et des projets communs. Les participants ont décidé de faire le point sur la mise en place du plan d'action aux réunions de printemps et à l'Assemblée annuelle de 2009 du FMI et de la Banque mondiale.

« J'ai aussi eu le privilège de rencontrer le Chef d'État de la Libye, le Colonel Kadafi, le Secrétaire général du comité populaire des finances, M. El-Huweij, et le Gouverneur de la Banque centrale, M. Bengdara.

«  Les entretiens que nous avons eu ont témoigné de notre unité de vues sur les réalisations de la Libye et sur les principaux défis auxquels elle est confrontée. Les réformes ambitieuses des dernières années ont produit une croissance forte qui commence à se diversifier ainsi que la stabilité des équilibres macroéconomiques. Le défi principal est de maintenir le rythme des réformes en cours visant entre autres à réduire la taille de l'État. Dans ce contexte, le Programme de distribution de la richesse comporte à la fois une bonne occasion et certains risques. S'il est structuré et mis sur pied convenablement, ce programme pourrait promouvoir le secteur privé tout en minimisant les risques posés pour l'offre de services publics essentiels.

« Nos entretiens m'ont convaincu que le programme de réforme de la Libye continuera à un rythme soutenu dans le but de réaliser une croissance encore plus élevée et d'améliorer le niveau de vie de la population. »


1 Le Maghreb comprend l'Algérie, la Libye, le Maroc, la Mauritanie et la Tunisie.



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