Déclaration d'une mission des services du FMI au Gabon

Communiqué de presse no 08/326 (F)
Le 17 décembre 2008

M. John Wakeman-Linn, chef de mission du Fonds monétaire international pour le Gabon, a publié hier à Libreville la déclaration suivante :

" Une mission du Fonds monétaire international (FMI) a séjourné au Gabon du 5 au 16 décembre 2008 afin de poursuivre les entretiens relatifs à la deuxième et la troisième revues de l'accord de confirmation qui a été approuvé le 7 mai 2007. La mission a rencontré l'Honorable Guy Nzouba-Ndama, Président de l'Assemblée nationale, M. Jean Eyeghe-Ndong, Premier Ministre, M. Blaise Louembet, Ministre de l'économie, des finances, du budget et de la privatisation, M. Herve Nze-Nong, Directeur national de la Banque des États de l'Afrique centrale (BEAC), et d'autres hauts responsables. La mission du FMI a également rencontré des représentants du secteur privé et des bailleurs de fonds et des créanciers du Gabon.

La crise financière mondiale ainsi que le ralentissement économique et ses répercussions importantes sur le Gabon ont marqué les discussions. La croissance économique vigoureuse enregistrée en 2007 et au premier semestre de 2008, sous l'impulsion du dynamique secteur non pétrolier, de la demande intérieure et du secteur pétrolier, a cédé le pas au cours des derniers mois de 2008 à un ralentissement attribuable pour l'essentiel à l'affaiblissement de l'économie mondiale, qui a eu des effets négatifs sur les importants secteurs forestier et minier. L'inflation est restée pratiquement inchangée à 5,6 % à la fin de 2008. La mission s'est réjouie du raffermissement de la position extérieure du Gabon et de l'amélioration de sa situation d'endettement après l'opération de rachat de créances d'un montant de 1,6 milliard de dollars EU auprès des créanciers du Club de Paris.

Les changements brusques de l'environnement international, la crise financière mondiale, la baisse rapide du prix du baril de pétrole et l'éventualité d'un ralentissement marqué de l'économie mondiale font peser des risques considérables sur les perspectives macroéconomiques. Compte tenu de son exposition limitée aux flux financiers internationaux, le secteur financier gabonais ne devrait pas subir directement un effet de contagion. Toutefois, une forte baisse des recettes pétrolières pourrait à la longue entraver les perspectives de croissance à travers un ralentissement du secteur non pétrolier et du programme d'investissements publics. Par ailleurs, les secteurs du bois et du manganèse connaissent une baisse d'activité attribuable à l'évolution du marché international. Ce climat de grande incertitude requiert une souplesse accrue des politiques macroéconomiques afin de limiter l'impact de la conjoncture internationale sur l'économie nationale, de préserver la stabilité macroéconomique, et de soutenir la croissance.

Le défi pour le Gabon consiste à gérer ses finances en tenant compte du fait que ses réserves pétrolières sont épuisables et que les recettes qui en découlent diminueront. Dans cette optique, des progrès ont été réalisés dans la réduction du déficit primaire non pétrolier en 2008, mais pas autant que prévu, à cause d'une moins value au titre des recettes non pétrolières à la fin de 2008, d'une accélération des dépenses sur des projets d'investissement hautement prioritaires, des subventions aux prix des produits pétroliers qui ont largement dépassé les prévisions à cause de la flambée des cours internationaux du pétrole, et de l'absence d'ajustement des prix intérieurs depuis la hausse survenue en mars 2007. Il est désormais crucial de ramener le déficit non pétrolier à un niveau gérable pour placer les finances publiques du Gabon sur des fondamentaux soutenables.

La mission a encouragé les autorités à poursuivre une politique budgétaire prudente et à se concentrer à court et à moyen terme sur des mesures pour imprévus qui permettront d'atteindre les objectifs de déficit primaire non pétrolier d'ici 2011. Il importe de maîtriser les dépenses, notamment par la mise en place sans délai du mécanisme d'ajustement automatique des prix des produits pétroliers, afin de contenir les subventions qui s'y rapportent tout en recherchant des moyens plus efficaces d'assister les segments les plus vulnérables de la population. L'environnement actuel, marqué par la faiblesse des cours mondiaux du pétrole, offre une occasion d'atteindre cet objectif, tandis que la perte de recettes budgétaires rend cruciale la baisse des subventions.

Le gouvernement a indiqué qu'il est prêt à adopter des mesures de précaution au cas où la situation économique mondiale devait rester défavorable pendant une période prolongée. Ces mesures consisteraient, entre autres, à poursuivre la rationalisation des dépenses publiques et à accroître l'efficacité de la mobilisation des recettes fiscales non pétrolières. La crise actuelle souligne l'importance de diversifier l'économie gabonaise, qui reste tributaire du secteur des hydrocarbures. Pour ce faire, il faudra poursuivre et accélérer les réformes structurelles pour améliorer le climat des affaires, et notamment pour assurer un développement harmonieux du secteur financier au niveau régional.

Sur la base des ententes conclues durant la mission, les services recommanderont à la direction du FMI l'achèvement de la deuxième et de la troisième revues de l'Accord de confirmation en faveur du Gabon. "



DÉPARTEMENT DE LA COMMUNICATION DU FMI

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