Déclaration de la mission du FMI en République démocratique du Congo

Communiqué de presse n° 08/346 (F)
Le 23 décembre 2008

M. Brian Ames, chef d'une mission du Fonds monétaire international (FM) en République démocratique du Congo, a fait la déclaration ci-après le 20 décembre 2008 à Kinshasa :

« Une mission du FMI a séjourné à Kinshasa du 10 au 20 décembre 2008. Cette mission a évalué l'impact de la crise financière internationale sur l'économie intérieure, examiné les progrès accomplis dans le cadre du programme économique de référence 2008 des autorités, analysé le projet de budget 2009 et évoqué la possibilité d'une assistance financière par le biais du volet « accès rapide » de la Facilité de protection contre les chocs exogènes. Elle a rencontré le Premier ministre Adolphe Muzito, le Ministre des Finances Athanase Matenda, le Ministre du Budget Michel Lokola, le Gouverneur de la Banque centrale Jean-Claude Masangu ainsi que d'autres ministres et hauts fonctionnaires de premier plan. Elle a aussi rencontré le Président du Sénat Léon Kengo, le Président de l'Assemblée nationale Vital Kamarhe et des membres des commissions économiques et financières des deux chambres.

Ces derniers mois, l'économie de la RDC a été ébranlée par deux grands chocs : la crise financière internationale et l'aggravation du conflit dans les provinces orientales. La baisse des prix d'exportation des principaux produits de base (notamment le cuivre et le cobalt) a eu des conséquences néfastes sur l'activité économique et l'emploi, en particulier dans le secteur minier. La diminution des recettes et l'augmentation des dépenses de sécurité ont entraîné une dégradation de la situation des finances publiques, une baisse des réserves internationales et des pressions sur le taux de change.

Les résultats obtenus dans le cadre du programme de référence 2008 étaient dans l'ensemble conformes aux attentes fin septembre, mais la situation économique s'est détériorée au quatrième trimestre. D'après les projections, la croissance économique sera d'environ 8 % en 2008, contre un taux de 10 % prévu dans un premier temps. Cependant, l'inflation est descendue de 30 % à 24 %, sous l'effet du reflux des cours mondiaux des produits pétroliers et des denrées alimentaires. Les réserves internationales sont à leur plus bas niveau depuis cinq ans.

Il est probable qu'en 2009 la situation économique sera encore plus difficile. La baisse des exportations minières et ses retombées indirectes vont considérablement freiner l'activité économique, faire monter le chômage et fragiliser la balance des paiements. En 2009, les pouvoirs publics devront faire face à cette conjoncture difficile tout en maintenant la stabilité macroéconomique. Sur le plan budgétaire, étant donné que l'on prévoit une forte diminution des recettes, il incombera au gouvernement d'améliorer la composition des dépenses publiques et de cibler les activités à forte intensité de main-d'_uvre. En même temps, un soutien accru des bailleurs de fonds sera essentiel pour créer un espace budgétaire suffisant tout en évitant des tensions excessives sur les prix et le taux de change. Une politique monétaire anticipatoire permettant d'éponger les liquidités excédentaires sera aussi indispensable pour préserver la stabilité macroéconomique et faciliter l'adaptation aux nouvelles conditions économiques.

Le FMI se tient prêt à aider la RDC à traverser cette période difficile. La mission a évoqué la possibilité d'une assistance financière par le biais du volet « accès rapide » de la Facilité de protection contre les chocs exogènes du FMI, pour un montant pouvant atteindre 25 % de la quote-part (environ 200 millions de dollars EU). L'accès à ces ressources serait soumis à l'approbation de la direction et du Conseil d'administration du FMI. Il supposerait aussi, entre autres éléments, que les autorités continuent à riposter de façon appropriée à la chute des prix des produits de base et se montrent soucieuses de bien gérer les finances publiques et déterminées à préserver la viabilité de la dette extérieure. D'autres partenaires au développement envisagent aussi de fournir en urgence un soutien financier additionnel au pays. Ensemble, ces mesures pourraient faciliter le processus d'ajustement tout en atténuant les perturbations socio-économiques induites par les chocs exogènes.

Les discussions vont se poursuivre sur un nouvel accord triennal au titre de la Facilité pour la réduction de la pauvreté et pour la croissance du FMI. À cet égard, il importera que les autorités puissent montrer qu'elles ont appliqué avec constance leurs politiques et les réformes structurelles, notamment dans le domaine de la gestion des finances publiques. Enfin, l'accord de coopération sino-congolais devra être rendu compatible avec l'exigence de viabilité de la dette.

Les membres de la mission tiennent à remercier les autorités de leur chaleureuse hospitalité et de l'excellente coopération dont elles les ont fait bénéficier pendant leur séjour. »



DÉPARTEMENT DE LA COMMUNICATION DU FMI

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