Déclaration d'une Mission du FMI en Côte d'Ivoire

Communiqué de presse no 08/39
le 3 mars 2008

Une mission du FMI dirigée par M. Arend Kouwenaar a séjourné à Abidjan du 21 au 29 février 2008. Les buts de cette visite, faisant suite à celle de novembre 2007, étaient d'évaluer avec les autorités l'exécution budgétaire en 2007 et de discuter d'un cadrage budgétaire révisé pour 2008, en prenant en compte les dispositions des Accords Complémentaires de Ouagadougou. La mission a abouti à un accord sur un programme économique pour 2008 qu'elle entend soumettre au Conseil d'Administration du FMI pour être appuyé par une nouvelle Assistance d'Urgence Post- Conflit (AUPC) du FMI.

La mission a publié la déclaration suivante le 29 février 2008 à Abidjan

« La mission se félicite que le processus de réunification soit en bonne voie et que le calme soit revenu dans la plupart des régions du pays. Elle note que cela a contribué à relancer l'activité économique, malgré les barrages militaires qui persistent et imposent des couts économiques considérables. La croissance du PIB a atteint 1½ % en 2007 et l'inflation est restée modérée malgré une hausse temporaire des prix de certains produits alimentaires au troisième trimestre. Compte tenu de plusieurs autres signes encourageants, notamment la forte reprise des investissements et du crédit à l'économie, le taux de croissance devrait monter à 3% en 2008.

Le Gouvernement a réussi à rester proche des objectifs budgétaires globaux, bien que la composition des dépenses n'ait pas été conforme au Budget : les dépenses de fonctionnement, notamment des institutions nationales (y compris les dépenses de souveraineté) ont dépassé les dotations aux dépens des besoins de sortie de crise et des investissements. Grâce à un effort exceptionnel pour mobiliser des recettes et des ressources sur le marché financier régional, le Gouvernement a amélioré les relations avec ses créanciers : il a remboursé significativement ses arriérés vis-à-vis de ses créanciers intérieurs et est resté à jour de ses obligations courantes au titre de sa dette vis-à-vis de la quasi-totalité de ses créanciers multilatéraux. Les autorités viennent de payer la part de la Côte d'Ivoire dans l'apurement des arriérés vis-à-vis de la Banque Mondiale ; elles espèrent que cela ouvrira la voie à un don de celle-ci pour l'apurement du reste des arriérés ainsi qu'à de nouveaux financements.

Les objectifs majeurs du programme pour 2008 sont de ramener la Côte d'Ivoire sur son rythme de croissance d'avant la crise et de renouer avec une stratégie de réduction de la pauvreté. Le programme vise principalement à dégager les dividendes de la paix par plusieurs voies : en mobilisant les recettes sur l'ensemble du territoire, notamment à travers le redéploiement de l'administration fiscale dans les zones Centre-Nord-Ouest ; en luttant contre la fraude et la corruption ; et en réduisant les dépenses non prioritaires pour pouvoir mieux répondre aux besoins des secteurs de l'éducation, de la santé et des infrastructures de base. La gestion des dépenses publiques devrait s'améliorer à travers un respect strict des dotations budgétaires— en particulier en cette année électorale —et la publication trimestrielle des états d'exécution budgétaire. Pour faire face aux besoins de financement exceptionnels pendant cette année de sortie de crise, le programme prévoit des contributions significatives au budget de l'État de la part de la société nationale d'opérations pétrolières (PETROCI).

Des réformes structurelles du programme continuent à mettre l'accent sur la gouvernance dans la gestion des ressources publiques. Plus d'information sur les flux physiques et financiers dans le secteur de l'énergie et un ajustement de la tarification de l'électricité et des produits pétroliers en ligne avec les prix mondiaux en forte hausse devraient aider à accroitre l'efficience et les contributions au Budget. Au niveau du secteur café/cacao, une gestion plus transparente et une réduction de la parafiscalité sont nécessaires pour permettre d'accroitre les revenus des agriculteurs.

La mission réitère que le FMI pour sa part continuera à soutenir la Côte d'Ivoire dans ses efforts de sortie de crise, d'abord avec l'AUPC et ensuite, le moment venu, dans le cadre de la Facilité pour la Réduction de la Pauvreté et pour la Croissance (FRPC) et l'allégement de la dette sous l'initiative des Pays Pauvres Très Endettés (PPTE). »



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