Le Burundi atteint le point d'achèvement de l'Initiative renforcée d'allégement de la dette PPTE

Communiqué de presse n° 09/18 (F)
30 Janvier 2009

WASHINGTON, le 29 janvier 2009. L'Association internationale de développement (IDA), institution de la Banque mondiale, et le Fonds monétaire international (FMI) ont décidé que le Burundi a fait des progrès suffisants et pris les mesures nécessaires pour parvenir au point d'achèvement de l'Initiative en faveur des pays pauvres très endettés (PPTE). Suite à cette décision, le Burundi devient le 24e pays à atteindre le point d'achèvement de l'Initiative.

L'allègement de dette au titre de l'Initiative PPTE renforcée pour tous les créanciers du Burundi a été révisé à la hausse, à 833 millions de dollars en valeur actuelle nette (VAN)1 contre le montant de 826 millions de dollars estimé lorsque le document du point de décision avait été rédigé. L'allégement de dette PPTE consenti par l'IDA et le FMI se chiffre en VAN à 425 millions de dollars et 19 millions de DTS (28 millions de dollars), respectivement.

Le passage au point d'achèvement PPTE permet au Burundi d'être également admis à bénéficier d'autres allégements accordés par le FMI, l'IDA et le Fonds africain de développement (FAfD) au titre de l'Initiative d'allégement de la dette multilatérale (IADM). Ces allégements, qui n'incluent pas l'aide PPTE, se traduiront par une réduction de la valeur nominale2des créances de l'IDA et du FMI de 90 millions de dollars et 9 millions de DTS (15 millions de dollars) respectivement.

Pour atteindre le point d'achèvement, le Burundi a pris un certain nombre de mesures visant à préparer et à mettre en œuvre une stratégie de réduction de la pauvreté, à maintenir un cadre macroéconomique stable, à mettre en place des mécanismes permettant de garantir l'utilisation efficace et transparente des montants libérés par l'allégement intérimaire de la dette PPTE, à renforcer la gestion des dépenses publiques, à appliquer des mesures de bonne gouvernance liées à la prestation des services sociaux, et à améliorer la capacité de gestion de la dette. En outre, les autorités appliquent avec succès d'autres mesures, liées à la démobilisation, à la filière café et aux secteurs sociaux.

« Nous sommes très heureux que les Conseils de la Banque et du FMI aient approuvé l'allégement intégral de la dette du Burundi au titre de l'Initiative PPTE et de l'IADM, » a déclaré John M. McIntire, Directeur des opérations de la Banque mondiale pour la Tanzanie, l'Ouganda et le Burundi. « Ceci vient confirmer la qualité de la gestion des finances publiques et de la dette du Burundi au moment où il sort du conflit et s'achemine vers le redressement économique et social. Mes collègues du FMI et moi-même félicitons les autorités burundaises pour ces résultats. Dans le même temps, nous les exhortons à maintenir le cap vers la réalisation des objectifs de leur programme stratégique national de réduction de la pauvreté en utilisant cet allégement aux fins pour lesquelles il a été accordé, » a-t-il ajouté.

Bernardin Akitoby, chef de mission du FMI pour le Burundi, estime pour sa part que « les autorités méritent d'être félicitées pour avoir atteint cette étape décisive. L'allégement va réduire considérablement la charge de la dette du Burundi et libérer des ressources pour financer des dépenses dans des domaines essentiels à la réalisation des Objectifs du Millénaire pour le Développement. » Et il a ajouté que pour l'avenir, le Burundi doit encore relever un défi de taille, qui consiste à « conserver une situation de la dette extérieure et intérieure viable, en empruntant avec précaution et en appliquant une politique budgétaire prudente. »

ANNEXE

L'Initiative PPTE

En 1996, la Banque mondiale et le FMI ont lancé l'Initiative PPTE pour mettre en place un cadre dans lequel tous les créanciers, y compris les créanciers multilatéraux, peuvent accorder un allégement de dette aux pays les plus pauvres et les plus lourdement endettés. Cet allégement doit permettre de réduire les obstacles imposés par la charge du service de la dette de ces pays à leur croissance économique et à leurs efforts de réduction de la pauvreté. L'Initiative a été modifiée en 1999 de manière à offrir trois améliorations essentielles :

Allégement de dette plus substantiel et plus large. Les seuils d'endettement extérieur ont été abaissés par rapport au cadre initial. De ce fait, davantage de pays peuvent bénéficier d'un allégement de leur dette et certains pays peuvent bénéficier d'un allègement plus important ;

Allégement plus rapide. Un certain nombre de créanciers ont commencé à accorder un allégement de dette provisoire dès le « point de décision ». De même, le nouveau cadre permet aux pays de parvenir plus rapidement à leur « point d'achèvement » ; et

Lien plus étroit entre l'allégement de dette et la réduction de la pauvreté. Les ressources libérées doivent être consacrées aux stratégies de réduction de la pauvreté élaborées par les autorités nationales, à l'issue d'un vaste processus de consultation.

À ce jour, 35 PPTE sont parvenus à leur point de décision, et 24 d'entre eux (dont le Burundi) ont atteint le point d'achèvement

L'Initiative d'allègement de la dette multilatérale

Au sommet du G8 tenu en juillet 2005 à Gleneagles (Écosse), les dirigeants de ce groupe de pays ont pris l'engagement d'annuler la dette des pays les plus pauvres, dont la plupart sont situés en Afrique. Cette Initiative d'allégement de la dette multilatérale (IADM) visait à réduire davantage la dette des PPTE et de dégager ainsi des ressources supplémentaires en vue de les aider à atteindre les objectifs de développement pour le Millénaire (ODM).

Bien que séparées, les initiatives IADM et PPTE sont étroitement liées du point de vue opérationnel. Dans le cadre de l'IADM trois institutions multilatérales — l'Association internationale de développement (entité membre du Groupe de la Banque mondiale), le Fonds monétaire international et le Fonds africain de développement — accordent une remise totale de dette aux pays ayant atteint le point d'achèvement de l'initiative PPTE3. Contrairement à l'initiative PPTE, l'IADM n'inclut pas tous les créanciers. N'y participent donc pas les créanciers officiels bilatéraux ou commerciaux, ni les institutions multilatérales autres que les trois citées ci-dessus.


1 La valeur actuelle nette (VAN) de la dette est le montant actualisé de l'ensemble des obligations du service de la dette à venir (intérêts et principal).
2 Par valeur nominale on entend le montant réel en dollar du service de la dette remise au cours d'une période donnée.
3 Le FMI a aussi accordé un allégement de dette IADM à des pays autres que les PPTE dont le revenu par habitant est inférieur à 380 dollars, afin d'assurer l'uniformité de traitement dans l'utilisation de ses ressources.


DÉPARTEMENT DE LA COMMUNICATION DU FMI

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