Communiqué de Presse de la Mission du FMI dans le Cadre de la Consultation au Titre de l’Article IV pour 2009 avec l’Algérie

Communiqué de presse n° 09/388(F)
Le 4 novembre 2009

Une mission du Fonds monétaire international, dirigée par Monsieur Joël Toujas-Bernaté, a séjourné à Alger du 21 octobre au 3 novembre 2009 pour conduire les discussions dans le cadre des consultations annuelles au titre de l’Article IV des statuts du FMI. Cette consultation sera conclue par la préparation d’un rapport qui sera discuté par le Conseil d’Administration du FMI début 2010, et publié sur le site: www.imf.org/external/country/DZA/index.htm.

Au terme de la mission, M. Toujas-Bernaté a fait la déclaration suivante :

« Les discussions ont porté sur les politiques et perspectives économiques à court et moyen terme, dans le contexte actuel d’incertitude sur la conjoncture mondiale. La mission a bénéficié de discussions avec Son Excellence Monsieur le Ministre des Finances, M. Karim Djoudi, Son Excellence Monsieur le Ministre du Commerce, M. El Hachemi Djaaboub, et Son Excellence Monsieur le Gouverneur de la Banque d’Algérie, M. Mohammed Laksaci. La mission a également rencontré des représentants des secteurs économiques et financiers ainsi que des représentants de la société civile.

« Malgré un contexte international difficile, l’Algérie a continué d’enregistrer une bonne performance économique, en ligne avec l’évolution de ces dernières années. Celles-ci furent caractérisées par la bonne tenue de la croissance hors hydrocarbures, la maîtrise du taux d’inflation et la réduction du chômage, qui reste cependant élevé, particulièrement chez les jeunes. Grâce à des politiques financières prudentes, des réserves extérieures et une épargne budgétaire confortables ont été constituées et l’endettement extérieur a été maintenu à un niveau très faible. Les performances macroéconomiques restent robustes en 2009 :

• la croissance hors hydrocarbures devrait atteindre plus de 9%, grâce à des récoltes céréalières exceptionnelles et une bonne performance des secteurs tirés par le programme d’investissements publics (PIP). Cependant, la réduction sensible de la production des hydrocarbures devrait réduire le taux de croissance du PIB global à environ 2%;

• l’inflation est en hausse (5,8%) en raison d’une forte augmentation des prix des aliments frais. L’inflation hors aliments frais demeure faible (1,4 %) grâce à une politique monétaire prudente, un soutien aux prix de certains produits alimentaires de base et le contenu élevé en importations des dépenses publiques;

• la position extérieure reste confortable, avec des réserves internationales atteignant environ 146 milliards de dollars à fin septembre 2009. Le solde courant a fortement baissé en raison de la baisse des prix des hydrocarbures et d’importations élevées;

• la position budgétaire a été fortement affectée par la chute des recettes des hydrocarbures tandis que le niveau des dépenses demeure élevé. En conséquence, l’Algérie enregistrera cette année son premier déficit budgétaire de la décennie, qui pourrait atteindre 8,4 % du PIB contre un surplus de 8,1 % du PIB en 2008.

« L’Algérie n’a pas été directement affectée par la crise financière, mais elle a été touchée par la chute des prix des hydrocarbures. Le secteur des hydrocarbures devrait connaître une amélioration de son activité en 2010 grâce à la reprise de la croissance mondiale et pourrait contribuer positivement à la croissance globale pour la première fois depuis plusieurs années. Les perspectives à moyen terme restent favorables, même si l’activité hors hydrocarbures pourrait se ralentir quelque peu, avec la stabilisation des dépenses d’investissement publics et un secteur privé qui ne semble pas encore être entièrement en mesure de prendre le relais comme moteur de la croissance. Les perspectives financières à moyen terme se sont fortement améliorées avec la hausse du prix du baril, mais restent fortement dépendantes des fluctuations de prix des hydrocarbures. Ainsi, la crise économique internationale actuelle souligne l’impératif de diversification de l’économie, y compris la réduction de la dépendance budgétaire vis-à-vis des ressources hydrocarbures.

« L’objectif principal de la politique budgétaire en 2010 devrait être de soutenir l’effort d’amélioration des infrastructures tout en continuant à améliorer la maîtrise et le ciblage des dépenses. Après une phase d’accumulation de ressources dans le Fonds de régulation des recettes (FRR) au cours des dernières années, il est maintenant justifié d’utiliser ces ressources pour financer le PIP qui dynamise le secteur hors hydrocarbures et préserve ainsi l’emploi, et dont le volet infrastructures contribuera potentiellement à améliorer à moyen ou long terme la capacité productive de l’économie algérienne. Toutefois, dans le but de réorienter la politique budgétaire vers une trajectoire de viabilité à long terme des finances publiques, il serait indiqué d’affiner les règles gouvernant le financement des dépenses budgétaires par les ressources hydrocarbures, et de rationaliser davantage les dépenses publiques et poursuivre la mobilisation des recettes hors hydrocarbures. L’orientation dominante de la politique monétaire en 2010 devrait être de contrôler l’excès de liquidité et les pressions inflationnistes tout en communiquant de manière plus large le but et les instruments de cette politique. Par ailleurs, la Banque d’Algérie continue à maintenir le taux de change effectif réel proche de son niveau d’équilibre.

« En cette période de reprise économique modérée au niveau mondial, il est important d’élaborer une stratégie bien orchestrée et concertée de mise en place de politiques favorisant l’émergence d’un secteur privé dynamique et compétitif. Les autorités ont pris des mesures pour améliorer l’intermédiation bancaire afin de mieux canaliser la très forte épargne nationale vers le développement des investissements hors hydrocarbures, notamment du secteur privé, et ces efforts devraient être poursuivis. Il faudra également suivre de près l’impact de certaines mesures de la Loi de finances complémentaire de 2009 sur les perspectives de diversification de l’économie. La diversification de l’économie devra s’appuyer sur une amélioration sensible du climat des affaires. La mission encourage enfin les autorités à poursuivre leurs efforts d’intégration de l’Algérie dans l’économie régionale et mondiale. »



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