Déclaration au terme d’une visite des services du FMI
en République Démocratique du Congo

Communiqué de presse n° 09/399(F)
Le 11 novembre 2009

Une mission du Fonds monétaire international (FMI) dirigée par M. Brian Ames a séjourné en République démocratique du Congo du 27 octobre au 10 novembre 2009 pour passer en revue les développements économiques récents et leurs impacts sur le programme économique du Gouvernement, y compris le projet de budget 2010 présentement à l’examen au Parlement. La mission a rencontré le Président du Sénat, M. Léon Kengo, le Premier ministre, M. Adolphe Muzito, le Ministre des Finances, M. Athanase Matenda, le Ministre du Budget, M. Michel Lokola, le Gouverneur de la Banque centrale, M. Jean-Claude Masangu, ainsi que d'autres hauts responsables du gouvernement. La mission a aussi participé dans des activités de sensibilisation sur le budget 2010 avec les commissions des affaires économiques et financières (ECOFIN) de l’Assemblée nationale et du Sénat.

La mission s’est entretenue avec les autorités sur l’impact de l’accélération de l’inflation et de la dépréciation du taux de change sur le programme économique du Gouvernement depuis fin août. La mission a également discuté des hypothèses macroéconomiques et de recettes sous-tendant le projet de budget 2010 soumis au Parlement en septembre dernier. La mission s’est entendue avec les autorités sur un cadre macroéconomique révisé conforme aux objectifs d’une forte croissance, d’une faible inflation, de réserves en devises élevées, et d’une réduction de la pauvreté.

M. Brian Ames a fait la déclaration suivante à Kinshasa :

« L’objectif principal de la mission a été de discuter avec les autorités de l’impact des récents développements économiques sur le programme économique du Gouvernement pour 2009 et le projet de budget 2010 actuellement au Parlement.

La croissance économique est projetée à 2,7% en 2009 suite aux effets de la crise financière mondiale sur l’économie locale. Après avoir baissé de mai à août, l’inflation est remontée en septembre-octobre en réponse à l’augmentation des liquidités et la dépréciation du franc congolais, qui s’est déprécié par rapport au dollar des E.U. de 35 pourcent entre décembre 2008 et septembre 2009. Les réserves internationales brutes ont augmenté de leur faible niveau historique de 25 millions de dollar E.U. en février, à 894 millions de dollar E.U. à fin septembre (soit 10 semaines de couverture des importations) à la suite du décaissement des aides d’urgence de la part du Fonds monétaire international et d’autres partenaires au développement, du décaissement de la première tranche du pas de porte au titre de l’Accord de Coopération Sino-Congolais, ainsi que des récentes allocations générales et spéciales des Droits de Tirage Spéciaux (DTS) du FMI en faveur des pays membres.

Dans ce contexte, les autorités ont mis en œuvre leur programme économique pour 2009 de manière satisfaisante jusqu`à fin septembre, avec les recettes et les dépenses de l’Etat en ligne avec les projections. Cependant, le manque de coordination ponctuelle entre le Trésor et la Banque centrale a entravé la gestion des liquidités, résultant en une surliquidité dans l’économie. La mission salue le récent renforcement de la politique monétaire, qui devrait aider à modérer l’inflation ainsi que les efforts en cours pour améliorer la coordination dans la prévision de liquidité à travers des réunions de coordination hebdomadaires plutôt que mensuelles.

Concernant le projet de budget 2010, bien que les développements récents auront un impact sur la valeur nominale des recettes projetées et des crédits de dépenses, ils n’influenceront pas en termes réels la composition de la dépense. Les autorités ont indiqué que tout en demeurant ouvertes à la révision du cadre macroéconomique qui soutient le budget, leurs priorités économiques et sociales ainsi que les politiques pour 2010 devraient rester les mêmes. Les discussions de la mission avec les deux commissions ECOFIN ont eu lieu dans le cadre d’un atelier technique, centré sur les changements des hypothèses macroéconomiques et leur impact probable sur les recettes, les dépenses et le financement du budget 2010. La mission a apprécié cet échange, particulièrement l’accent qui a été mis sur l’évaluation des risques et des incertitudes dans les mois à venir.

La mission a félicité les autorités pour les révisions apportées à l’Accord de Coopération Sino-Congolais ainsi rendu compatible avec la viabilité de la dette. Quoique le financement des infrastructures garanti par l’Etat augmentera considérablement les indicateurs du service de la dette extérieure du pays à moyen terme, les services du FMI et de la Banque mondiale n’ont pas estimé qu’il aura un impact important sur la viabilité de la dette à long terme. Cependant, en cas d’absence d’allègement de la dette, les indicateurs de la dette du pays continueront à présenter un haut niveau de surendettement. Sur cette base, les services du FMI souhaitent demander des assurances de financement de la part des créanciers du Club de Paris concernant le rééchelonnement de la dette officielle de la RDC. Si tout va bien, l’examen, par le Conseil d’Administration du FMI, de la requête des autorités pour un programme triennal dans le cadre de la Facilité pour la Réduction de la Pauvreté et la Croissance pourrait suivre immédiatement après.

La mission tient à remercier les autorités de leur chaleureuse hospitalité ainsi que l’excellente coopération pendant son séjour.»



DÉPARTEMENT DE LA COMMUNICATION DU FMI

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