Déclaration au terme d’une visite des services du FMI
en République Démocratique du Congo

Communiqué de presse n° 10/103 (F)
20 mars 2010

Une mission du Fonds monétaire international (FMI) conduite par M. Brian Ames a visité la République Démocratique du Congo du 2 au 20 mars 2010 pour conduire la première revue de la Facilité Elargie de Crédit (FEC)1. La mission a également évalué les progrès réalisés dans l’observation des déclencheurs en vue de l’atteinte du point d’achèvement dans le cadre de l'initiative de l’allégement de la dette des Pays Pauvres Très Endettés (PPTE). La mission a rencontré le Premier Ministre M. Adolphe Muzito, le Ministre des Finances M. Matata Ponyo Mapon, le Ministre du Budget M. Jean-Baptiste Ntahwa, le Gouverneur de la Banque Centrale M. Jean-Claude Masangu, et d'autres hauts fonctionnaires du Gouvernement.

La mission a fait une évaluation des performances macroéconomiques à fin 2009 et discuté de l’état de la mise en œuvre du budget 2010 ainsi que de réformes structurelles clefs, y compris les déclencheurs de l'Initiative PPTE. La mission a également organisé des ateliers d’information sur le rôle du FMI dans les pays à faible revenu avec les Commissions Economiques et Financières (ECOFIN) du Sénat et de l'Assemblée Nationale ainsi qu’avec les représentants des organisations syndicales et non-gouvernementales.

A la fin de la mission, M. Ames a fait la déclaration suivante à Kinshasa:

"Les performances macroéconomiques durant la deuxième moitié de 2009 étaient satisfaisantes. La croissance économique est estimée avoir ralenti de 6,2 pourcent en 2008 à 2,8 pourcent en 2009 dû aux effets de la crise économique et financière mondiale sur le pays. Après avoir diminué en août, l’inflation a augmenté en septembre et octobre suite à l’augmentation de la masse monétaire et la dépréciation du Franc Congolais vis-à-vis du dollar américain. À la fin de l'année, l'inflation a baissé à environ 53 pourcent, légèrement au-dessus de l’objectif du gouvernement de 49 pourcent. Les réserves internationales brutes sont passées d'un niveau historiquement bas, US$ 25 millions en février 2009, à
US$ 1 milliard à fin décembre (soit 10 semaines de couverture d'importation hors assistance). Cette augmentation fait suite au décaissement d’une aide d’urgence du FMI et d'autres partenaires au développement, au décaissement de la première tranche du pas-de-porte de l’Accord Sino-Congolais de Coopération, et aux allocations générales et spéciales de Droits de Tirage Spéciaux (DTS) du FMI aux pays membres.

"Les autorités ont mis en œuvre, avec succès, leur programme économique 2009 et ont observé tous les critères de performance quantitatifs et toutes les cibles indicatives à l’exception de celle liée à la masse monétaire, dû à un manque de coordination entre le Trésor et la Banque Centrale, résultant en une surliquidité dans l'économie. Bien que 2 des 9 repères structurels ont été observés, les sept restants devraient être mis en oeuvre d’ici fin avril.

"Les autorités ont continué à mettre en œuvre en janvier et février 2010 leur Plan de Trésorerie en base caisse avec un crédit net au gouvernement égal à zéro. Cependant, le niveau et la composition des dépenses se sont écartés du programme, financé en grande partie par des recettes fiscales pétrolières ponctuelles plus élevées que prévu. La mission est parvenue à un accord avec les autorités sur un Plan de Trésor révisé pour 2010 qui soit conforme aux objectifs macroéconomiques des autorités.

"La mission, en collaboration avec les services de la Banque mondiale, a passé en revue le statut des déclencheurs PPTE, dont l'observance est une condition pour l’atteinte du point d’achèvement et recevoir une réduction substantielle d’un allégement de la dette de la part des créanciers extérieurs. Il y a eu de bon progrès sur tous les fronts, mais l'observance des sept déclencheurs exigera des actions rapides de la part du gouvernement. Ceci sera facilité par le Comité de surveillance qui a été créé sous l'autorité du Premier Ministre. Si tout va bien au niveau des autorités, les services de la Banque mondiale et du FMI comptent soumettre la demande d’allégement de la dette dans le cadre de l’Initiative PPTE et de l’Initiative de l’Allégement de la Dette Multilatérale à leurs Conseils d’administration respectifs avant fin juin. A l’avenir, un appui budgétaire supplémentaire de la part des donateurs aidera à maintenir la stabilité macroéconomique et à protéger les dépenses pro-pauvres.

"La mission voudrait remercier les autorités de leur chaleureuse hospitalité et leur excellente coopération pendant la visite."


1 La facilité élargie de crédit (FEC), qui a remplacé la facilité pour la réduction de la pauvreté et pour la croissance (FRPC) comme principal outil dont dispose le FMI pour apporter un soutien financier à moyen terme aux pays à faible revenu, est caractérisée par des plafonds d’accès plus élevés, des conditions de financement plus concessionnelles, une plus grande souplesse dans la conception des programmes qu’elle appuie et une conditionnalité à la fois plus simple et mieux ciblée. Le taux d’intérêt des financements accordés au titre de la FEC est de 0 %, avec un différé d’amortissement de cinq ans et demi et une échéance maximale de dix ans. Le FMI revoit tous les deux ans les taux d’intérêt de tous ses guichets de financement concessionnel.



DÉPARTEMENT DE LA COMMUNICATION DU FMI

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