Déclaration à l’issue de la mission des services du FMI au Sénégal

Communiqué de presse n° 10/113
Le 25 Mars 2010

Une mission du Fonds monétaire international (FMI) dirigée par Norbert Funke s’est entretenue avec les autorités sénégalaises du 11 au 25 mars 2010 dans le cadre des consultations de 2010 au titre de l’article IV et pour passer en revue les programmes au titre de l’Instrument de soutien à la politique économique (ISPE) et de la Facilité de protection contre les chocs exogènes (FCE). La mission a rencontré le Ministre d’État et Ministre de l’économie et des finances, M. Abdoulaye Diop, le Ministre délégué chargé du budget, M. Abdoulaye Diop, le Ministre d’État chargé de la coopération internationale et des infrastructures, M. Karim Wade, le Ministre de l’énergie, M. Samuel Sarr, le Ministre de l’agriculture, Mme Fatou Gaye Sarr, le Directeur national de la BCEAO, Mme Fatimatou Zahra Diop, ainsi que d’autres hauts fonctionnaires, des représentants des milieux d’affaires et du secteur financier, des syndicats, de la société civile et des partenaires au développement. Les entretiens ont été centrés sur les progrès accomplis par le Sénégal dans la mise en œuvre de son programme économique et les mesures propres à rehausser la croissance.

A l’issue de la mission, M. Funke, Chef de mission pour le Sénégal, a fait aujourd’hui la déclaration suivante à Dakar:

« L’économie du Sénégal devrait amorcer cette année un redressement progressif après deux années de croissance plus lente qu’à l’accoutumée, du fait de chocs à la fois exogènes et internes. Le taux de croissance du PIB réel, qui a été de 2 % en moyenne en 2008 et 2009, devrait passer à près de 3½ % en 2010. Des incertitudes demeurent toutefois, du fait des risques que la reprise économique mondiale soit plus hésitante que prévu, de la menace de nouveaux problèmes dans le secteur de l’énergie et des contraintes de financement qui limitent la marge de manœuvre budgétaire du gouvernement. Le taux d’inflation annuelle, négatif depuis plus de six mois, devrait revenir peu à peu à environ 2 %.

« La conjoncture économique difficile a compliqué la mise en œuvre de certaines mesures du programme économique et financier du gouvernement. La plupart des critères d’évaluation quantitatifs ont été respectés, y compris celui relatif aux instances de paiement qui limite les retards de paiement de l’État, et les principaux repères structurels ont été tenus. Cependant, le déficit budgétaire global a été plus élevé que prévu dans le programme en 2009, atteignant 5 % du PIB. Les recettes ont été insuffisantes, en raison principalement des arriérés d’impôt des entreprises publiques (surtout SENELEC) et des dépenses courantes ont été plus élevées que prévue. Les investissements publics, prioritaires aux yeux du gouvernement, sont passés à 10 ½ % du PIB. Dès lors que la reprise s’affermira, les mesures de relance budgétaire qui ont été utilisées pour atténuer l’impact de la crise seront progressivement levées, de sorte que le déficit revienne à l’objectif à moyen terme de 4 % du PIB, qui est compatible avec la viabilité de la dette. Pour atteindre cet objectif, il sera nécessaire de contenir les dépenses non prioritaires, grâce à une saine gestion des finances publiques. En 2010, le déficit budgétaire devrait rester inférieur à 5 % du PIB.

« Des avancées pour l’essentiel satisfaisantes ont été accomplies sur le front des réformes structurelles. L’État a entrepris d’apurer les engagements extrabudgétaires et la dette des agences et institutions publiques et entend, sur la base d’un examen minutieux, régulariser les dépenses passées qui n’avaient pas été budgétisées. Le prompt remboursement de ces engagements, accompagné d’un processus transparent et publiquement expliqué, est indispensable pour que les relations financières entre l’État et le secteur privé reviennent à la normale. Les initiatives axées sur la gestion des finances publiques, l’élaboration de plans d’action pour le secteur financier et pour les dépenses fiscales progressent grosso modo conformément aux engagements du programme. La mission reste préoccupée par la lenteur des progrès de la réforme du secteur de l’énergie.

« Pour rehausser le potentiel de croissance du Sénégal, il faudra que les autorités accélèrent la mise en œuvre de leur stratégie de croissance, en donnant la priorité à l’amélioration de la compétitivité en créant un climat plus propice aux affaires et à des améliorations supplémentaires de la gouvernance. Une vaste réforme du secteur énergétique doit être mise en œuvre sans plus de délais, en étroite coopération avec les partenaires au développement, afin de limiter la charge budgétaire significative et les risques économiques et financiers liés à ce secteur. Il importe de remédier aux goulots d’étranglement au niveau des approvisionnements énergétiques, d’accroître l’efficacité opérationnelle de SENELEC et de faire en sorte que les tarifs et la grille tarifaire correspondent au coût véritable de la production d’électricité, tout en protégeant les couches les plus vulnérables. Parce que le secteur financier doit aussi contribuer davantage à la croissance, il est crucial d’améliorer le contexte institutionnel, juridique et opérationnel de ce secteur avec prudence, en veillant à ne pas le fragiliser.

« À son retour à Washington, la mission du FMI récapitulera les entretiens dans un rapport des services au Conseil d'administration. L’examen par le Conseil d’administration des revues des programmes ISPE et FCE ainsi que des consultations au titre de l’article IV est provisoirement fixé à la fin du mois de mai ».



DÉPARTEMENT DE LA COMMUNICATION DU FMI

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