Déclaration au terme d’une visite des services du FMI au Cameroun

Communiqué de presse n° 10/135 (F)
Le 5 avril 2010

Une mission du Fonds monétaire international (FMI), conduite par M. Mauro Mecagni a séjourné au Cameroun du 17 Mars au 1er Avril 2010 pour effectuer les consultations au titre de l’Article IV1. La mission a rencontré son Excellence Monsieur le Premier Ministre, Philémon Yang, le Ministre d’Etat Secrétaire Général à la Présidence de la République, Laurent Esso, plusieurs membres du gouvernement, des hauts responsables de l’administration, des délégués locaux du gouvernement, le secteur privé, les bailleurs de fonds, ainsi que les représentants des syndicats et ceux des organisations de la société civile.

A l’issue de la mission, M. Mauro Mecagni, chef de mission pour le Cameroun, a fait la déclaration suivante à Yaoundé:

“La crise financière internationale a continué d’affecter l’économie camerounaise à travers une faible demande des principaux produits d’exportations du pays, une baisse des prix moyens internationaux des produits pétroliers en 2009 par rapport à 2008, et des retards dans les investissements directs étrangers. En conséquence, l’activité économique, les comptes budgétaires, et le compte courant extérieur ont été très affectés. L’impact a cependant été moins sévère qu’initialement anticipé, grâce aux mesures de riposte appropriées prises par les autorités, au soutien du FMI au titre de la composante à accès rapide de la Facilité de Protection contre les Chocs Exogènes, et à la reprise de l’économie mondiale en cours actuellement. La croissance économique a fléchi à 2,0% en 2009, contre 2,9% en 2008.

“Les perspectives économiques du Cameroun demeurent globalement favorables. La croissance économique est projetée autour de 3% en 2010 et il est prévu une accélération dans les années à venir, sous réserve de la consolidation de la reprise mondiale qui pourrait soutenir la demande pour les exportations du Cameroun. La mission a accueilli favorablement le Document de Stratégie pour la Croissance et l’Emploi (DSCE) récemment adopté, qui définit les objectifs et priorités à moyen et long termes des autorités. La mission s’accorde sur la nécessité de s’attaquer aux importants goulots d’étranglement dans le domaine des infrastructures qui affectent les perspectives de croissance, et invite les autorités à assurer une mise en œuvre effective du DSCE notamment en améliorant au préalable les capacités de sélection, d’exécution et de suivi des projets d’investissement public. La mission a conseillé aux autorités de rechercher les ressources appropriées pour financer ces projets, tout en préservant la viabilité du budget et de la dette, et en maintenant la stabilité macroéconomique. Le FMI, en coopération avec d’autres institutions, est prêt à assister les autorités dans la mise en œuvre de leur programme économique, y compris à travers la fourniture d’une assistance technique adaptée.

“S’agissant du budget 2010, sa faisabilité dépend très fortement de la mobilisation d’un niveau élevé de financements intérieurs, y compris par le recours à un emprunt obligataire et le tirage sur les dépôts de l’Etat auprès de la banque centrale. Le budget 2010 pourrait subir la pression des « restes à payer » accumulés sur les ordonnancements des exercices antérieurs. La mission invite les autorités à rester vigilantes dans l’exécution du budget 2010 et à se tenir prêtes pour ajuster sa mise en œuvre en vue d’en assurer la cohérence avec les plans de financement.

“Tout en reconnaissant les efforts récents, la mission conseille vivement aux autorités d’accélérer l’achèvement des réformes en cours pour renforcer la gestion des dépenses publiques et de la trésorerie, et pour améliorer la gouvernance et le climat des affaires. Une mise en œuvre vigoureuse des réformes programmées dans les domaines des impôts, des douanes, et des entreprises publiques, ainsi que l’apurement des arriérés intérieurs seront cruciaux pour la normalisation des relations avec le secteur privé et le renforcement de la crédibilité de l’Etat, en préparation de l’émission programmée de l’emprunt obligataire sur les marchés financiers intérieur et régional.

“La mission s’est accordée avec les autorités sur la nécessité de préserver la stabilité financière et de veiller à ce que les banques respectent les normes prudentielles. Elle a souligné la nécessité de renforcer la supervision bancaire, et dans ce contexte, de travailler avec l’institution régionale de supervision en vue de renforcer ses capacités. Il est important que les autorités maintiennent un suivi rapproché des évolutions dans ce secteur tout en accélérant la mise en œuvre du plan d’action pour le renforcement de l’intermédiation financière, en étroite collaboration avec les institutions régionales.

“La mission tient à remercier les autorités pour leur chaleureuse hospitalité, la mise à disposition rapide des informations sollicitées, les discussions très fructueuses et franches, ainsi que l’excellente coopération pendant la mission. Il est prévu que le Conseil d’administration du FMI examine les consultations de 2010 au titre de l’Article IV avec le Cameroun d’ici à la mi-juin 2010.’’


1 Conformément aux dispositions de l’article IV de ses Statuts, le FMI procède, en général tous les ans, à des consultations bilatérales avec ses membres. Une mission des services du FMI se rend dans le pays, recueille des données économiques et financières, et s’entretient avec les responsables nationaux de l’évolution et des politiques économiques du pays. De retour au siège, les membres de la mission rédigent un rapport qui est soumis à l’examen du Conseil d’administration. À l’issue de cet examen, le Directeur général, en qualité de Président du Conseil d’administration, résume les opinions des administrateurs et ce résumé est communiqué aux autorités du pays.



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