Déclaration d’une mission des services du FMI au Togo

Communiqué de presse n° 10/153
Le 15 avril 2010

Une mission des services du Fonds monétaire international (FMI) dirigée par M. Marshall Mills a séjourné à Lomé du 1er au 15 avril 2010 pour mener les discussions relatives à la quatrième revue du programme mis en œuvre par le Togo dans le cadre de la facilité élargie de crédit (FEC)1. La mission a rencontré le Président Faure Gnassingbé, le Premier Ministre, M. Gilbert Houngbo, le Ministre de l’Économie et des finances, M. Adji Otèth Ayassor, le Ministre de la Coopération, du développement et de l’aménagement du territoire, M. Gilbert Bawara, et d’autres hautes autorités et responsables du pays. Elle a également eu des échanges fructueux avec des parlementaires et des représentants de la société civile, des syndicats, des bailleurs de fonds, du secteur privé et des média.

Au terme de la mission, M. Mills a rendu publique la déclaration suivante :

«La récession mondiale a eu des retombées négatives sur l’économie togolaise en 2009, et a ralenti la reprise économique engagée par le pays au sortir d’une longue crise intérieure. Malgré la politique budgétaire contracyclique menée par les autorités, la croissance du PIB réel n’a atteint que 3.1 % en 2009, chiffre inférieur au niveau potentiel estimé de 4 %. La production alimentaire a en particulier contribué à la croissance, grâce à des conditions climatiques favorables et aux subventions sur les engrais. L’inflation a chuté à une moyenne de 2 % en 2009, contre 9 % en 2008, sous l’effet du repli des prix des produits alimentaires et énergétiques. Le déficit budgétaire global s’est creusé quelque peu pour atteindre 3 %, principalement en raison de l’augmentation des investissements publics destinés à amortir l’impact de la récession mondiale et de plusieurs années de sous-investissement. Le déficit courant s’est creusé à 7 % du PIB, la récession mondiale ayant freiné la croissance des exportations et pesé lourdement sur les envois de fonds des travailleurs expatriés, tandis que les investissements publics ont alimenté la demande d’importations. La situation monétaire a évolué favorablement dans un contexte de poursuite de la restructuration du secteur bancaire, avec une saine croissance des dépôts et du crédit à l’économie.

En 2010, les effets persistants de la récession mondiale continueront de freiner la croissance économique, dont le taux devrait se situer à 3.3 %. Au vu de cela, la mission s’associe à l’intention des autorités de maintenir une orientation budgétaire contracyclique en 2010, pour autant que les financements soient disponibles et pas onéreux. L’inflation et le déficit courant devraient rester stables.

Si la conjoncture macroéconomique justifie l’orientation de la politique budgétaire en 2010, la réussite de cette politique passe par une solide mobilisation des recettes, un respect rigoureux des plafonds de dépenses, et un complément d’aide financière de la part des partenaires extérieurs. Pour renforcer la viabilité de la dette à moyen terme, les autorités doivent opérer un rééquilibrage progressif des finances publiques à partir de 2011, à mesure que l’économie mondiale poursuivra son redressement.

Dans une conjoncture économique mondiale difficile, la mise en œuvre du programme économique et financier du gouvernement appuyé par la FEC a été globalement satisfaisante, encore que l’on ait relevé quelques écarts modestes par rapport à certains grands objectifs budgétaires. La progression des réformes structurelles a été globalement conforme aux objectifs du programme, mais avec des retards dans certains cas. En plus d’avoir bien avancé dans l’apurement d’un stock important d’arriérés intérieurs, les autorités s’apprêtent à privatiser les banques publiques d’ici la fin de l’année et elles ont d’ores et déjà adopté une stratégie pour la réforme de la filière des phosphates. La mission a salué les plans destinés à mettre en place un guichet unique pour faciliter les formalités commerciales et douanières. Les réformes dans les secteurs de l’électricité et des télécommunications demeurent importantes pour la croissance. La mission a exhorté les autorités à poursuivre la mise en œuvre de leur programme de réformes structurelles.

La mission s’est entendue avec les autorités à titre préliminaire sur un programme économique et financier pour le reste de 2010 et 2011. Au vu de cela, le Conseil d’administration du FMI devrait être saisi en juin 2010 d’un rapport sur les résultats de la quatrième revue du programme appuyé par la FEC et d’une demande des autorités pour un accès à niveau supérieur aux ressources du FMI.

La mission souhaite remercier les autorités de leur chaleureuse hospitalité et de la grande qualité des entretiens techniques.»


1 La Facilité élargie de crédit (FEC) est la nouvelle dénomination de l’appui concessionnel du Fonds monétaire International aux pays à faibles revenus qui était autrefois connu sous la dénomination de Facilité pour la réduction de la pauvreté et la croissance (FRPC).



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