Le FMI prend note du rebond de la croissance et des priorités structurelles au Moyen-Orient et en Afrique du Nord

Communiqué de presse n° 10/395
Le 24 octobre 2010

La région du Moyen-Orient et de l'Afrique du Nord enregistre une reprise relativement robuste, grâce à la hausse des cours et de la production du pétrole, ainsi qu'aux politiques budgétaires de soutien. Toutefois, les pays importateurs de pétrole de la région, en particulier, restent confrontés à des problèmes structurels à plus long terme, selon le dernier rapport du Fonds monétaire international (FMI) sur les perspectives économiques de la région. Ce rapport, qui porte sur le Moyen-Orient, l'Afrique du Nord, l'Afghanistan et le Pakistan (MOANAP), et qui est publié aujourd'hui à Dubaï, prévoit une croissance de 4,2 % dans la région en 2010, soit près du double des 2,3 % enregistrés en 2009. En 2011, la croissance devrait atteindre 4,8 %.

«Nous nous attendons à ce que la plupart des pays de la région enregistrent une croissance plus rapide en 2010 et en 2011 qu'en 2009», a déclaré Masood Ahmed, Directeur du Département Moyen-Orient et Asie centrale du FMI. «Comme la reprise économique se met en place, la région doit de nouveau se tourner vers le moyen terme : diversification de l’économie et développement des marchés financiers pour les pays exportateurs de pétrole, et lutte contre le chômage grâce à une croissance plus rapide et créatrice d’emplois dans les pays émergents», a ajouté M. Ahmed.

Une amélioration manifeste dans les pays exportateurs de pétrole

Dans les pays exportateurs de pétrole de la région MOANAP (Algérie, Arabie Saoudite, Bahreïn, Émirats arabes unis, Iran, Irak, Koweït, Liban, Oman, Qatar, Soudan et Yémen), l'activité économique augmente considérablement. Du fait du rebond de la demande mondiale, la production de pétrole brut devrait passer à 25 millions de barils par jour en 2010 et à 26 millions de barils par jour en 2011. En conséquence, la croissance du PIB pétrolier s'établira à 3,5 % en 2010 et à 4,3 % en 2011. La montée des cours du pétrole (de 23 % en 2010 et de plus de 3 % en 2011) entraîne aussi un redressement marqué des soldes extérieurs. L’excédent courant combiné de ces pays devrait augmenter d’environ 80 milliards de dollars EU sur la base des prévisions actuelles des cours du pétrole, dont une progression de près de 50 milliards de dollars EU pour les pays du Conseil de coopération du Golfe (CCG) (graphique 1).

Une amélioration manifeste dans les pays exportateurs de pétrole

Cependant, le rapport prévoit une activité hors pétrole moins robuste, qui ne progressera que de 1 point de pourcentage entre 2009 et 2011. Dans la plupart des pays, la croissance hors pétrole continue de dépendre de politiques budgétaires de soutien, car le financement privé et le crédit restent déprimés. Au contraire de ce qui se passe dans d’autres régions, les entrées de capitaux ne se sont redressées que faiblement jusqu’à présent dans les pays exportateurs de pétrole de la région MOANAP.

Pour ce qui est de l’avenir, le rapport recommande que, étant donné le redressement de la région, les gouvernements concentrent davantage leurs efforts sur l’objectif à moyen terme qui consiste à faciliter la diversification de l'économie et à réduire la dépendance du budget et de l’économie à l’égard des hydrocarbures.

Pour les pays du CCG, il s’agira de consolider les progrès accomplis, de s'attaquer aux sources de vulnérabilité mises en évidence par la crise qui subsistent et d’opérer des réformes de la réglementation et du contrôle en suivant l’évolution des normes internationales. Quelques autres pays exportateurs de pétrole de la région devront favoriser le développement du secteur financier en éliminant les obstacles à l'entrée et à la sortie, ainsi qu'en réduisant les participations de l'État dans le système bancaire, note le FMI dans son rapport.

Une croissance qui crée des emplois dans les pays importateurs de pétrole

Les pays importateurs de pétrole de la région (Afghanistan, Djibouti, Égypte, Jordanie, Liban, Mauritanie, Maroc, Pakistan, Syrie et Tunisie) ont accompli des progrès modérés en 2010, à l’exception du Pakistan, victime d’inondations catastrophiques au milieu de 2010. Dans l'ensemble, ils devraient enregistrer une croissance de 5 % en 2010, contre 4,6 % en 2009.

Étant donné le raffermissement de la croissance, les gouvernements des pays de la région s'emploient de nouveau à consolider leurs finances publiques, note le rapport. La dette publique de la plupart des pays importateurs de pétrole de la région MOANAP est plus élevée que la moyenne des pays émergents, mais l'amélioration des positions budgétaires à la veille de la crise mondiale a permis de prendre des mesures de relance budgétaire qui ont limité les répercussions de la crise en 2008-09. Avec la reprise du rééquilibrage budgétaire, les déficits publics devraient diminuer dans la plupart des pays en 2011, selon le rapport.

Néanmoins, il est recommandé que les pays de la région qui disposent d'une marge de manœuvre budgétaire maintiennent une politique budgétaire expansionniste jusqu'à la fin de 2011. D'autres pays, tels que l'Iran, le Soudan et le Yémen, qui ont peu de marge de manœuvre budgétaire, commencent à retirer à juste titre l'impulsion budgétaire et à réduire leur déficit.

Le rapport recommande que les dirigeants des pays importateurs de pétrole de la région MOANAP se donnent les priorités suivantes :

Accélérer la croissance pour créer des emplois. Au cours des 20 dernières années, la croissance par habitant dans les pays importateurs de pétrole a été largement inférieure à celle des autres pays émergents, du fait des mauvais résultats du commerce extérieur (graphique 2). Alors que le chômage est déjà élevé (11 % en moyenne en 2008), les pays importateurs de pétrole devront accélérer la croissance afin de fournir des emplois à une population en âge de travailler qui augmente plus rapidement que dans presque toutes les autres régions. Pour absorber les demandeurs d'emploi actuels et les nouveaux entrants sur le marché du travail au cours des dix prochaines années (et en supposant que le ratio emplois créés/croissance économique reste constant), la croissance annuelle devrait atteindre 6½ %.

Une croissance qui crée des emplois dans les pays importateurs de pétrole

Rehausser la compétitivité. Les pays importateurs de pétrole de la région MOANAP, dont un grand nombre est confronté à un système réglementaire contraignant, à des institutions déficientes et à un secteur public prédominant, ont beaucoup à faire pour devenir compétitifs par rapport à d'autres pays plus dynamiques. Des politiques macroéconomiques saines, en particulier un rééquilibrage du budget, contribueront à soutenir la compétitivité, mais les gouvernements devront aussi redoubler d'efforts pour améliorer le climat des affaires.

Stimuler les échanges. Les échanges commerciaux de la région restent orientés principalement vers l'Europe et la gamme des produits change relativement peu. Bien que les relations commerciales se soient diversifiées dans une certaine mesure, la région a bénéficié relativement peu de l'expansion des pays dynamiques asiatiques et latino-américains, qui contribuent pour près de moitié à la croissance du PIB mondial, mais ne représentent qu'environ 9 % du total des exportations de la région.

«Pour la région MOANAP, il sera essentiel de rehausser la compétitivité afin d'accélérer la croissance, de créer plus d'emplois et de profiter pleinement de la mondialisation. À cet effet, il faudra améliorer la qualité de l'éducation, mettre en place un climat des affaires plus favorable, ainsi qu'approfondir et diversifier les courants d'échanges», a conclu M. Ahmed.

Principaux indicateurs économiques
Moyen-Orient, Afrique du Nord, Afghanistan et Pakistan (MOANAP)
 
  Moyenne         Proj. Proj.            
  2000–05 2006 2007 2008 2009 2010 2011            
 
Croissance du PIB réel

(Variation annuelle; pourcentage)

           
                           

MOANAP

5,1 5,8 6,0 4,6 2,3 4,2 4,8            
                           

Pays exportateurs de pétrole

5,5 5,5 6,0 4,5 1,1 3,8 5,0            
                           

Dont :

                         
                           

CCG

5,3 5,6 5,4 7,0 0,4 4,5 5,9            
                           

Pays importateurs de pétrole

4,4 6,3 6,0 4,9 4,6 5,0 4,4            
 
Solde budgétaire des administrations publiques

(Pourcentage du PIB)

                         
                           

MOANAP

2,0 6,8 5,1 6,4 -3,3 -1,9 0,1            
                           

Pays exportateurs de pétrole

5,5 12,9 10,3 12,8 -2,1 0,5 2,9            
                           

Dont :

                         
                           

CCG

8,9 22,4 17,4 25,4 0,3 4,0 6,9            
                           

Pays importateurs de pétrole

-4,7 -5,1 -4,9 -5,7 -5,4 -6,3 -5,1            
 
Solde des transactions extérieures courantes

(Pourcentage du PIB)

                         
                           

MOANAP

8,2 16,8 13,6 13,6 2,0 3,9 4,6            
                           

Pays exportateurs de pétrole

11,8 22,9 18,9 19,5 4,6 6,7 7,8            
                           

Dont :

                         
                           

CCG

14,7 27,4 21,6 23,9 8,7 10,2 11,2            
                           

Pays importateurs de pétrole

-0,4 -1,6 -2,4 -4,7 -4,4 -3,5 -3,6            
 

Sources : autorités nationales, et estimations et projections des services du FMI.

   


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