Déclaration de la mission du FMI au Gabon

Communiqué de presse n° 10/449
Le 19 novembre 2010

Une mission du Fonds monétaire international (FMI) dirigée par M. Bernardin Akitoby a séjourné à Libreville du 12 au 21 novembre 2010 en vue de mener les consultations au titre de l’Article IV1 pour 2010.

La mission a eu des entretiens constructifs avec M. Magloire Ngambia, Ministre de l’Economie, du Commerce, de l’Industrie et du Tourisme, M. Blaise Louembe, Ministre du Budget, des Comptes Publics, de la Fonction Publique, chargé de la Réforme de l’Etat et avec d'autres hauts fonctionnaires. Elle a aussi rencontré quelques bailleurs de fonds ainsi que des représentants du secteur privé et de la société civile.

M. Akitoby a fait, ce jour 19 novembre 2010, la déclaration suivante :

«La baisse des cours et la diminution de la demande de pétrole, de manganèse et des produits forestiers ont fortement réduit les excédents budgétaire et du compte courant en 2009 et induit une croissance modérément négative. Il est prévu que le PIB réel s’accroisse d'environ 5,7% en 2010, sous l’effet de l'augmentation de l'investissement public et du rebond des activités minières. Selon les projections, le taux d'inflation annuel moyen devrait rester modéré. Le déficit primaire hors pétrole va se creuser nettement sous l'effet de la hausse des investissements publics et de la baisse des recettes non pétrolières.

«Les prévisions laissent entrevoir une croissance du PIB réel de 5.6% en 2011, soutenue par l’exploitation minière, les activités de transformation du bois et les investissements publics. L'inflation devrait monter à 2,3% en raison de la poursuite de l'expansion budgétaire. Le principal risque pesant sur les perspectives économiques du pays est celui d'une baisse des cours du pétrole et du manganèse, car ces produits représentent environ 90% des exportations de biens et 45% du PIB nominal.

«L’objectif des autorités est de faire du Gabon un pays émergent par la diversification de l'économie de manière à la rendre moins tributaire du pétrole et par la promotion d'un climat favorable aux affaires. Dans ces conditions, les consultations au titre de l'Article IV ont porté sur les impératifs suivants : i) assurer la viabilité des finances publiques et des comptes extérieurs en tenant compte de la diminution des réserves de pétrole à long terme; ii) accélérer la croissance économique pour préparer l'après-pétrole; et iii) réformer le secteur financier.

«La mission a souligné que le rééquilibrage des finances publiques était nécessaire pour assurer la stabilité économique. À cette fin, les autorités devraient élaborer des budgets annuels tenant compte des politiques à plus long terme ainsi que des objectifs de viabilité budgétaire. Le budget d'investissement ambitieux devrait s’inscrire dans une stratégie budgétaire à moyen terme crédible afin de préserver la stabilité macroéconomique. La mission a encouragé les autorités à poursuivre les efforts qu'elles déploient pour améliorer l'évaluation, la sélection et le suivi des projets d'investissement ainsi que la budgétisation de leurs coûts d’exploitation et d’entretien. La réforme en cours de la gestion des finances publiques contribuera à améliorer la qualité des dépenses et dégagera des ressources pour les dépenses sociales et pour stimuler la croissance.

«La mission appuie la décision des autorités de concentrer leurs efforts sur l'amélioration du climat des affaires et de la gouvernance. La mission recommande que les autorités se fixent comme priorités : i) de simplifier les procédures administratives; ii) d’accroître la flexibilité du marché du travail en réformant la législation du travail; et iii) de réformer le secteur financier en se fondant sur les conclusions du Programme d'étude du secteur financier de la CEMAC.

«La mission a confirmé que le FMI continuera de soutenir le Gabon à faire face à ces défis. Le Conseil d'administration du FMI devrait examiner le rapport sur les consultations de 2010 au titre de l'Article IV à la fin du mois de janvier 2011. La Mission tient à remercier les autorités pour la chaleureuse hospitalité dont elle a bénéficié ainsi que pour leur coopération très étroite et constructive.»


1 Conformément aux dispositions de l'article IV de ses Statuts, le FMI procède, habituellement chaque année, à des consultations bilatérales avec ses membres. Une mission des services du FMI se rend dans le pays, recueille des données économiques et financières, et s'entretient avec les autorités nationales sur l’évolution et les politiques économiques du pays. De retour au siège, les membres de la mission rédigent un rapport qui sert de base de discussion lors des délibérations du Conseil d'administration. À l'issue de ces délibérations, le Directeur général, en qualité de Président du Conseil d'administration, résume les opinions des administrateurs, et ce résumé est par la suite communiqué aux autorités du pays.



DÉPARTEMENT DE LA COMMUNICATION DU FMI

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