Les services du FMI s’entendent avec l’Irlande sur un accord de 22,5 milliards d’euros au titre du Mécanisme élargi de crédit

Communiqué de presse n° 10/462
Le 28 novembre 2010

M. Dominique Strauss-Kahn, Directeur général du Fonds monétaire international (FMI), a aujourd’hui rendu publique la déclaration suivante sur l’Irlande :

« Les autorités irlandaises ont proposé aujourd’hui un ensemble de politiques claires et réalistes afin de rétablir la santé du système bancaire et de remettre d’aplomb les finances publiques. Les mesures immédiates destinées à corriger les vulnérabilités des établissements bancaires et le travail énergique et continu d’ajustement budgétaire s’inscrivent dans un dispositif pluriannuel de promotion d’une croissance soutenue et de création d’emplois.

Ces dernières années l’Irlande a mené avec détermination des politiques vigoureuses dans une conjoncture très difficile, aussi suis-je convaincu de sa capacité à mettre en œuvre ce nouveau programme. S’appuyant sur un financement substantiel, ce programme peut étayer la confiance des marchés et remettre l’économie irlandaise sur les rails.

La stratégie en faveur du système financier repose sur deux piliers : une inversion du levier financier doublée d’une réorganisation et une ample capitalisation. Un travail fondamental de redimensionnement et de réorganisation sera engagé immédiatement pour rétablir la viabilité du système.

Ce processus aboutira à un système bancaire plus léger, plus robuste et mieux capitalisé, capable de répondre efficacement aux besoins de l’économie irlandaise. La transition vers cet objectif passera par une recapitalisation substantielle allant de pair avec des normes de fonds propres plus exigeantes et des évaluations d’actifs et des tests de résistance rigoureux afin de déterminer correctement la qualité des portefeuilles de crédits bancaires. En outre, des mesures structurelles — un régime spécial de résolution pour les institutions de dépôts et un renforcement plus poussé du système de supervision —seront mises en œuvre pour apporter une plus grande stabilité.

Sur le plan budgétaire, le programme prévoit un vaste Plan national de redressement portant sur une période de quatre ans. Outre qu’il constituera l’assise du budget de 2011, ce plan décrit les mesures d’assainissement à adopter d’ici la fin 2014. Le processus d’élaboration du budget sera réformé afin de préserver ces acquis et de conférer une plus grande viabilité aux finances publiques.

Le plan budgétaire présente un dosage approprié de mesures liées aux recettes et aux dépenses et préserve le dispositif de protection sociale auquel l’Irlande est attachée.

Pour rétablir une croissance forte et durable le programme prévoit une stratégie destinée à lever les éventuels obstacles structurels à une plus grande compétitivité et à la création d’emplois. Il précise par ailleurs des politiques sectorielles appropriées pour encourager les exportations et redresser la demande intérieure et, partant, sous-tendre la croissance et réduire le chômage de longue durée.

L’Irlande bénéficiera d’un dispositif de financement de 85 milliards d’euros (soit environ 113 milliards de dollars EU) pour l’aider à redresser son économie. Sur ce total, l’Union européenne et des bailleurs européens bilatéraux se sont engagés à fournir 45 milliards d’euros (soit quelque 60 milliards de dollars EU). Les autorités irlandaises ont décidé de mobiliser 17,5 milliards d’euros à partir de leurs réserves et autres actifs liquides. La contribution du FMI prendrait la forme d’un prêt triennal de 19,5 milliards de DTS (soit quelque 22,5 milliards d’euros ou 30 milliards de dollars EU), représentant 2.320 % de la quote-part, au titre du Mécanisme élargi de crédit (MEDC). Le FMI a engagé ses procédures accélérées pour examiner la demande de financement de l’Irlande, laquelle devrait être soumise à l’approbation du Conseil d’administration en décembre. »

Un accord au titre du MEDC offre à l’Irlande une période de remboursement plus longue, qui commence au bout de 4,5 ans et s’achève au terme de 10 ans. Le FMI facture aux pays membres un taux d’intérêt uniforme sur les crédits non concessionnels ; il s’agit d’un taux d’intérêt flottant basé sur le taux d’intérêt du DTS, lequel est actualisé à intervalle hebdomadaire. (Le taux d’intérêt du DTS est une moyenne pondérée des rendements des bons du Trésor à trois mois des États-Unis, du Royaume-Uni et du Japon ainsi que du taux Eurepo à trois mois.) Pour les montants allant jusqu'à 300 % de la quote-part, le taux actuellement pratiqué est de 1,38 %, tandis que pour les crédits dépassant ce seuil le taux comprend une commission additionnelle, initialement de 200 points de base, puis de 300 points de base au bout de 3 ans. Au taux d’intérêt du DTS actuel, le taux d’intérêt moyen applicable au niveau d’accès maximum prévu par l’accord (2.320 % de la quote-part) serait de 3,12 % durant les 3 premières années et d’un peu moins de 4 % après 3 ans.



DÉPARTEMENT DE LA COMMUNICATION DU FMI

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