Le Directeur général du FMI, Dominique Strauss-Kahn, présente sa conception d’un FMI rénové pour l’après-crise

Communiqué de presse n° 10/62
Le 26 février 2010

Lors d’une allocution à l’Assemblée annuelle du Comité de Bretton Woods à Washington, le Directeur général du FMI, Dominique Strauss-Kahn, a présenté les principaux éléments de ce qui, à ses yeux, doit constituer «un FMI pour le XXIème siècle».

Le Directeur général a expliqué que «cette conception est adaptée aux défis auxquels les 186 pays membres du FMI seront confrontés au lendemain de la crise, qu’elle permettra à l’institution de se réorganiser pour être plus efficace, mais qu’elle reste fermement ancrée dans la mission fondamentale assignée au FMI par ses fondateurs». Il a ajouté que ce «mandat rénové» devrait porter sur l’ensemble des politiques qui, sur le plan macroéconomique et au niveau du secteur financier, influent sur la stabilité mondiale dans le monde moderne et devrait renforcer le rôle du FMI en tant que «garant de la stabilité systémique».

M. Strauss-Kahn a présenté trois grandes priorités pour la modernisation du mandat du FMI :

Améliorer la prévention des crises. Le FMI pourrait améliorer sa surveillance des risques systémiques et financiers, a-t-il déclaré. «Nous avons émis l’idée d’une nouvelle procédure de surveillance multilatérale, a-t-il dit, pour évaluer d’une façon radicalement différente les effets systémiques des politiques nationales. Cette procédure compléterait la surveillance que le FMI exerce au niveau de chaque pays ainsi que les efforts déployés par le G-20, notamment le processus d’évaluation réciproque mis en place récemment. M. Strauss-Kahn estime aussi que le FMI a son rôle à jouer dans la recherche de solutions à un éventail plus large de problèmes internationaux qui nécessiteraient «une approche multilatérale plus vigoureuse pour parvenir à des solutions durables».

En ce qui concerne les risques financiers, M. Strauss-Kahn a insisté sur la nécessité de «mieux comprendre comment les risques se diffusent à travers tout le système». Cela supposerait de surveiller plus attentivement plusieurs dizaines de grands établissements financiers complexes qui constituent les «principales canalisations» de la finance internationale. S’agissant de la libéralisation du compte de capital, il a souligné la «position pragmatique du FMI, y compris sur la question du contrôle des capitaux».

Renforcer la riposte en cas de crise. M. Strauss-Kahn a souligné que, si une crise venait à frapper le système tout entier, le FMI serait amené à accorder des prêts dont la rapidité, la portée et l’ampleur devraient largement dépasser toutes les hypothèses antérieures. «Nous étudions actuellement diverses possibilités, dont celle de lignes de crédit à court terme pour plusieurs pays», a-t-il précisé. Le FMI réfléchit aussi aux moyens de rendre son produit d’assurance, la ligne de crédit modulable, plus attrayante, et aussi aux modalités d’une collaboration avec les structures de réserves régionales, compte tenu en particulier de l’exemple du rôle «positif et stabilisateur» joué par les prêts de l’UE accordés parallèlement aux programmes du FMI.

En ce qui concerne l'aide aux pays à faible revenu, M. Strauss-Kahn a mis en exergue les mesures importantes que le FMI a prises au cours de l'année écoulée, notamment la réforme de ses mécanismes de prêt et la simplification de sa conditionnalité. «Mais nous pourrions faire encore davantage», a-t-il déclaré. Il pourrait s'agir de rendre le FMI mieux à même de «fournir une assurance contre la volatilité mondiale ou d'autres chocs, y compris les effets du changement climatique». Il conviendrait aussi d'envisager des solutions novatrices de financement pour les pays fragiles ou ayant des problèmes de sécurité.

Renforcer le système monétaire international. M. Strauss-Kahn a souligné que, en dépit de problèmes épisodiques, le système monétaire international actuel avait «fait preuve de sa solidité pendant la crise», le dollar américain jouant le rôle d'actif-refuge. À terme, il s'agira de trouver les moyens de «limiter les tensions résultant de la demande élevée de réserves de précaution d'une part et l'offre réduite de réserves d'autre part». À cet égard, le FMI pourrait jouer un rôle en fournissant des liquidités.

Pour ce qui est de la question à plus long terme de savoir si un nouvel actif de réserve émis à l'échelle mondiale était nécessaire, le Directeur général a déclaré qu'«il est intellectuellement sain d'explorer ce genre d'idées aujourd'hui, dans la perspective des besoins futurs éventuels du système mondial».

M. Strauss-Kahn a souligné aussi qu'un mandat rénové du FMI manquerait de légitimité si l'institution ne pouvait répondre aux «griefs qui s’expriment de longue date» concernant sa gouvernance. Le Directeur général a noté avec satisfaction que le G-20 soutient fermement la réforme de la gouvernance du FMI, mais il a fait observer qu'«il n'est pas toujours facile de concrétiser ces engagements». Par exemple, la réforme de 2008 des quotes-parts et de la représentation au FMI n'est toujours pas entrée en vigueur. Elle a été approuvée par presque tous les gouverneurs du FMI en avril 2008, mais à ce jour seulement 64 des 186 pays membres — qui représentent environ 70 % du total des voix attribuées, alors que 85 % sont nécessaires — ont adopté la législation nécessaire pour que la réforme prenne effet. «Pour réformer durablement la gouvernance», a noté M. Strauss-Kahn, «le FMI a besoin du soutien actif de l'ensemble des pays membres».

Le Directeur général a évoqué aussi l'importance du multilatéralisme. «Si la crise actuelle nous a appris quoi que ce soit, c'est que le monde a besoin de plus encore de multilatéralisme aujourd'hui qu'au moment de la création des institutions de Bretton Woods en 1944». Prenant note de la collaboration internationale «sans précédent» pendant la crise, M. Strauss-Kahn a déclaré que le XXIe siècle exigera «plus, et non moins, de collaboration de ce type. Plus, et non moins, de multilatéralisme. Plus, et non moins, de FMI».

Pour plus d'informations sur la mission du FMI, voir les documents suivants (en anglais) :

The Fund’s Mandate—An Overview; IMF Policy Paper; 22 janvier 2010 http://www.imf.org/external/np/pp/eng/2010/012210a.pdf

The Fund’s Mandate—The Legal Framework; IMF Policy Paper; 22 février 2010 http://www.imf.org/external/np/pp/eng/2010/022210.pdf



DÉPARTEMENT DE LA COMMUNICATION DU FMI

Relations publiques    Relations avec les médias
Courriel : publicaffairs@imf.org Courriel : media@imf.org
Télécopie : 202-623-6220 Télécopie : 202-623-7100