Déclaration au terme d’une mission du FMI au Tchad

Communiqué de presse n° 10/94
Le 17 mars 2010

Une mission des services du Fonds monétaire international (FMI) dirigée par M. Christian Josz a séjourné en République du Tchad du 4 au 17 mars 2010 pour mener les consultations au titre de l’article IV de 2010 et discuter d’un programme de référence. La mission a eu des entretiens constructifs avec le Premier Ministre, M. Emmanuel Nadingar, le Ministre des Finances et du Budget, M. Gata Ngoulou, le Ministre des Infrastructures, M. Adoum Younousmi et d’autres hauts responsables. La mission a également rencontré des représentants du secteur privé, des syndicats, de la société civile et des bailleurs de fonds.

Au terme de la visite, M. Christian Josz, Chef de mission du FMI pour le Tchad, a rendu publique la déclaration suivante à N'djamena :

«L’activité économique est restée morose en 2009, mais l’inflation a continué de grimper suite à la hausse des prix des denrées alimentaires. La faiblesse des précipitations, et donc de la production agricole, ainsi que le repli tendanciel de la production de pétrole ont entraîné une contraction du PIB réel de quelque 2 %. En raison de la mauvaise récolte, environ 2 millions de personnes (18 % de la population) risquent de souffrir de pénuries alimentaires. Selon les estimations, entre 80 000 et 100 000 tonnes d’aliments devraient être nécessaires et les autorités ont demandé une aide extérieure en ce sens.

« La crise financière mondiale a touché le Tchad principalement par le repli des cours du pétrole. La situation budgétaire s’est fortement détériorée en 2009 (le déficit ayant atteint environ 20 % du PIB hors pétrole). L’État a en effet maintenu les dépenses à un niveau élevé malgré un effondrement des recettes pétrolières, en épuisant presqu’entièrement son épargne pétrolière et en empruntant auprès de la banque centrale. Faiblement exposées aux marchés financiers internationaux, les banques commerciales n’ont pas subi d’effets directs de la crise des pays avancés. Cependant, le climat des affaires, caractérisé par la cherté des coûts et un fonctionnement déficient de la justice, bride le développement du secteur financier et de l’économie non pétrolière en général.

« Les perspectives macroéconomiques s’appuient sur un rebond de l’agriculture, un redressement progressif des cours du pétrole et la construction d’un deuxième projet pétrolier dont l’envergure sera environ le tiers du champ pétrolier existant qui est en exploitation depuis 2003. Ces avancées devraient étayer la croissance du PIB hors pétrole et contribuer à un repli de l’inflation.

« Les autorités vont devoir faire face à une situation budgétaire délicate en 2010. Le surcroît de dépenses de sécurité et d’investissement en 2009 a absorbé une part importante des ressources qui avaient été identifiées pour financer le budget de 2010. En outre, le gouvernement est confronté à des dépenses additionnelles liées aux pénuries alimentaires, à l’organisation des prochaines élections , à la régularisation d’arriérés et à d’autres obligations. Dans ces circonstances, les autorités devraient préparer une loi de finances rectificative afin d’actualiser les prévisions de recettes et de dépenses. Si les ressources se révélaient insuffisantes en 2010, il faudrait reporter les dépenses moins prioritaires.

« A l’avenir, il importe d’inscrire la politique budgétaire dans un cadre à moyen terme qui tienne compte du repli tendanciel des ressources pétrolières au cours des vingt prochaines années. Le niveau de dépenses en 2008-09 n’était pas soutenable; l’épargne publique a accusé un repli très important. Nonobstant la mise en valeur de nouveaux gisements éventuels, la tendance de la production pétrolière est vraisemblablement à la baisse. La mission recommande une réduction régulière du déficit primaire hors pétrole, d’environ 2 % du PIB hors pétrole par an, et une concentration des dépenses sur les postes de haute priorité.

« Il est essentiel d’améliorer la gestion des finances publiques pour que l’exploitation des ressources pétrolières se traduise par une croissance plus forte des autres secteurs et par une diminution de la pauvreté. La mission a souligné qu’il fallait donner suite aux succès engrangés en matière d’administration fiscale; préserver la transparence des recettes pétrolières; aligner les dépenses sur la Stratégie de réduction de la pauvreté; et améliorer la planification des investissements publics et la passation des marchés. Il est en outre vital de mobiliser suffisamment de ressources pour faire en sorte que les écoles et centres de santé nouvellement construits deviennent opérationnels. Enfin, il est essentiel de maîtriser le recours aux dépenses avant ordonnancement qui échappent au contrôle budgétaire, compromettent la discipline budgétaire et entraînent une accumulation d’arriérés.

« La mission et les autorités ont examiné les éléments principaux d’un programme de référence pour 2010. La pierre angulaire de ce programme serait le respect du niveau des dépenses approuvé dans la loi de finances rectificative pour 2010 et leur exécution conformément aux procédures budgétaires normales. Les échanges sur le programme de référence se poursuivront durant les semaines à venir.

« La mission souhaite remercier les autorités de leur excellente coopération et du caractère franc et constructif des entretiens».



DÉPARTEMENT DE LA COMMUNICATION DU FMI

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