Mission du FMI au Sénégal

Communiqué de presse No 11/120
Le 7 avril 2011

Une mission du Fonds monétaire international (FMI), dirigée par M. Norbert Funke, s’est rendue au Sénégal du 24 mars au 6 avril 2011 pour effectuer la première revue de l’accord triennal au titre de l’Instrument de soutien à la politique économique (ISP) approuvé en décembre 2010. Les membres de la mission ont rencontré les ministres responsables de l’économie et des finances, de la coopération internationale, de l’infrastructure et de l’énergie, ainsi que le Directeur national de la Banque Centrale des États de l’Afrique de l’Ouest, d’autres hauts responsables de l’État et les représentants du secteur privé et des partenaires de développement.

À la fin de la visite, la mission a fait la déclaration suivante :

«La reprise économique se poursuit, mais les goulets d’étranglement de l’offre du secteur énergétique ainsi que l’envolée des prix internationaux des produits alimentaires et pétroliers présentent des risques. La croissance économique est estimée avoir atteint 4,2 % en 2010, tirée principalement par les secteurs des télécommunications, de transport et le secteur financier. L’inflation en glissement annuel s’est accélérée au cours du second semestre 2010 et a atteint 3,7 % en février 2011, à cause de l’augmentation des prix alimentaires et énergétiques. Sur la base des évolutions récentes de l’activité économique et de l’ambitieux programme d’investissements publics dans le secteur des infrastructures, la croissance devrait se hisser à environ 4½ % en 2011 et l’inflation moyenne annuelle devrait s’établir à quelque 3,8 %. Cependant, dans un contexte préélectoral, il sera important d’éviter des changements de politiques économiques préjudiciables à l’atteinte des objectifs du programme. Les problèmes persistants de fourniture d’électricité, l’augmentation du prix du pétrole, une reprise mondiale moins vigoureuse présentent des risques négatifs aux perspectives économiques. En revanche, la croissance pourrait être appuyée par une reprise mondiale plus rapide, des progrès importants dans la résolution des problèmes d’électricité, un dénouement rapide de la crise en Côte d’Ivoire et la poursuite des réformes structurelles.

«Les performances dans la mise en œuvre du programme actuel appuyé par l’ISPE ont été mitigées. Le critère d’évaluation relatif au déficit budgétaire à fin décembre 2010 a été légèrement dépassé, en partie parce que les recettes liées aux produits pétroliers ont été inférieures aux projections. Au plan structurel, les réformes dans le secteur de l’énergie, l’administration fiscale et douanière, et la gestion de la dette progressent conformément aux engagements du programme, bien qu’elles soient plus lentes que prévu dans certains domaines.

«Depuis le début du programme, de nouveaux besoins en financement sont apparus, en particulier dans le secteur énergétique. Les autorités, assistées par un cabinet de consultance internationale réputé et des partenaires au développement, ont préparé un plan de restructuration pour le secteur de l’énergie qui comprend des mesures d’urgence à court terme et des investissements à moyen terme (Plan Takkal). Pour financer en partie le plan énergétique d’urgence, les autorités ont adopté des nouvelles mesures fiscales et réaffecté des ressources budgétaires moins prioritaires.

«La mission estime que pour accommoder les dépenses additionnelles liées au secteur énergétique, il serait possible d’envisager un déficit budgétaire en 2011 légèrement supérieur à l’objectif initialement programmé. Cependant, pour préserver les gains de stabilité macroéconomique et limiter les risques de surendettement, il convient d’adopter une politique d’endettement prudente, en particulier s’agissant de l’accès aux emprunts extérieurs non concessionnels pour financer les investissements dans l’infrastructure.

«La mission a souligné l’importance de maintenir la transparence budgétaire et d’améliorer la qualité des dépenses. Les réaffectations de dépenses très tôt dans l’année suggèrent quelques faiblesses dans les finances publiques . Dans ce contexte, il est impératif que toutes les recettes, les dépenses et le financement liés au secteur de l’énergie soient rapportés et suivis de manière transparente. Ces opérations devront être pleinement prises en compte dans le calcul du critère d’évaluation du programme relatif au déficit budgétaire global. L’exécution des projets d’investissement devraient reposer sur des plans réalistes. Les importants besoins en investissements dans le secteur énergétique exigeront des choix budgétaires difficiles ainsi que le report de dépenses moins prioritaires.

«Dans le contexte de l’augmentation des prix des produits alimentaires et pétroliers, la mission a eu des discussions avec les autorités sur les politiques économiques à mettre en œuvre et a insisté sur l’importance de mesures bien ciblées. La mission a attiré l’attention des autorités sur le fait que les subventions généralisées de prix ou les réductions temporaires de droits de douane ou d’impôts ne sont en général pas très bien ciblées. La marge de manœuvre budgétaire étant limitée, toute mesure ayant un impact sur le budget devra être compensée par une réduction des dépenses moins prioritaires pour assurer la réalisation de l’objectif de déficit budgétaire global de 2011.

«Pour ce qui est des autres réformes structurelles, les préparatifs pour la réforme de la politique fiscale et de l’amélioration de la gestion de la dette, y compris la création d’une cellule de gestion de la dette, sont en cours. S’agissant de la politique fiscale, la mission a exhorté les autorités à intégrer toutes les mesures pertinentes dans un ensemble exhaustif de réformes et à s’abstenir de toute approche fragmentaire.

«Les discussions se poursuivront en marge des Réunions de printemps à Washington, DC. L’examen de la présente revue de l’ISPE par le Conseil d’administration du FMI devrait avoir lieu en juin 2011.»



DÉPARTEMENT DE LA COMMUNICATION DU FMI

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