Déclaration de la Mission du FMI au terme d’une visite en Mauritanie

Communiqué de presse n° 11/159
Le 5 Mai 2011

Une mission du Fonds Monétaire International dirigée par M. Amine Mati a séjourné à Nouakchott du 20 avril au 04 mai 2011 pour évaluer la situation économique et discuter avec les autorités les progrès accomplis dans la mise en œuvre des politiques et des réformes économiques dans le cadre de la deuxième revue de l’accord triennal 2010-2012 soutenu par la Facilite élargie de crédit (FEC).1 Durant son séjour, la mission a rencontré son excellence M. le Président de la République, plusieurs membres du gouvernement, de nombreux hauts responsables économiques et financiers ainsi que des parlementaires, des représentants de la communauté diplomatique, bancaire, du monde des affaires, des bailleurs de Fonds, des syndicats et de la société civile. A la fin de son séjour, la mission a publié la déclaration suivante:

« Les résultats macroéconomiques enregistrés en 2010 ont été dans l’ensemble satisfaisants. Le taux de croissance du produit intérieur brut (PIB) réel s’est chiffré à 5,2% grâce à l’affermissement de la demande extérieure et à la reprise de l’activité dans les secteurs non extractifs. Le taux d’inflation a été contenu à 6,1% en glissement annuel, malgré la hausse des cours des matières premières. En outre, la bonne tenue des exportations du secteur minier (fer, or, et cuivre) a contribué à l’amélioration du solde courant de la balance des paiements et à consolider le stock des réserves de change qui a atteint 287 millions de dollars E.U, soit l’équivalent de 2,1 mois d’importations. Cependant, le chômage reste élevé et l’économie fait face depuis quelques mois au défi que pose l’envolée des cours internationaux des denrées de première nécessité (blé, riz) et des produits pétroliers »

« A court terme, les dépenses additionnelles engagées par le gouvernement dans le cadre du programme de solidarité 2011 peuvent être justifiées dans le contexte actuel pour atténuer l’impact de la hausse des prix des produits alimentaires et énergétiques sur les couches pauvres et vulnérables. Toutefois, ces dépenses qui sont en majorité des subventions généralisées et financées en grande partie par des recettes minières additionnelles ne sont pas soutenables à long terme, vu la vulnérabilité de l’économie Mauritanienne aux chocs exogènes. A cet égard, les entretiens de la mission ont porté sur le remplacement progressif des subventions par un système de protection sociale bien ciblée et mis en place en collaboration avec les autres partenaires au développement »

« La mission a félicité les autorités pour la finalisation du troisième plan d’action du cadre stratégique de lutte contre la pauvreté (CSLP) couvrant la période 2011-2015. La mission se réjouit de la concordance de vue avec les autorités sur la poursuite des efforts de consolidation budgétaire et d’approfondissement des réformes structurelles dans les domaines des finances publiques, des entreprises publiques, du secteur financier et de la fonction publique. La mission et les autorités estiment également que le renforcement des politiques sociales et l’assainissement du climat des affaires sont autant de facteurs favorables à la promotion du développement et à l’amélioration du bien être des populations mauritaniennes »

« A l’issue des discussions, les autorités et la mission se sont accordées sur les objectifs à atteindre en 2011 au titre de la FEC et qui restent en ligne avec le programme adopté pour la période 2010-2012. Ces objectifs consistent à atteindre un taux de croissance de 5,3% du PIB réel hors pétrole, de contenir l’inflation à 7,5%, d’accroitre les réserves de change à 2,7 mois d’importations et de consolider l’amélioration du solde budgétaire et du compte courant extérieur »

« La mission a engagé les autorités à maintenir une mise en œuvre satisfaisante du programme qui vise à réaliser une croissance inclusive soutenue, créatrice d’emplois, et permettant l’amélioration des conditions de vie des populations mauritaniennes. Les services du FMI recommanderont à la direction de soumettre à l’examen du Conseil d’administration l’achèvement de la deuxième revue de l’accord FEC, prévu pour juin 2011»

La mission saisit cette occasion pour remercier les autorités pour leur accueil et leur disponibilité ainsi que pour les bonnes conditions dans lesquelles les travaux se sont déroulés.




1 La Facilité élargie de crédit (FEC), qui a remplacé la Facilité pour la réduction de la pauvreté et pour la croissance (FRPC) comme principal outil dont dispose le FMI pour apporter un soutien financier à moyen terme aux pays à faible revenu, est caractérisée par des niveaux d'accès plus élevés aux financements, des modalités de concours plus concessionnelles, une plus grande souplesse dans la conception des programmes, et une conditionnalité à la fois plus simple et mieux ciblée. Le taux d’intérêt des financements accordés au titre de la FEC est de 0 %, avec un différé d’amortissement de cinq ans et demi et une échéance finale de dix ans. Le FMI revoit tous les deux ans les taux d’intérêt de toutes les facilités concessionnelles.



DÉPARTEMENT DE LA COMMUNICATION DU FMI

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