Déclaration de la Mission du FMI dans le Cadre des Consultations au titre de l’Article IV pour 2011 avec l’Algérie

Communiqué de presse n° 11/381
Le 26 octobre 2011

Une mission du Fonds monétaire international (FMI), dirigée par Monsieur Joël Toujas-Bernaté, a séjourné à Alger du 13 au 25 octobre 2011 pour conduire les discussions dans le cadre des consultations annuelles au titre de l’Article IV des statuts du FMI.

Cette consultation sera conclue par la préparation d’un rapport des services de FMI qui sera discuté par le Conseil d’Administration du FMI début 2012.

Les discussions ont porté sur les politiques et perspectives économiques à court et moyen terme, dans le contexte actuel de grande incertitude sur la conjoncture mondiale. La mission a bénéficié de discussions avec Son Excellence Monsieur le Ministre des Finances, M. Karim Djoudi, Son Excellence Monsieur le Ministre du Travail, M. Tayeb Louh, Son Excellence le Ministre de l'Industrie, de la petite et moyenne entreprise, et de la promotion de l'investissement, M. Mohamed Benmeradi, et Son Excellence Monsieur le Gouverneur de la Banque d’Algérie, M. Mohammed Laksaci. La mission a également rencontré des représentants des secteurs économiques et financiers ainsi que des représentants de la société civile.

Dans un contexte international incertain, l’Algérie continue d’enregistrer une bonne performance économique tirée en grande partie par les investissements publics. Les politiques macroéconomiques prudentes suivies par le passé ont permis à l’Algérie de constituer une position financière confortable avec des niveaux d’endettement très faibles. Le taux de chômage global a baissé mais demeure élevé pour certaines catégories de la population. Les performances macroéconomiques restent robustes en 2011:

  • la croissance hors hydrocarbures devrait atteindre environ 5%, grâce une bonne performance des secteurs tirés par le programme d’investissements publics (PIP) et à une bonne campagne agricole. Une nouvelle baisse de la production des hydrocarbures devrait cependant amener le taux de croissance du PIB global à environ 2,5% ;
  • l’inflation demeure modérée et devrait se situer aux alentours de 4% à la fin 2011, malgré des fluctuations des prix des aliments frais. L’inflation hors aliments frais demeure relativement modérée (4,3 %) grâce à une politique monétaire prudente, un soutien aux prix de certains produits alimentaires de base et le contenu élevé en importations des dépenses publiques et de la consommation privée;
  • la position extérieure s’est améliorée par rapport à 2010, avec des réserves internationales qui restent très confortables. Le solde courant s’est fortement amélioré en raison de la hausse des prix des hydrocarbures qui compense la hausse des importations;
  • la position budgétaire restera déficitaire en raison de l’augmentation des dépenses totales de 34%, et malgré l’augmentation des recettes d’hydrocarbures. Ainsi, le déficit budgétaire se creusera en 2011 pour atteindre 5% du PIB -contre un déficit de 2% du PIB en 2010.
  • le taux de chômage global est resté stable à 10%, mais reste beaucoup plus élevé pour les jeunes (21%) et les femmes (19%).

En 2012, le secteur hors hydrocarbures devrait enregistrer une performance comparable à celle de cette année avec une croissance d’environ 5%. La production du secteur des hydrocarbures pourrait se stabiliser, conduisant à une croissance globale d’environ 3%. La politique budgétaire restera expansionniste avec la poursuite de l’application des rémunérations plus élevées des fonctionnaires et des mesures de soutien d’ordre socio-économique lancées en 2011, tout en continuant les efforts pour l’amélioration des infrastructures publiques. Compte tenu de la croissance des dépenses courantes de ces dernières années, la protection de la viabilité à long terme des finances publiques va requérir une plus grande rationalisation des dépenses courantes et la poursuite d’une mobilisation dynamique des recettes hors hydrocarbures. A cet égard, il sera important de poursuivre les efforts pour améliorer la maitrise et le ciblage des dépenses, y compris les salaires et les transferts sociaux. La politique monétaire en 2012 devra rester orientée vers le contrôle de l’excès de liquidité et des pressions inflationnistes qui pourraient apparaitre après les hausses importantes des salaires dans le secteur public. Par ailleurs, la Banque d’Algérie continue à maintenir le taux de change effectif réel proche de son niveau d’équilibre.

Malgré les progrès réalisés ces dernières années en matière de stabilité macro-financière, le principal défi pour l’Algérie demeure d’atteindre une plus grande diversification économique avec un secteur privé dynamique et générateur d’emplois. Les perspectives à moyen terme restent favorables, à condition que des réformes ambitieuses soient poursuivies. Ces perspectives sont cependant soumises à certains risques. D’une part, la détérioration de l’environnement économique international pourrait entraîner une baisse prolongée du prix du pétrole qui dégraderait fortement les équilibres budgétaires. D’autre part, avec la maturation du programme des investissements publics, le secteur privé devra être en mesure de prendre le relais comme moteur de la croissance de l’activité hors hydrocarbures.

Afin de renforcer les perspectives de croissance et de l’emploi, l’Algérie devra poursuivre un programme de réformes structurelles ambitieux qui permette l’amélioration du climat des affaires et de la compétitivité des entreprises. A cet effet, la mission se félicite des consultations lancées en 2011 par le gouvernement pour définir un ensemble de mesures visant à améliorer l’environnement de l’entreprise. En parallèle, il faudra continuer à veiller sur l’efficacité du programme d’investissements publics nécessaires pour poursuivre l’amélioration des infrastructures. Pour sa part, le FMI continuera de soutenir les efforts du gouvernement et de la Banque d’Algérie pour renforcer la solidité et l’efficacité du secteur bancaire. La mission encourage enfin les autorités à poursuivre les efforts d’intégration de l’Algérie dans l’économie régionale et mondiale.



DÉPARTEMENT DE LA COMMUNICATION DU FMI

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