Une mission du FMI achève les consultations au titre de l’article IV avec le Canada et publie un rapport préliminaire

Communiqué de presse n°11/385
Le 31 octobre 2011

Une mission du Fonds monétaire international (FMI) a séjourné au Canada du 11 au 24 octobre pour mener à bien les consultations annuelles au titre de l’article IV. Au terme de la mission, M. Gian Maria Milesi-Ferretti, Chef de la Division Amérique du Nord du Département de l’Hémisphère occidental, a rendu publique la déclaration suivante à Toronto :

«Après un vif redressement au sortir de la crise, la croissance économique du Canada est devenue plus modérée. Grâce à la riposte décisive des autorités, à la résilience du secteur financier et au niveau élevé des prix des produits de base, la croissance économique a été bien supérieure à son potentiel en 2010. Le scénario de référence du FMI pour le moyen terme est dans l’ensemble favorable et table sur une croissance d’environ 2 % en moyenne pour 2011 et 2012. Les risques sont toutefois orientés à la baisse en raison d’une conjoncture extérieure difficile, de la faiblesse de la demande chez les partenaires commerciaux, de la vigueur du dollar canadien et du durcissement de la politique budgétaire.

«Dans ce contexte, la mission voit plusieurs actions prioritaires pour le Canada : gérer la transition vers une orientation neutre de la politique macroéconomique et poursuivre les réformes nécessaires pour traiter des préoccupations budgétaires à long terme; relever les défis liés à l’endettement élevé des ménages dans un contexte de fermeté des prix immobiliers et de perspectives économiques incertaines; et continuer d’appliquer le programme de réformes internes et internationales dans le domaine de la réglementation et de la supervision financières.

«Eu égard au scénario de référence, la mission juge approprié que la politique budgétaire s’oriente vers un rééquilibrage après l’application d’un programme de relance efficace. Globalement, la mission prévoit une baisse du déficit des administrations publiques de l’ordre de 1 % du PIB en 2012. S’agissant de la politique monétaire, une orientation accommodante reste appropriée pendant un certain temps en raison de la stabilité des anticipations inflationnistes, de l’existence de capacités inemployées, du freinage budgétaire à venir et des risques externes accrus.

«Compte tenu des incertitudes qui pèsent sur l’environnement économique mondial, la politique macroéconomique devrait réagir avec souplesse et rapidité à toute variation sensible des perspectives économiques. La mission estime qu’en cas d’essoufflement de la reprise, surtout si la demande extérieure fléchit, la première ligne de défense doit consister à laisser jouer pleinement les stabilisateurs budgétaires automatiques (tolérer que le déficit se creuse en raison d’une augmentation automatique de certains programmes, tels que l’assurance-chômage, ou d’une diminution des recettes imputable à un affaiblissement de l’activité économique) et à abaisser le taux d’intérêt directeur. Si la demande intérieure venait à s’affaiblir sensiblement, il y aurait une marge pour assouplir l’orientation budgétaire par rapport à ce qui est prévu et une relance temporaire pourrait devenir appropriée dans un scénario fortement baissier, tout en préservant les plans de rééquilibrage à moyen terme.

«Face aux risques macroéconomiques créés par le niveau élevé de l’endettement des ménages et des prix immobiliers, les autorités ont adopté à juste titre des mesures macroprudentielles pour freiner l’accumulation d’endettement immobilier. Ces mesures, conjuguées à l’incertitude croissante suscitée par les turbulences sur les marchés financiers mondiaux, ont ralenti la progression du crédit immobilier et elles pourraient freiner à l’avenir le rythme d’endettement des ménages et modérer les prix des logements. Cependant, si les prix et les niveaux d’endettement continuaient de progresser plus vite que le revenu disponible, d’autres mesures pourraient être nécessaires pour prévenir le risque d’ajustements ultérieurs plus perturbateurs susceptibles de porter atteinte à la consommation et à l’activité dans le secteur du bâtiment.

«Globalement, les banques canadiennes sont solides et font l’objet d’une bonne supervision. En outre, l’environnement institutionnel du Canada se prête à une riposte coordonnée des autorités, si le besoin s’en fait sentir, ainsi que celles-ci l’ont montré en réagissant de façon proactive pendant la crise. La mission appuie les efforts consentis par le Canada pour mener à bien le programme de réformes financières internationales et nationales, y compris à la faveur d’un plan d’action pour adopter les règles de Bâle III en matière de fonds propres et de liquidité avant les échéances convenues à l’échelle internationale. Il ne faut cependant pas perdre de vue les conséquences d’une période prolongée de faibles taux d’intérêt, qui pourrait encourager des emprunts et une prise de risques excessifs et peser sur la rentabilité des compagnies d’assurances et la solvabilité des caisses de retraite à prestations définies.

«La mission remercie les autorités canadiennes de leur hospitalité et des entretiens très ouverts qu’elle a pu avoir avec elles.»



DÉPARTEMENT DE LA COMMUNICATION DU FMI

Relations publiques    Relations avec les médias
Courriel : publicaffairs@imf.org Courriel : media@imf.org
Télécopie : 202-623-6220 Télécopie : 202-623-7100