Perspectives économiques de l’Afrique subsaharienne selon le FMI : «Une croissance soutenue dans un climat mondial d’incertitude»

Communiqué de presse n° 12/168
Le 14 mai 2012

Le Fonds monétaire international (FMI) a rendu publique aujourd'hui l'édition d’avril 2012 de son rapport sur les Perspectives économiques régionales consacré à l'Afrique subsaharienne. Mme Antoinette Monsio Sayeh, Directrice du Département Afrique du FMI, a commenté les principales conclusions du rapport.

«En dépit d’une conjoncture extérieure difficile, la production de l’Afrique subsaharienne a augmenté de 5 % l’an dernier. La plupart des pays ont participé à cette robuste expansion. Les pays qui font exception à cet égard sont l’Afrique du Sud, où l’activité a été freinée par la faiblesse de la demande émanant de l’Europe, et les pays d’Afrique de l’Ouest touchés par la sécheresse au Sahel et le conflit civil en Côte d’Ivoire. L’inflation des prix à la consommation s’est accentuée, surtout en Afrique de l’Est, en partie sous l’effet de la flambée des cours mondiaux de l’alimentation et de l’énergie.

«En 2012, la croissance de la production devrait rester vigoureuse en Afrique subsaharienne. La croissance modeste de l'économie mondiale devrait freiner l'expansion des exportations, mais des facteurs ponctuels, tels que l'exploitation de nouvelles ressources naturelles dans plusieurs pays, aideront à porter la croissance de la production à 5½ %. Les résultats varient toutefois d’un pays à l’autre : la production des pays à revenu intermédiaire évolue davantage en phase avec le ralentissement mondial de l’activité et certaines sous-régions pâtissent, au moins temporairement, des effets de la sécheresse. Les projections laissent entrevoir une atténuation de l'inflation, tout particulièrement dans les pays d'Afrique de l'Est qui ont resserré leur politique monétaire.

«Ces perspectives globalement favorables sont toutefois exposées à des risques baissiers indéniables en raison des incertitudes mondiales, notamment la menace d'une recrudescence des tensions financières dans la zone euro et la possibilité d'une flambée des cours du pétrole sous l'effet des incertitudes géopolitiques. Il va sans dire qu'un affaiblissement de l'économie mondiale freinerait la croissance en Afrique subsaharienne. Cela dit, compte tenu de la résilience dont font actuellement preuve les économies de la région face à la crise économique mondiale, il est permis de penser que la croissance pourrait se poursuivre à un rythme soutenu en cas de détérioration de la conjoncture extérieure.

«Il n'existe pas de remèdes économiques «universels», qui seraient applicables à tous les pays sans distinction. Dans les pays où la croissance de la production est aujourd'hui solide et où les déficits budgétaires se sont fortement creusés pendant la crise, les pouvoirs publics devraient saisir l'occasion pour reconstituer les marges de manœuvre budgétaires et contenir l'accumulation de dette. Le rééquilibrage des finances publiques serait toutefois prématuré dans les pays où la croissance est faible et où les liens avec l'Europe sont forts, à moins que la capacité d'emprunt ne soit érodée. Dans les pays qui s'emploient actuellement à réduire leurs taux d'inflation élevés, il conviendra de maintenir l'orientation restrictive de la politique monétaire jusqu'à ce que des progrès sensibles soient réalisés.

Mme Sayeh a aussi attiré l'attention sur les principaux messages de deux études de référence contenues dans le rapport sur les Perspectives économiques régionales, l'une consacrée aux systèmes bancaires d'Afrique subsaharienne, l'autre aux pays qui exportent des ressources naturelles : « 1) La plupart des systèmes bancaires d'Afrique subsaharienne ont fait preuve de résilience lors des épisodes récents de tensions financières internationales, mais la croissance rapide du crédit dans certains pays est source de préoccupation et l'expansion régulière des groupes bancaires panafricains observée dernièrement a peut-être été plus rapide, dans certains cas, que le développement des capacités de surveillance. 2) Les pays qui sont fortement tributaires des exportations de ressources naturelles non renouvelables se sont développés plus vite que les pays moins riches en ressources naturelles, mais ils ont aussi connu une bien plus grande volatilité des exportations, des recettes et de la croissance du PIB. La gestion macroéconomique de la volatilité des recettes tirées des ressources naturelles s'est améliorée au fil du temps, mais il est encore possible de renforcer les cadres macro-économiques et de lisser les dépenses publiques tout au long du cycle des cours des produits de base.»

Télécharger le texte complet de l'édition d'avril 2012 du rapport  Perspectives économiques régionales : Afrique subsaharienne.



DÉPARTEMENT DE LA COMMUNICATION DU FMI

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