Déclaration au terme d’une mission du FMI au Cameroun

Communiqué de presse n° 12/181
Le 17 mai 2012

Une mission du Fonds monétaire international (FMI), dirigée par M. Mario de Zamaróczy, a séjourné au Cameroun du 2 au 16 mai 2012 pour mener à bien les consultations de 2012 au titre de l’article IV. La mission a rencontré le Premier Ministre, M. Philémon Yang, le Ministre Secrétaire Général de la Présidence, M. Ferdinand Ngoh Ngoh, le Ministre des Finances, M. Alamine Ousmane Mey, le Ministre de l’Économie, de la Planification et de l’Aménagement du Territoire, M. Emmanuel Nganou Djoumessi, plusieurs autres ministres, le Directeur National de la Banque des États de l’Afrique Centrale (BEAC), d’autres hauts responsables et des représentants du secteur privé, du monde syndical, des organisations de la société civile et des partenaires au développement. Les entretiens ont porté sur l’évolution récente de la conjoncture économique et financière, l’exécution de la loi de finances de 2012 et les perspectives économiques pour 2012 et les années suivantes. Au terme de la mission, M. de Zamaróczy a publié la déclaration suivante :

«La reprise de l’économie camerounaise s’est poursuivie après la crise mondiale de 2008­09, avec un taux de croissance estimé à 4,2 % en 2011 et une inflation maîtrisée à moins de 3 %. Les perspectives économiques restent favorables et la croissance devrait atteindre 4,7 % en 2012, principalement grâce à un rebond de la production et des exportations pétrolières, à une augmentation des investissements publics dans les grands projets d’infrastructure et aux initiatives engagées pour améliorer la productivité dans l’agriculture. L’inflation devrait rester modérée en 2012, notamment en raison des efforts consentis pour accroître l’offre de denrées alimentaires et du maintien des subventions aux carburants, à l’électricité et à l’eau.

«En 2011 les recettes pétrolières ont été supérieures aux prévisions, les obligations de paiement échues ont été apurées et la gestion de la trésorerie a gagné en souplesse grâce à l’émission de titres. Les dépenses courantes ont toutefois dépassé les crédits budgétaires et de nouveaux reste-à-payer se sont accumulés. Des efforts ont été déployés pour renforcer l’administration fiscalo-douanière, améliorer la gestion des dépenses publiques et approfondir le dialogue avec le secteur privé par le biais du Cameroon Business Forum.

«Le budget de 2012 devrait profiter des recettes pétrolières exceptionnelles générées par le niveau actuellement élevé des cours internationaux. Cependant, son exécution pourrait être perturbée par le report des reste-à-payer et par un niveau de subventions aux carburants supérieur aux montants budgétisés. En outre, il est difficile de savoir si l’intégralité du montant de l’émission obligataire prévue pourra être absorbée par les marchés financiers national et régional. Les passifs conditionnels liés à la restructuration des banques en difficulté et les concours aux entreprises publiques déficitaires pourraient également peser sur le budget. Pour éviter que l’exécution du budget n’entraîne une accumulation de nouveaux arriérés intérieurs, la mission recommande de renforcer la gestion de la trésorerie et de redéfinir l’ordre de priorité des dépenses, en tenant compte des financements qui peuvent être mobilisés selon des hypothèses réalistes.

«Pour préserver la viabilité des finances publiques et de l’endettement à moyen terme, il importe de réévaluer la politique en matière de subvention aux carburants. L’élimination progressive de ces subventions pourrait s’accompagner du déploiement d’un dispositif de protection sociale ciblé en faveur des couches les plus vulnérables de la population. Les autorités devraient améliorer les contrôles des engagements de dépenses pour éviter l’accumulation de nouveaux arriérés de paiement intérieurs et chercher à obtenir des ressources concessionnelles pour financer les investissements publics dans la mesure du possible. Il est nécessaire de commencer à reconstituer les réserves budgétaires. La mission a soutenu la décision des autorités de procéder à une évaluation exhaustive des passifs conditionnels et de renforcer le suivi de la performance des entreprises publiques.

«La mission engage les autorités à mener rapidement à terme le processus de traitement des banques en difficulté pour préserver la stabilité financière et réduire dans toute la mesure du possible les coûts pour les finances publiques. Elle souligne qu’il importe de mobiliser les autorités de la Communauté Économique et Monétaire de l’Afrique Centrale (CEMAC) pour renforcer les ressources de la commission régionale de supervision et de définir des règles et des mécanismes décisionnels pour approfondir le traitement des établissements bancaires en difficulté. La mission encourage par ailleurs les autorités à accélérer la mise en œuvre des réformes pour lever les obstacles à l’accès au crédit bancaire.

«La mission a convenu avec les autorités que pour libérer le potentiel de croissance du Cameroun il est vital de réduire les obstacles à une croissance plus forte et solidaire en continuant de corriger les contraintes en matière d’infrastructure, en augmentant la qualité et l’efficience des dépenses publiques et en améliorant la gouvernance et le climat des affaires. Il importe en outre d’accélérer l’intégration régionale. La mission est encouragée par la détermination des autorités à prendre les mesures nécessaires pour atteindre ces objectifs.

«Le Conseil d’administration du FMI devrait en principe examiner le rapport sur les consultations de 2012 au titre de l’article IV avec le Cameroun en juillet 2012. La mission tient à remercier les autorités pour leur chaleureuse hospitalité, leur excellente coopération et l’esprit constructif qui a animé le dialogue.»



DÉPARTEMENT DE LA COMMUNICATION DU FMI

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