Le Conseil d'administration du FMI approuve un nouvel accord de 63,2 millions de dollars EU en faveur de la République Centrafricaine au titre de la facilité élargie de crédit et un décaissement de 10,5 millions de dollars EU

Communiqué de presse n° 12/237
Le 25 juin 2012

Le Conseil d'administration du Fonds monétaire international (FMI) a approuvé aujourd'hui un accord triennal en faveur de la République Centrafricaine au titre de la facilité élargie de crédit (FEC) pour un montant total équivalant à 41 775 millions de DTS (environ 63,2 millions de dollars EU) à l'appui du programme économique à moyen terme des autorités. Cette décision du Conseil d'administration permettra de décaisser immédiatement un montant équivalant à 6.963 millions de DTS (environ 10,5 millions de dollars EU).

Le programme des autorités a pour objectif de consolider la stabilité macroéconomique en rétablissant la discipline budgétaire, en créant un espace budgétaire pour accroître les dépenses consacrées aux programmes sociaux essentiels et aux infrastructures de base, en renforçant les capacités et les institutions, ainsi qu'en accélérant les réformes structurelles de manière à éliminer les obstacles à la croissance. L'appui accordé par le FMI à ce programme tient compte de la fragilité du pays et vise à catalyser des financements des donateurs et à renforcer la coordination, tout en contribuant au redressement et aux efforts de réforme des autorités.

À l'issue des délibérations du Conseil d'administration sur la République Centrafricaine, M. Naoyuki, Directeur général adjoint et Président du Conseil par intérim, a publié la déclaration suivante :

« Il convient de féliciter les autorités de la République Centrafricaine de préserver la stabilité macroéconomique dans une conjoncture extérieure très difficile, ainsi que d'être déterminées à rééquilibrer leur budget pour assainir leurs finances publiques. En tant que pays fragile sortant d'un conflit, la République Centrafricaine fait face à d'énormes obstacles qui exigent l'exécution résolue de réformes structurelles pour créer un espace budgétaire, renforcer les capacités administratives et institutionnelles, et améliorer le climat des affaires afin d'encourager le secteur privé à participer davantage à l'économie.

« Le programme économique des autorités correspond étroitement aux priorités de la deuxième stratégie de réduction de la pauvreté. Cette stratégie vise à consolider la sécurité et la paix, à donner une impulsion à la croissance économique et à l'intégration régionale, et à promouvoir la mise en valeur du capital humain et les services sociaux essentiels. Il est essentiel qu'elle soit bien exécutée pour aider la République Centrafricaine à se rapprocher des objectifs du Millénaire pour le développement.

« L'analyse de viabilité de la dette indique que le risque de surendettement du pays est modéré. Les autorités doivent donc rester déterminées à mener une politique prudente sur le plan des finances publiques et de l'endettement, en contractant de nouveaux emprunts extérieurs à des conditions très avantageuses, afin de préserver la viabilité de la dette.

« Il est crucial d'obtenir un surcroît d'aide concertée de la part du FMI et des autres partenaires au développement pour soutenir la reprise économique et accroître les chances de connaître une croissance soutenue et de faire reculer durablement la pauvreté. »

Informations générales

En 2011, la croissance a été plus forte que prévu et l'inflation s'est accélérée. La croissance du PIB réel a été révisée à la hausse, à 3,3 %, pour 2011, du fait de la vigueur de l'activité agricole et minière. Alors qu'elle était en baisse après avoir culminé en 2008, l'inflation s'est accélérée à partir de novembre 2011, à cause de surfacturations et de perturbations de l'offre. En conséquence, l'inflation globale a atteint 7,8 % en mars 2012, mais, comme les pressions sur les prix devraient fléchir plus tard dans l'année, l'inflation annuelle serait limitée à 6,8 % pour l'ensemble de l'année.

Les objectifs du programme correspondent aux priorités stratégiques du deuxième document de stratégie pour la réduction de la pauvreté (DSRP II). En outre, la République Centrafricaine, de même que six autres pays, fait partie d'un programme pilote («New Deal») des donateurs dans les pays fragiles, et une stratégie intégrée devrait être établie à Bangui en septembre 2012. Les principaux éléments du programme FEC constitueront une part essentielle de cette stratégie intégrée. Une réunion du groupe consultatif devrait se tenir avant la fin de 2012 pour mobiliser des financements du DSRP II. Du fait de la hausse attendue des financements, le cadre macroéconomique sera révisé et les autorités s'efforceront, en collaboration avec les donateurs, de définir des mesures à effet rapide qui renforcerait le soutien à leur programme de réforme.

La croissance du PIB réel devrait s'accélérer pour avoisiner 6 % en 2014, grâce à la vigueur persistante de la production agricole, à un redressement de l'investissement privé dans le secteur minier, porté par les entrées d'investissements directs étrangers, et à un rebond de la demande extérieure. À compter de 2013, l'inflation devrait retrouver un niveau compatible avec le taux de convergence de 3 % de la CEMAC. L'exploitation des ressources naturelles à moyen terme devrait soutenir la croissance et les recettes budgétaires. Parmi les projets en cours figurent des mines d'or et la prospection pétrolière.

Le programme budgétaire vise à dégager un excédent primaire intérieur modeste et à faire diminuer la dette publique : l'État accélère le règlement des arriérés de paiements intérieurs et recourt principalement à des financements sous la forme de dons. Le déficit des transactions extérieures courantes devrait diminuer progressivement à moyen terme. Cela suppose une amélioration progressive des termes de l'échange ainsi qu'un redressement de l'investissement direct étranger et des transferts officiels, tandis que les donateurs reprennent le décaissement de l'aide extérieure. Cependant, si les réserves se redressent modérément, elles resteront faibles, la couverture des importations n'atteignant que trois mois en 2014.

Les perspectives de croissance à moyen terme sont favorables, mais il subsiste des risques considérables liés à une détérioration de la situation sécuritaire et politique, ainsi qu'à un affaiblissement de la conjoncture extérieure, en particulier dans la zone euro, qui est le principal marché à l'exportation de la République Centrafricaine.



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